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Comment crée-t-on des jouets ? "Nos enfants sont notre inspiration et nos cobayes"

Gary Garnier-Guisgand, l'un des fondateurs du créateur de jouets Kidywolf

© / O.L.

02 déc. 2022 à 09:35 - mise à jour 02 déc. 2022 à 09:35Temps de lecture3 min
Par Odile Leherte

Gilles et Elsa sont les deux designers de Kidywolf, une entreprise de création de jouets qui a vu le jour à Waterloo il y a 3 ans. "On a commencé dans notre cuisine et nous voilà huit dans un grand bureau", commente Gary Garnier-Guisgand, l’un des fondateurs de l’entreprise. Mais comment se démarquer dans un univers du jouet aussi concurrentiel ? D’abord, en restant fidèle à son slogan : Design and fun. "Notre but, c’était d’avoir un produit beau pour les enfants qui apporte de l’amusement et l’amusement va être soit dans l’échange entre copains ou enfant-parent ou sur le côté éducatif et ludique. Il faut que les enfants puissent s’amuser avec des choses simples sur une fonctionnalité de base".

Les jouets exposés contre le mur témoignent de cette manière de voir : un appareil photo qui "prend des photos" (n’y voyez pas une lapalissade, plutôt une envie de revenir à la fonction première de l’objet), un mini-projecteur d’histoires ("la différence avec les autres produits qui lui ressemblent et existent déjà sur le marché, c’est qu’il fonctionne sur un trépied, donc il est stable et on a une gâchette sur le côté donc même un enfant de 3 ans peut l’utiliser. Quant aux images, elles ont un vrai fil conducteur, c’est une histoire à projeter avec deux niveaux de lectures. Quand le parent lit l’histoire, il pourra apporter des éléments éducatifs") ou encore une voiture téléguidée.

Mais pourquoi cette voiture-ci, et pas une autre?

C’est là que Gilles, l’un des deux designers, entre en scène. "J’ai rassemblé une série d’images, et on a ensuite eu une discussion avec l’équipe".

Gilles et Elsa, designers de Kidywolf
Gilles et Elsa, designers de Kidywolf © /O.L.

Tout-le-monde dans l’équipe a son mot à dire dans la création d’un jouet. "Finalement, on a commencé à construire tous ensemble, explique le designer, l’idée étant de faire une voiture de course, car cela collait davantage à l’image d’une voiture téléguidée. Le but est de faire quelque chose qui n’existe pas encore. Dans ce cas, plus on dessine, mieux c’est. Donc on noircit des pages et des pages de croquis, jusqu’à ce que l’idée apparaisse".

Parfois l’idée séduit rapidement, parfois, c’est plus laborieux.  "On avance de deux pas, on recule d’un pas, on avance de deux, et ainsi de suite. Parfois, on s’arrête et on repart de zéro ", détaille Gary Garnier.

"Pour la voiture, on a décidé de faire une ouverture de siège suffisamment grande pour pouvoir asseoir un Playmobil, ce qui permet à l’enfant d’y jouer avec d’autres jouets".  

Les enfants, source d’inspiration et cobayes pour la création de jouets ?

"Les enfants sont à la fois notre source d’inspiration et nos cobayes, enchaîne Gary Garnier. Donc on teste avec eux. Et si l’on a des difficultés à récupérer notre prototype, cela signifie qu’on est dans la bonne direction" (rires)

Chez Egmont Toys, à Tubize, on teste également les jouets auprès des enfants. Gaetane Lannoy y est designeuse de jouets depuis 20 ans. Elle conçoit les jeux et les illustre. "Je les peins à la main, mes outils sont le crayon, les pinceaux, la peinture, et également la terre glaise quand je réalise des veilleuses pour les enfants".

Gaetane Lannoy, designeuse d'Egmont Toys
Gaetane Lannoy, designeuse d'Egmont Toys © /O.L.

"J’ai la chance d’habiter dans un quartier où il y a beaucoup de jeunes parents et d’enfants. Ils viennent souvent jouer chez nous le weekend. Samedi encore, ils sont venus essayer un jeu d’équilibre. C’est un plateau sur lequel se posent toute une série d’objets. Il ne faut pas faire tomber le plateau. Les enfants se sont incroyablement bien amusés. Et personnellement, j’étais heureuse du succès du jeu".

Si le leitmotiv de Kidywolf est "Design and Fun", celui d’Egmont est le "monde imaginaire "."C’est aux enfants à créer leur monde à partir de nos jouets", explique Gaetane Lannoy. Ces slogans servent de balise aux designers quand ils créent un nouveau jouet.

Showroom d'Egmont Toys
Showroom d'Egmont Toys © /O.L.

"Prenez nos poupées par exemple, je me suis inspirée de poupées anciennes pour les réaliser. J’aimais qu’elles regardent sur le côté, cela leur donne plus de personnalité. Par contre, j’ai décidé de ne pas les rendre trop souriantes car c’est à l’enfant de donner une humeur à la poupée, en fonction de l’histoire qu’il a envie de raconter".

Egmont Toys exportant ses jouets dans le monde entier, et les goûts n’étant pas toujours les mêmes d’un pays à l’autre, les distributeurs de jouets de l’étranger font également des suggestions pour mieux coller au "marché du jouet" de leur pays. Gaetane Lannoy écoute les suggestions avec intérêt mais garde bien à l’esprit que la création de jouets est un mix entre les tendances du moment et ce qu’elle ressent par rapport au jouet qu’elle a envie de créer. "Si on fait ce qu’on aime, ça marchera parce qu’on est passionnés et qu’on arrive à transmettre cette passion du jouet".

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