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Classic Ciné : « Le corbeau » un film de Clouzot à découvrir sur La Trois

15 juin 2022 à 06:51 - mise à jour 15 juin 2022 à 08:00Temps de lecture3 min
Par Sara Dumont

" Le corbeau ", un thriller tourné durant l’occupation et qui vous promet son lot de rebondissements.

Le docteur Germain, médecin d’hôpital dans une ville de province, commence à recevoir des lettres anonymes signées "Le Corbeau". Ces lettres l’accusent de pratiquer des avortements. D’autres missives suivent, prétendant qu’il est l’amant de Laura Vorzet, la femme du psychiatre de l’hôpital. Le Corbeau arrose toute la ville de ses lettres, la rumeur enfle. Un malade, atteint d’un cancer, se suicide. Aux funérailles publiques, la foule commence à s’en prendre à Marie, une infirmière. Elle évite le lynchage de peu. Germain est bien décidé à trouver le coupable, il fait passer des tests d’écriture au cours desquels une femme, Denise, défaille. Ce thriller est inspiré de faits réels, à Tulle, en 1939.

"Le Corbeau" à voir le mercredi 15 juin à 20h40 sur La Trois.

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Le film « Le corbeau » est inspiré d’une histoire vraie

Dans un de leur podcast France Culture précise que tout commence dans la commune de Tulle, en Corrèze, de décembre 1917 à décembre 1922. La commune de Tulle est très petite, tout le monde se connaît. Cette histoire de lettres anonymes commence à la préfecture. Jean-Baptiste Moury est chef de bureau à la préfecture de la ville de Tulle on le considère comme un bon parti, pourtant, il a une maîtresse et une fille qu’il n’a pas reconnue. Un jour, ce dernier reçoit une mystérieuse lettre anonyme écrite à la main en majuscules qui lui conseille de se méfier d’Angèle Laval. " C’est une sirène, elle cherche à se faire épouser ! " Le lendemain, en allant travailler, il décide d’interroger Angèle (qui travaille dans le même service que lui) sur cette fameuse lettre. Au même moment, Angèle Laval a également reçu une lettre anonyme qui lui dit aussi de se méfier de ses chefs de service, de monsieur Moury car c’est un cavaleur, un coureur de jupons et pas du tout un homme sérieux. Elle ne sait pas quoi faire et décide de lui en parler le lendemain. Les deux compères finissent par se voir au bureau et sont tous deux étonnés d’avoir reçu ce genre de courrier qu’ils décident tout bonnement de brûler.

Au début, seuls les gens de la préfecture reçoivent des lettres mais, au fur et mesure, toute la ville finit par être victime de ce type d’envoi. Les fameuses lettres disent tout et son contraire. Un jour, elles accusent quelqu’un de la commune et le lendemain, c’est autre chose.

En 1922, les lettres passent d’anonymes à pseudonymes, elles sont désormais signées " l’Œil de Tigre ". Mais ce n’est pas tout : le procédé d’envoi a aussi changé. Avant, les habitants recevaient leurs lettres par le poste, à présent, ce sont les lettres qui viennent à eux, elles se glissent sous la porte et on les retrouve dans les corridors, … Les gens craignent de plus en plus de " se faire attraper ", ce qui veut dire qu’ils ont reçu un message de " l’Œil de Tigre ".

Ensuite, les gens reçoivent des lettres qui ne s’adressent plus à leurs destinataires et parlent de tout le monde dans la commune. Ces missives visent tout le monde et n’importe qui… à l’exception d’une personne : Marie-Antoinette Fioux. Au fur et à mesure, les gens commencent à penser que c’est elle "l’Œil de Tigre". On apprend par la suite qu’elle n’a strictement rien à voir avec cela et qu’en plus, elle n’a aucune raison d’écrire de telles méchancetés sur tous ces gens. Elle a en effet un solide alibi : elle se trouvait à l’hôpital lors de la " distribution ", à domicile cette fois, des derniers messages du corbeau et ne pouvait donc pas se déplacer.

Et puis, un jour, vient l’irréparable… En novembre, Madame Gibert et son mari prétendent dans une lettre être le fameux " Oeil de tigre ", alors qu’il n’en est rien ! Elle encaisse bien la nouvelle, ce qui n’est pas le cas de son mari qui, quelque temps plus tard, sombre dans la folie et se fait interner dans un institut psychiatrique où il meurt trois semaines plus tard, le 24 décembre. A cet instant, c’est le drame : toute la ville est endeuillée. Auparavant, les villageois prenaient toute cette histoire sur le ton de la plaisanterie.

En novembre 1922, Jean Laval, chef de service de la préfecture, va trouver le juge qui s’occupe de l’affaire suite au décès d’Auguste Gibert, en lui expliquant que deux commerçants ont reçu deux lettres dont il lui communique le contenu et l’invite à aller jeter un œil chez eux. Ces derniers sont stupéfaits car ils n’en ont parlé à personne. En fait, c’est Angèle, la sœur de Jean, qui lui en a parlé. Comment Angèle peut-elle connaître le contenu des lettres qui n’ont été divulguées à personne ? C’est de cette façon qu’Angèle Laval s’est trahie : en définitive, c’est elle " l’Oeil du tigre" !

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