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Belgique

Commission d'enquête sur les attentats de Paris: MR et PS se distancient du cdH

"C’est regrettable de chercher à instrumentaliser un dossier comme celui-là"
06 mars 2016 à 12:51 - mise à jour 06 mars 2016 à 12:51Temps de lecture3 min
Par RTBF

De révélations en fuites dans la presse, ces derniers jours ont mis à mal l’image et la réputation des services de police chargés notamment de la lutte anti-terrorisme. Après le patron de la police judiciaire Claude Fontaine, c’était au tour de trois parlementaires membres de la Commission de suivi des comités P et R de faire le point sur une situation aussi complexe qu’explosive.

Un métier compliqué

Pour ouvrir le bal, Laurette Onkelinx, cheffe de groupe PS à la Chambre. L'ancienne ministre de la Justice se dit consciente des difficultés inhérentes à la lutte anti-terrorisme, où la moindre erreur ne pardonne pas: "Les policiers sont constamment sous pression. Ils commettent une erreur et une bombe peut exploser. S’ils vont trop vite pour insérer quelqu’un dans une banque de données et c’est la vie d’une personne qui est foutue". Avant de poursuivre avec le fait, qu’à l’instar d’autres professions et d’autres services, il y a évidemment ceux qui travaillent mieux que d’autres. "Mais il ne faut pas oublier que ce sont eux qui assurent la paix et la sécurité dans notre pays. Et on doit, plutôt que de les attaquer, à partir de sources douteuses, les soutenir ", ajoute l’ancienne ministre de la Justice, visant au passage le cdH. Sources douteuses, le terme est lâché.

"C’est regrettable de chercher à instrumentaliser un dossier comme celui-là"
"C’est regrettable de chercher à instrumentaliser un dossier comme celui-là" © Tous droits réservés

Le cdH dans les cordes

Un point de vue pas totalement partagé par le cdH, pour qui la transparence souhaitée à travers la mise en place d’une commission d’enquête vise à cibler les dysfonctionnements et rétablir la confiance, comme tente de convaincre la députée Vanessa Matz. Et cela y compris en vérifiant la source citée par la presse et par son collègue de parti Georges Dallemagne, une policière en l'occurrence. Source que le patron de la police judiciaire lui-même a qualifié de douteuse et fallacieuse.

Du côté de la majorité, Denis Ducarme (MR) préfère voir le verre à moitié plein par rapport au travail effectué par les services judiciaires. Et de s’interroger pourquoi le président du cdH, Benoît Lutgen, " qui n’a pas accès au rapport du comité P ", a demandé une commission d’enquête. "Je ne peux pas vous dire ce qu’il y a dans ce rapport, je vous dirais ce qu’il n’y a pas dedans", a lancé le chef de groupe MR à la Chambre. " On ne voit pas dans ce rapport d’éléments qui nous indiquent que les services étaient au courant d’un projet d’attentat de la part des frères Abdeslam. Alors lorsque votre communiqué de presse parle de vérités honteuses, révoltantes en s’appuyant sur des sources douteuses, et je rejoins sur ce point madame Onkelinx, il cherche quoi ? Court-circuiter le travail du comité P ? C’est regrettable de chercher à instrumentaliser un dossier comme celui-là".

"C’est regrettable de chercher à instrumentaliser un dossier comme celui-là"
"C’est regrettable de chercher à instrumentaliser un dossier comme celui-là" © Tous droits réservés

Pas démolir un service, mais l’améliorer

"Mais dans le monde de la sécurité, toute source est par essence douteuse", s'empresse d'ajouter Laurette Onkelinx, comme pour atténuer le fait d'être en accord avec l'élu MR. "Mais si on prend chaque fois information comme argent comptant, on peut dès lors tous les jours demander une commission d’enquête. Il fallait pas faire de la médiatisation sur ça. Il fallait pas aller devant les TV et taper sur un service. Ce qu’il faut faire, c’est demander des comptes au comité P. Pas démolir un service, mais l’améliorer".

Et finalement, peu importe les raisons pour lesquelles cela s’est retrouvé dans la presse, ce qui semble compter pour les invités autour de la table c’est la violation du secret professionnel. "Je vais demander au ministre de la Justice de savoir si une plainte sera diligentée ou pas", termine Denis Ducarme. 

Une plainte déposée contre la policière qui aurait fourni les informations à la presse ? Presque une évidence pour Laurette Onkelinx, tout comme pour Vanessa Matz qui n’en démord pas de voir l’audition de cette personne par le comité P insérée dans le rapport final dont disposera la Commission de suivi.

Et de s'interroger à nouveau autour de la table sur l'intérêt d'une commission d'enquête alors que l'enquête du comité P-R est elle-même encore en cours et que le rapport final n'a pas été remis. 

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