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Comment aider les enfants souffrants de troubles autistiques à mieux appréhender le repas ?

L'autisme: d'une bouchée a l'autre - Partie 2

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12 oct. 2022 à 13:11Temps de lecture3 min
Par Philomène Parmentier

Quoi de pire pour un parent que de ne pas pouvoir nourrir adéquatement son enfant ? Et pour les parents d’autistes, c’est un défi particulièrement difficile à relever.

Quelles sont les difficultés ?

Les moments des repas sont souvent les plus difficiles et chaotiques dans la journée d’un enfant autiste. Certains font systématiquement le tour de la table pour aller chercher dans l’assiette des autres. D’autres ne restent jamais assis ou refusent tout simplement de manger. La nourriture dans la majorité des cas ne les intéresse juste pas et est même vécue comme source de stress. Ces troubles impactent la vie de famille mais aussi le développement de l’enfant tant au niveau du poids que de la santé, la majorité expérimentent des problèmes gastro-intestinaux.

High Angle View Of Boy Eating Bread While Sitting On Table At Home
High Angle View Of Boy Eating Bread While Sitting On Table At Home © Tous droits réservés

Y a-t-il plus de risque de manques de nutriments chez les autistes ?

Un enfant autiste peut être hyposensoriel et, ou hypersensoriel par rapport à son alimentation.

S’il est hyposensoriel et recherche à augmenter ses plaisirs sensoriels. Cela peut engendrer entre autres :

  • De la gloutonnerie
  • Multiplier les aliments en bouche exagérément
  • Risque de mettre en bouche voire d’avaler des produits non alimentaires

Ce type de comportements peut apporter des problèmes de poids, d’obésité ou encore de diabète.

S’il est hypersensoriel, il recherche l’évitement sensoriel ce qui amène bien souvent à un problème bien connu des parents d’enfants autistes à l’hyper-sélectivité alimentaire.

Il va manger que ce qu’il aime et bien souvent les mêmes choses. Par exemple, il ne va manger que 5 aliments, d’une couleur, d’une odeur ou d’une texture spécifique, cela va parfois même jusqu’à la marque. Certains refusent car c’est une autre marque que d’habitude, d’autres car l’aliment demande un effort important de mastication avec lequel ils ont plus de mal que les autres. Et en même temps, certains adorent mastiquer, il n’est donc pas possible de généraliser.

Autisme: d'une bouchée à l'autre - Partie 2

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Y a-t-il un lien entre l’autisme et l’alimentation ?

En marge des approches neurologiques, psychanalytiques et même morphologiques, on s’intéresse de plus en plus à l’alimentation qui pourrait également apporter un certain éclairage dans ce grand puzzle complexe qu’est l’autisme.

On étudie même en amont les possibilités d’un lien entre l’alimentation des mères et l’autisme de l’enfant. L’impact de l’alcool, des pesticides, les additifs, le microbiote de la maman et autres sont quelques pistes à l’étude en ce moment.

Y a-t-il des techniques pour que l’enfant mange de façon plus équilibrée ?

Une des stratégies est de donner au moins 1 aliment que l’enfant aime et de continuer sans jamais forcer à lui présenter ce qu’il ne veut pas manger. Le repas ne peut en aucun cas être associé à quelque chose de négatif. Il faut s’armer de patience et s’adapter à l’enfant. On compte 32 étapes, de s’asseoir à tolérer l’aliment dans l’assiette jusqu’à finalement le manger.

Une autre stratégie indispensable est de créer des routines, pas de surprises, ni de nouveauté.

En amont du repas, on propose une activité agréable calmante pour parent et enfant 5 à 10 minutes afin qu’il soit moins stressé et le plus réceptif possible.

Pendant, on veille à ce que le seul élément nouveau soit l’aliment nouveau que l’on souhaiterait introduire cela veut dire que couverts, assiette, chaise, place à table sont à chaque fois identiques.

Après le repas on crée un moment qui soit sensiblement le même à chaque repas et qui signale la fin du repas. Cela peut être apporter l’assiette en cuisine, jeter lui-même les déchets, se brosser les dents. Cela veut dire que le nouvel aliment qu’on lui a présenté, cette expérience qu’il a peut-être vécue comme stressante prend fin.

Acteur dans le secteur du handicap en Fédération Wallonie-Bruxelles et en communauté germanophone, CAP48 vous donne rendez-vous pour sa grande soirée de clôture de l’opération en télé ce dimanche 17 octobre dès 20h20 sur La Une, Auvio et La Trois en langue des signes ainsi que sur les réseaux sociaux et en radio, sur La Première et VivaCité.

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