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Claude Eerdekens, bourgmestre depuis 50 ans, voudrait mourir sur scène

Avec son regard de lynx et un rictus pincé aux bords des lèvres, Claude Eerdekens n’a rien perdu de la passion qui l’anime depuis 50 ans. Les cheveux sont gris, l’âge est là. Mais à 73 ans, le socialiste a toujours la niaque. Dans deux ans, le plus ancien bourgmestre de Wallonie ne briguera plus le maïorat d’Andenne mais pas question, dit-il, d’arrêter de travailler.

Un ours mal léché ?

En 1972, Claude Eerdekens devient d’abord bourgmestre de Seilles. Âgé de 23 ans, il est alors le plus jeune du pays et après la fusion des communes, c’est lui prend les commandes la nouvelle entité.

Le jeune bourgmestre Eerdekens
Le jeune bourgmestre Eerdekens Ville d’Andenne

Dans la cité des ours, la personnalité de Claude Eerdekens ne laisse personne indifférent. Avec un peu moins de 3400 voix de préférence au dernier scrutin, le septuagénaire conserve une étonnante popularité, malgré des similitudes avec la mascotte de sa ville : "oui je suis un peu ours, peut-être", reconnaît Claude Eerdekens. "Mais vous savez, on parle aujourd’hui beaucoup du réveil de l’ours avec Poutine. Moi je suis le gentil nounours d’Andenne", tempère le bourgmestre.

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L’animal politique ne se lasse pas de ces joutes verbales avec les journalistes qui le défient depuis si longtemps. Jadis belliqueux, parfois procédurier, le personnage est aujourd’hui, plus apaisé. Ancien ministre des sports, parlementaire actif dans la commission d’enquête Dutroux, son ambition s’est peu à peu recentrée sur ses terres.

Construction d’une prison, d’un zoning industriel, création d’un piétonnier. Le développement de son territoire constitue sa principale fierté : " ce dont je suis le plus satisfait, c’est qu’il y avait, il y a trente ans, 5500 emplois sur Andenne. On en compte aujourd’hui 9000. Si la Wallonie s’était développée comme nous. Il n’y aurait plus de problème", sourit cet admirateur secret du général de Gaulle.

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Ma plus belle mort serait de mourir après une plaidoirie gagnée

En 2024, celui qui dirige Andenne d’une main de fer, annonce qu’il soutiendra son équipe en queue de peloton. Vincent Sampaoli, le premier échevin, sera tête de liste. Normalement, Eerdekens ne sera donc plus bourgmestre. La perspective de la retraite ne l’enchante guère : "Je n’ai jamais compris les gens qui décomptaient le nombre de jours avant la retraite !"

Cet avocat, toujours actif, a d’ailleurs l’intention de plaider jusqu’à son dernier souffle : "ma plus belle mort serait de m’éteindre après une plaidoirie gagnée. J’aimerais beaucoup mourir sur scène… Comme Molière."

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