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Comment les asexuels vivent-ils leur sexualité ?

14 mars 2022 à 10:48 - mise à jour 14 mars 2022 à 11:01Temps de lecture4 min
Par Christophe Vuylsteke

Un asexuel est une personne qui ne ressent pas d’attirance sexuelle pour autrui. Et dans notre monde hypersexualisé, cela existe bel et bien.

Et pourtant, ils sont invisibles, vivent la plupart du temps dans l’anonymat, ne dérangent pas a priori, sauf lorsqu’ils commencent à revendiquer leur sexualité. C’est à cet instant que l’on peut se demander d’où sortent ces personnes qui tiennent à faire valoir leur droit à la différence.

Drapeau du mouvement asexuel © Getty Images
Drapeau du mouvement asexuel © Getty Images Tous droits réservés

Ci dessus, le drapeau qui représente cette minorité. ​​​​​​Loin des couleurs bien connues de l’étendard arc-en-ciel., il joue pourtant son rôle symbolique de visibilité : le noir représente l’asexualité, le gris identifie la demi-sexualité et la grey-sexualité. Ensuite vient le blanc qui identifie les partenaires allosexuels. Et enfin le drapeau se termine par un bandeau blanc qui symbolise la communauté asexuelle.

Ce courant de pensée a adhéré en toute logique au mouvement d’unité, de fierté et de valeurs partagées par les personnes qui se sentent concernées par leur sexualité différente de celle la plus répandue : l’hétérosexualité. Les asexuels font donc partie de la famille des LGBT.

Il apparaît important de préciser que l’asexualité n’est pas une maladie. Et au même plan, nous retrouvons l’hétérosexualité, l’homosexualité, le lesbianisme, la bisexualité et la pansexualité. Il s’agit d’orientations sexuelles.

- A lire aussi : LGBTQIA +, que signifie ce sigle, lettre par lettre ?

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L’asexualité commence à être connue, parce qu’on en parle enfin

Dans notre monde hétéro-normé, il existe donc une catégorie encore moins évidente que les autres à définir. Et l’étude de cette sexualité n’en n’est qu’à ses débuts.

Le documentaire en 5 parties, proposé en exclusivité sur Auvio, laisse la parole à Hervé, Mahé, Melissa, Letty et Jérémy. Tous ont découvert que leur sexualité était différente. Bien entendu, personne n’est obligé de faire son coming-out. Chacun est libre de vivre de la meilleure façon. De toute manière, la sexualité de chaque être humain est définie avant sa naissance et ce n’est donc pas un choix. Il faut vivre avec et s’épanouir du mieux que l’on peut. Bien entendu, le parcours d’acceptation de sa différence peut être est long, psychologiquement complexe, joyeux ou douloureux.

C’est la raison pour laquelle il ne faut pas confondre non plus l’abstinence qui est une décision prise à un moment précis de votre vie et la sexualité qui est ancrée au plus profond de chaque être hûmain et qui détermine votre orientation.

L’asexualité se faufile parmi les autres sexualités. Vous pouvez très bien être lesbienne et asexuelle. C’est-à-dire que vous pouvez très bien être une femme attirée par le genre féminin, mais n’éprouver aucun désir sexuel. Par contre, vous pouvez très bien aimer un être comme un autre, d’une façon différente que sur le plan sexuel. Rien ne vous empêche de construire une relation basée sur d’autres fondations, pour autant que votre partenaire vous comprenne du mieux qu’il peut. Il existe aussi une importante probabilité que si vous êtes asexuel et en couple, votre alter-ego ne soit pas asexuel. Quand à savoir s’il ou elle acceptera de prendre le même chemin de vie que le vôtre, tout en conservant sa propre sexualité, c’est une autre histoire.

- A lire également : Vivre sans désirer le corps de l’autre ? C’est le cas des asexuels… et "c’est chaque jour une bataille"

Portrait de couple dont l’un est asexuel
Portrait de couple dont l’un est asexuel © 10.7 productions

Cinq témoignages pour un peu mieux comprendre

Les cinq courts épisodes du documentaire racontent des petites tranches de vie de personnes comme tout le monde, au détail près qu’elles sont asexuelles. Elles ont accepté d’exprimer leur sentiment les plus profonds face à la caméra. La sexualité est un thème toujours relativement tabou ou difficile à aborder. C’est donc avec des mots justes qu’il faut tenter d’expliquer l’asexualité pour éviter de tomber dans le piège du regard des autres.

Ces cinq adultes racontent des tranches de vie, dans un cadre où elles sont maîtres de ce qu’elles ont envie de dire. Pas d’interviews, pas de mise en scène, la parole leur est librement donnée.

C’est de cette façon qu’on apprend un tas de choses qui d’emblée renverse les préjugés que l’on pourrait avoir, et met en lumière un mode de vie comme un autre. Les asexuels doivent apprendre à vivre dans un monde bien cruel, composé de jugements, d’étiquettes et de chuchotements.

Provocants, revendicatifs, partagés, ils sont asexuels et le vivent chacun à leur manière

C’est de cette façon qu’on apprend un tas de choses, qui d’emblée renverse les préjugés que l’on pourrait avoir et met en lumière un mode de vie comme un autre. Les asexuels doivent apprendre à vivre dans un monde bien cruel, composé de jugements, d’étiquettes et de chuchotements.

  • Hervé dévoile son absence totale de désir sexuel. Il exprime aussi une multitude d’envies diverses. Il ne se sent pas concerné, par exemple, par les blagues à connotations sexuelles de ses amis ou collègues. Il tente par ailleurs de faire connaître au maximum la minorité à travers de laquelle il identifie et s’investit dans les associations qui viennent en aide aux asexuels.
  • Melissa, véritable poupée en porcelaine affronte le regard des autres par pure provocation. Elle se revendique asexuelle. Ce qui ne l’empêche pas de s’habiller de façon très sexy pour justement aller à l’encontre des préjugés. Elle ne veut pas qu’asexuel soit synonyme de "vieille fille" pour ne citer qu’un exemple. Mais cette démarche, à la limite de la drague ou de la séduction, n’a rien dans sa tête de sexuel. Elle souhaite être séduisante parce qu’elle aime ça, sans plus.
  • Letty et Pauline se ressemblent et s’assemblent à merveille. Elles ont conscience que leur chemin de vie est en décalage avec celui des autres. Malgré cela, elles parviennent à avancer, main dans la main, au quotidien.
  • Jeremy a vécu des moments charnières plus difficiles à franchir. D’abord, accepter et déclarer son homosexualité, puis se rendre compte qu’il n’éprouve aucun désir sexuel. Mais comment Jérémy et Kevin, son compagnon, vivent-ils l’absence de vie sexuelle dans leur couple ?

Pour en savoir plus, découvrez les 5 épisodes de "No Sex", un documentaire sur une autre facette de la sexualité. Il vous est proposé en exclusivité sur Auvio.

- Pour votre information, la Journée Internationale de l’asexualité a lieu tous les ans, le 6 avril.

- Pour recevoir de l’aide ou simplement des informations sur l’asexualité, il existe AVEN, le réseau d’entraide des asexuels ou encore AVA, association pour la visibilité des asexuels. Vous trouverez aussi beaucoup d’informations sur les réseaux sociaux.

 

Découvrez également tous les documentaires

disponibles en exclusivité et gratuitement sur Auvio

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