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Comment et pourquoi les salaires vont bientôt augmenter?

Comment et pourquoi les salaires vont bientôt augmenter?

L’inflation en Belgique, qui n’était encore estimée qu’à 1,63% en juin, a progressé en août de 2,27% à 2,73%, indique lundi l’office de statistiques Statbel. Une conséquence de la hausse des prix énergétiques qui entraîne de bonnes et de moins bonnes nouvelles.

Les moins bonnes, c’est que le coût de la vie augmente.

Les meilleures, c’est que les allocations et les salaires vont suivre… mais pas tous en même temps. Explications.

C’est quoi l’inflation ?

Ce qu’on appelle l’inflation calcule en fait la hausse du coût de la vie par rapport à une unité monétaire par rapport à la même période un an plus tôt. Quand l’inflation augmente, ça veut dire qu’avec la même somme en poche, on peut acheter moins de choses. Ou inversement, que le prix à payer dans une même monnaie est plus élevé. Si les salaires restaient fixes en euros, ça veut dire que le niveau de vie diminuerait au fur et à mesure que l’inflation augmenterait. C’est pour ça qu’il existe des systèmes pour faire correspondre aussi les salaires à ces hausses de prix.

Comment on estime que ça augmente ?

Il existe plusieurs indices pour estimer la hausse des prix :

"L’indice des prix à la consommation", sur lequel est basé le calcul de l’inflation, mesure de façon objective, (c’est-à-dire en récoltant les prix réellement pratiqués) l’évolution des prix d’un "panier des ménages", censé être représentatif de leur consommation (Le panier est remis à jour tous les deux ans pour prendre en considération l’évolution des habitudes d’achat de la population). C’est ce taux, sur un an, qui est passé de 2,27 à 2,73%.

L’indice santé est calculé sur base de l’indice des prix à la consommation… mais en y enlevant tout ce qui est "mauvais" pour notre santé : alcool, tabac, carburant. Comme pour l’indice des prix à la consommation, on part d’une base de calcul qui prend comparaison avec les prix de 2013. En ramenant le panier de 2013 à 100, on observe ensuite comment cela a augmenté depuis. Pour août 2021, on est passé à 112,74 (contre 112,18 en juillet 2021).

L’indice santé lissé : c’est là que ça se complique encore. Il est pourtant un des plus importants car c’est sur cette base qu’on détermine que les allocations et les salaires devraient aussi augmenter. Mais son calcul est complexe : il correspond à la moyenne arithmétique des indices santé des 4 derniers mois, multiplié par un facteur 0,98. L’indice lissé est ainsi passé de 109,13 en juillet à 109,57 en août.

 

 

Statbel

Pourquoi les salaires et allocations vont augmenter ?

L’indexation des salaires dans la fonction publique et des allocations sociales est effectuée dès que l´indice lissé atteint une certaine valeur, appelée indice-pivot. Lorsque l’indice lissé atteint l´indice pivot, les allocations sociales sont augmentées de 2% le mois suivant. Les traitements dans la fonction publique sont également augmentés de 2% deux mois après. Or, cet indice-pivot était fixé à 109,34 et est donc dépassé, puisqu’il est désormais estimé à 109,57.

Les allocations sociales et les pensions seront en conséquence indexées de 2% en septembre. Les salaires du secteur public connaîtront la même augmentation en octobre.

La dernière fois que l’indice-pivot a été dépassé remonte à février 2020, et le prochain indice-pivot est fixé à 111,53 points.

Et dans le privé ?

L’indexation n’est pas automatique dans le privé : les augmentations sont régies par ce qu’on appelle les "conventions collectives de travail", qui sont établies secteur par secteur. Les moments où les augmentations interviennent varient d’un secteur à l’autre.

Pourquoi ça augmente ?

La forte hausse de l’inflation ces derniers mois est principalement due aux produits énergétiques, explique Statbel : en dehors de ces produits, l’inflation ne serait en août "que" de 1,40%, contre 1,13% en juillet et 0,91% en juin.

Le prix des produits alimentaires (y compris les boissons alcoolisées) a même diminué de 0,27%, alors que l’augmentation des services (2,19%), et des loyers (2,29%) est inférieure à la moyenne.

Mais l’inflation de l’énergie atteint 17,15% en août, contre 14,66% en juillet et 10,80% en juin. Il faut débourser 17,4% de plus qu’il y a un an pour payer l’électricité, un niveau jamais atteint. Mais c’est le prix du gaz qui a connu la plus spectaculaire augmentation : 49,4% de plus en un an. A l’inverse, le prix du gasoil de chauffage, lissé sur 12 mois, a reculé de 13% en un an. Les carburants coûtent, eux, 15,4% de plus qu’il y a un an.

Gaz naturel, électricité, achat de véhicules, pain et céréales, chambres d’hôtels, boissons alcoolisées, sucre et autres produits sucrés, loyers privés et soins corporels sont ainsi les produits qui ont le plus augmenté, tandis que les voyages à l’étranger et city trips, les billets d’avion et les fruits sont ceux qui ont le plus baissé.