C'est du Belge

CONART, ou quand un cornet de frites se mue en œuvre d’art

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CONART, c’est l’abréviation de CONE et de ART. Autrement dit, l’utilisation de notre emblématique cornet de frites comme support pour la création d’une œuvre d’art. Une idée géniale qui s’expose à Bruxelles jusqu’au 3 octobre.

Le concept

A sa demande, chaque créateur se voit remettre trois cornets. A lui de le transformer en œuvre d’art. Une fois terminées, ces œuvres sont exposées sur le site de Conart et lors d’expositions. Elles sont vendues à un prix unique, soit 99€ pour une œuvre d’art originale. Une somme démocratique qui retourne directement dans la poche de l’artiste. L’objectif est d’encourager la création et donner une visibilité aux artistes au travers de ce petit bout de carton fédérateur et symbolique de la Belgique qu’est le cornet de frites.

 " L’idée c’est de donner ce support à tout créateur ", explique le sculpteur Pascal Mitevoy à l’origine du projet, " de rendre l’art accessible à chacun. Et on a la chance en Belgique d’avoir beaucoup de talents, même cachés. L’important c’est l’émotion que va donner ce petit bout de carton aux personnes qui vont le voir. C’est tout. "

122 Artistes, 347 Œuvres

Je ne suis pas sûr que le but ce soit l’argent ", estime le sculpteur Jean-Henri Compère. " C’est surtout le principe qui est amusant. C’est vraiment pour faire découvrir aux gens la possibilité, avec le même matériau, de faire des œuvres différentes et c’est super chouette parce que on peut voir l’imagination de chacun et l’art de chacun. C’est une bonne façon de découvrir l’univers de l’art belge. "

Le cornet de frites c’est une idée qui est amusante, abordable et qui en mm temps ne sera jamais prise vraiment au sérieux ", affirme l’artiste Walter De Laet, faisant allusion à l’aspect démocratique du cornet de frites. " Par contre, ça encourage la spontanéité des gens, et ça j’adore ! " Pour lui, le projet intéressant et surtout porteur d’avenir. " Je pense qu’on est au début d’une bombe parce que l’idée est très très bonne !"

A 26 ans, l’artiste Camille Stassen, alias Cam Stass, est ravie de l’expérience. " Ca a très bien fonctionné jusqu’à maintenant. Mes Conarts sont vendus et j’ai d’autres personnes intéressées pour d’autres dessins donc c’est positif. J’ai signé mes premiers autographes, c’est incroyable ! ", raconte-t-elle. " Je trouve ça très belge comme idée. C’est belge et c’est original. Y a tellement de choses différentes qui sont représentées sur le même support, la même forme, c’est super intéressant. "

Moi je trouve ça génial ", s’exclame le photographe Serge Anton. " C’est un chouette esprit. Et puis que l’art soit accessible à tout le monde... je trouve ça top. C’est ludique, c’est original, c’est vraiment un chouette exercice, très belge, très humble, on ne se prend pas au sérieux, donc j’adore ! "

L’initiative est aussi saluée par l’artiste Nathalie Saey pour qui l’exercice n’est pas forcément représentatif du travail de l’artiste mais trouve son intérêt dans la multiplicité des expressions artistiques. " C’est intéressant de partir tous avec le même support et voir ce que tout le monde en a fait. Je suis prête pour la suivante ! "

L'avenir en grand

Conart voit l’avenir en grand. D’autant que les demandes d’artistes se multiplient. Le support pourrait s’agrandir, passer en trois dimensions pour les sculpteurs et être proposé à un public élargi comme les écoles, les prisons... " L’avenir, c’est de créer une belle base de données d’artistes. La vitrine doit être énorme ", explique Pascal Mitevoy. " On aimerait faire des expositions itinérantes, représenter la Belgique à l’étranger... " Pour l’heure, c’est près de 300 Conarts qui sont à voir au Brussels Event Brewery à Bruxelles, jusqu’au 3 octobre.

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