Comment aménager les terres agricoles afin d’éviter les inondations à répétition ? Des exemples concrets

Ce bac mesure la quantité d’eau récoltée

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14 juil. 2021 à 21:09Temps de lecture2 min
Par A. L. avec S. Heinderyckx

Les inondations qui frappent la Belgique sont dues bien sûr aux quantités exceptionnelles de précipitations qui sont tombées sur notre pays ces dernières semaines. Mais les causes sont aussi à chercher du côté des sols. Les terres agricoles notamment, ne retiennent pas suffisamment l’eau. Mais des solutions existent.

Nos sols n’arrivent plus à retenir l’eau. Ils sont pourtant de qualité, mais les premières fortes pluies ont tassé la surface, rendant les terres presque imperméables. Très vite, des chemins d’écoulement se sont formés dans de nombreux champs comme c’est le cas à Ottignies.

"Le ruissellement a choisi un chemin préférentiel, dans ce cas la trace laissée par la roue du tracteur. Au fil des orages qui se répètent, la rigole se creuse davantage et on a des risques de coulée de boue malheureusement en bas de parcelle", explique Gilles Manssens, ingénieur en chef au Centre Indépendant de promotion fourragère (CIPF).

Aménager le territoire

Des chercheurs tentent de remédier à ce problème récurrent. Sur une parcelle, ils ont fait pousser des trèfles ou de l’herbe entre les rangs de maïs. Objectif : comparer le ruissellement avec la culture traditionnelle où rien ne pousse entre les rangs. Et les résultats sont déjà là : "On constate que le couvert a joué son rôle. Il a ralenti l’eau qui ruisselait. Et a donc on se retrouve au final avec moins d’eau en bas de pente qu’avec une culture de maïs traditionnelle où il n’y a pas de couvert entre les rangs", poursuit Gilles Manssens.

Du côté de la culture traditionnelle, le bac a récolté trois fois plus d’eau. Encore faut-il que couvrir les sols de cette manière ne devienne pas une contrainte. "Ce sont des techniques qui nécessitent une certaine adaptation pour l’agriculteur, mais dans les faits, elles sont tout à fait implémentables pour un agriculteur", indique Thimothée Clément, doctorant à l’UCLouvain pour le projet "Intell’eau".

Autre possibilité : installer du miscanthus en bas de parcelle. Ce réseau très dense de tiges et de feuilles au sol constitue un filtre qui retient les boues. "Lors des premiers orages qu’on a observés fin mai, début juin, on a observé des efficacités très intéressantes. Après évidemment, avec la succession des orages, l’efficacité est réduite à cause de l’accumulation de sédiments qui se sont déposés dans la bande", remarque Gilles Manssens.

Il n’y a pas de solution miracle, surtout face à des précipitations exceptionnelles. Mais plusieurs pistes existent et doivent s’accompagner d’une réflexion sur l’aménagement du territoire et l’urbanisation, afin de limiter au maximum les futures inondations.

Intempéries : comment éviter ces inondations à répétition ?

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