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Cœur : quelle différence entre crise cardiaque, infarctus et arrêt cardiaque ?

Différence entre crise cardiaque, arrêt cardiaque et insuffisance cardiaque ?

© Getty Images

Connaissez-vous la différence entre crise cardiaque, arrêt cardiaque et insuffisance cardiaque ? Non ? Vous n’êtes pas le seul. La confusion entre les trois est fréquente. Il est toutefois intéressant de pouvoir faire la distinction. Le point avec le Pr Christophe Beauloye, Chef du service de cardiologie aux cliniques universitaires St-Luc.

Qu’est-ce qu’une crise cardiaque ?

Le terme "crise cardiaque" ne veut pas dire grand-chose. Il s’agit d’un terme populaire et non scientifique. Généralement, on parle de crise cardiaque pour parler d’un infarctus ou de n’importe quel accident cardiaque aigu, lorsque la circulation du sang vers le cœur est interrompue. 

L’infarctus est une occlusion ou une menace d’occlusion d’une des artères du cœur. Il se manifeste par une douleur dans la poitrine qui apparaît de façon brutale. Sauf complication, l’infarctus n’entraîne pas de perte de connaissance. Les douleurs cardiaques peuvent irradier dans l’épaule, le bras et la mâchoire. C’est pour cette raison qu’on l'appelle parfois "l’angine de poitrine" : certaines personnes ont mal dans la gorge.

Et l’arrêt cardiaque, alors ?

L’arrêt cardiaque désigne une perte de la fonction de contraction du cœur. L’origine la plus fréquente d’un arrêt cardiaque est un trouble du rythme du cœur. Et plus particulièrement, "la fibrillation ventriculaire" ; c’est-à-dire, la désorganisation complète de l’activité électrique du cœur.

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Résultat, toutes les cellules se contractent de façon anarchique. Sur le plan mécanique, le cœur perd complètement sa force de contraction et s’arrête. Cette arythmie est une complication de l’infarctus. C’est d'ailleurs généralement pour cette raison que l'on peut en décéder. L’arrêt cardiaque qui survient après l’infarctus est souvent dû à cette complication.

Les complications cardiovasculaires restent la cause de mortalité numéro une chez les hommes

Les arrêts cardiaques font entre 10 et 15.000 victimes chaque année en Belgique. "Les complications cardiovasculaires de manière générale restent la cause de mortalité numéro 1 chez les hommes" ajoute le Pr Beauloye. Et malheureusement, lorsqu’on parle de "mort subite", elle est souvent d’origine cardiaque.

L’insuffisance cardiaque

L’insuffisance cardiaque est une pathologie du cœur qui l’empêche d’assurer sa fonction de pompe. Le cœur est un muscle qui pompe le sang et qui l’éjecte à travers tout l’organisme. Le débit cardiaque est généralement de 5 litres par minute. L’insuffisance cardiaque est l’incapacité de cette pompe à éjecter le sang. "C’est le muscle qui présente des signes de faiblesse" ajoute le Pr Beauloye.

A l’instar d’un barrage qu’on place sur une rivière, quand le cœur et la pompe sont déficitaires, l’eau monte en amont et s’accumule

L’insuffisance cardiaque se manifeste par l’accumulation d’eau, que ce soit au niveau des jambes ou des poumons. Ce qui donne des symptômes d’essoufflement. A l’instar d’un barrage qu’on place sur une rivière, quand le cœur et la pompe sont déficitaires, l’eau monte en amont et s’accumule. Cela peut se manifester de manière chronique. Dans ce cas, il s’agit d’une pathologie au long cours. Mais elle peut également se présenter de manière aiguë, liée à un facteur précipitant.

Il est essentiel de se former aux gestes qui sauvent, afin d’être en mesure d’intervenir rapidement en cas d’urgence. Si un problème cardiaque aigu survient, il faut directement appeler les secours.

  • Si le patient est conscient et contracte une douleur thoracique importante et/ou un malaise

Il faut appeler les secours. "C’est important que les secours arrivent le plus vite possible, car il faut déboucher l’artère au plus vite" insiste le Pr Beauloye.

  • Si le patient est inconscient

Son entourage doit toujours appeler les secours et commencer les manœuvres de réanimation. Tout le monde devrait pouvoir être capable de commencer les compressions thoraciques en attendant les secours, pour oxygéner son cerveau et permettre au patient une meilleure capacité de récupération. On peut également avoir recours à un défibrillateur s’il y en a un à disposition, et qu’on sait comment l’utiliser.

Quels sont les facteurs de risques cardiovasculaires ?

  • L’obésité

  • Le diabète

  • L’hypertension

  • Le cholestérol

  • Le tabac

  • Les antécédents familiaux

  • La génétique

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