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Comment aider les jeunes à choisir leurs études et leur métier

Comment aider les jeunes à choisir leurs études et leur métier
18 janv. 2022 à 11:014 min
Par RTBF La Première

Pour beaucoup de jeunes, le mois de janvier est propice au questionnement sur leur future orientation scolaire, académique et professionnelle. Et en ces temps de crise sanitaire, les interrogations et les inquiétudes augmentent chez nos jeunes, y compris chez les jeunes adultes qui décrochent parfois de leur travail, par manque de sens. Comment les aider à s’orienter, à choisir leur métier ?

"On a créé un culte de l’étude supérieure et du travail intellectuel"

L’asbl Bruxelles-J est un site d’information gratuit pour les jeunes à Bruxelles. L’asbl cible les 12-30 ans, mais observe que de plus en plus de gens plus âgés sont en recherche d’information, explique son directeur Benoît Quittelier. Les infos concernant les études sont les plus demandées et ce chiffre a encore augmenté de plus ou moins 30% sur ces deux dernières années.

Bruxelles-J travaille avec un pôle de partenaires qui peuvent apporter une aide aux jeunes, notamment :

  • la Cité des Métiers qui informe sur toutes les formations professionnalisantes, avec Miti, la plateforme d’orientation en ligne gratuite de la Wallonie et de Bruxelles, 
    et les Cités des Métiers Bruxelles, Charleroi, Liège et Namur.
  • le CEDIEP, qui propose des infos sur toutes les études, y compris l’alternative de la promotion sociale.
  • Dynamo international, une AMO qui propose la mobilité internationale comme outil pédagogique et mobilisateur, via des stages à l’étranger.
  • la plateforme pour le service citoyen, qui offre la possibilité de "prendre 6 mois pour faire une expérience, qui permet de ne pas perdre son temps, mais quand même d’avoir un temps de réflexion, de ne pas être sur une autoroute où on sort du secondaire, on fait des études, on travaille, et on ne se pose jamais la question de savoir : est-ce que je fais vraiment ce que j’aime."

La difficulté dans nos sociétés, c’est qu’on a créé un culte de l’étude supérieure, un culte du travail intellectuel. La vérité est qu’il y a plein d’autres métiers où on a besoin de gens, où on gagne bien sa vie. Car contrairement à ce qu’on peut croire, aujourd’hui, avoir un diplôme universitaire ne garantit pas de bien gagner sa vie, il y a plein de métiers intellectuels précaires qui sont apparus.

La linéarité reste attendue dans le parcours d’un jeune : secondaire, études supérieures, métier, souligne Benoît Quittelier. Certaines conditions économiques créent cette linéarité : on n’a plus d’allocations familiales au-delà de 25 ans, on n’est plus finançable au bout d’un certain nombre de ratés, etc… Contrairement au Danemark par exemple, où un jeune de 18 ans reçoit 8 ans d’allocations familiales qu’il répartit comme il veut : un an à l’étranger, puis un bachelor, puis travailler, puis reprendre un master, etc… ce qui permet d’accumuler une expérience et de mieux se connaître.

"On doit dire aux jeunes qu'on peut aussi s'investir dans des expériences très enrichissantes en-dehors des études. Tout ne doit pas passer par la porte des études. On peut être multiple dans sa vie et faire plusieurs choses en même temps. Des projets annexes peuvent parfois, de façon surprenante, devenir professionnalisants, voire professionnels."

"Il faut d’abord que tu saches qui tu es"

Via les programmes Tremplin et Jump, l’Institut de formation IFF Europe aide les jeunes, de plus en plus nombreux, qui sont soit en décrochage, soit en questionnement par rapport à leur projet de vie. Il propose un parcours pour les 18-25 ans, mais aussi un parcours pour les 25-35 ans, pour ceux qui ont fait des études et, après un an ou deux de travail, se rendent compte qu’ils veulent rebondir, explique Roland Vaxelaire.

A ces jeunes qui disent : il faut que je m’oriente, on leur dit, il faut d’abord que tu saches qui tu es. On a cette étape préliminaire qui consiste à vraiment se poser la question et à prendre ce temps de discernement. Dans cette société, tout est assez linéaire, il faut tout de suite qu’on avance et si on a deux mois de vide, on a l’impression qu’on est bon à rien.

"Nous, on part du principe qu’il faut prendre ce temps de discernement, 3 mois, 4 mois, pour d’abord savoir qui je suis, comment je travaille avec les autres, comment je gère les conflits… "

Aujourd’hui, les jeunes veulent faire des expériences, être partie prenante de ces expériences. Ils veulent qu’on leur accorde de la confiance et qu’on leur permette de faire quelque chose où ils se sentent dans leurs talents. Ils ne veulent plus s’inscrire dans cette logique de société, cette linéarité de formation et d’emploi.

Les entreprises cherchent des gens qui ont un savoir être, qui savent qui ils sont, qui se sentent bien avec les autres, qui savent quels sont leurs propres talents, qui savent gérer les conflits, ajoute Roland Vaxelaire. Un travail sur soi qui manque dans les formations classiques.

"Le diplôme reste une valeur et une clé importantes"

Le CIO, Centre d’information et d’orientation de l’UCLouvain est un service destiné aux jeunes et aux familles, en collaboration avec les Hautes Ecoles. Le CIO propose des entretiens, des conseils, mais aussi des cahiers d'orientation, à destination des jeunes mais aussi des parents.

Son directeur, Philippe Fonck, observe que les jeunes sont aujourd’hui confrontés à 3 grandes sources d’anxiété.

  • La première est l’indécision, en fin de secondaire. On les confronte très rapidement à la décision, alors que "le parcours d’orientation est davantage lié à une notion de réflexion au long cours sur la 5e et la 6e, avec toute une maturation derrière."
  • La deuxième est liée au Covid et est particulièrement anxiogène : la difficulté à avoir des relations sociales dans l’enseignement supérieur, à l’heure actuelle. Le CIO organise pour cette raison des ateliers de groupe Azimut-Orientation.
  • La troisième, c’est l’anxiété du changement sociétal vers lequel on va et de l’orientation à choisir dans un monde en transition.

Pour Philippe Fonck, le diplôme reste une valeur et une clé importantes.

Il faut revenir à cette question de la place du diplôme par rapport à la place de l’expérience.

Les parents doivent éviter d'avoir une communication 'klaxon' envers le jeune en disant : tu as fait ci ou ça, conseille Philippe Fonck.

"Ce qui est important de renvoyer au jeune, ce sont ses ressources, ses capacités. C'est le reconnaître, en lui disant : tu as telles qualités, qu'est-ce que tu envisages d'en faire ? Est-ce que tu comptes développer cela ? Et aussi : avec quoi hésites-tu ? Plutôt que : qu'est ce que tu vas faire l'année prochaine ?"

Dans ce dossier, il est aussi question de mobilité, d’études à l’étranger, écoutez ici >>

Tendances Première : Le Dossier

Aider les jeunes à choisir leurs études et leur métier.

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