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Belges du bout du monde

Cinq siècles après Charles-Quint, Mélanie débarque en Asturies !

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C’est sur la côte atlantique espagnole, dans les Asturies, que nous emmène Adrien Joveneau pour cette émission des Belges du Bout du Monde ! Une région dont on parle peu… Un petit paradis naturel qu’a découvert, presque par hasard, Mélanie Moers, une jeune belge, professeur de langues, mais aussi artiste qui a remporté le prix de la meilleure chanson folk asturienne. Avec Anne Pollard, nous irons à la rencontre de la romancière Caroline Lamarche qui, dans son dernier roman, l’Asturienne, parle de ce lien qui unit la Belgique et les Asturies.

Mélanie a toujours eu le goût du voyage et de la musique

Elle a vécu toute son enfance et son adolescence dans un petit village de la commune d’Hannut, en province de Liège et a fait des études de philosophie à l’ULB. En première année de licence, elle est partie à Madrid faire un ERASMUS… C’est là que tout a commencé.

Elle est rentrée en Belgique pour terminer ses études et son mémoire et a décidé de repartir en Espagne.

Se dirigeant vers le sud de l’Espagne, elle est passée, un peu par hasard par les Asturies, grande méconnue à l’étranger, dont elle est immédiatement tombée amoureuse. Ses paysages, où l’on peut voir en même temps la mer et la montagne, l’ont fascinée. De plus, les Asturiens sont très chaleureux et accueillants.

Lors d’un séjour de 9 mois au Costa Rica, en 2011-2012, elle a vécu, durant un mois, dans un village indigène Bribri et leur a appris à jouer de l’ukulélé. C’est une des expériences les plus marquantes de sa vie.

Quand elle est rentrée en Asturies, en 2013, elle a ouvert son académie de langues à Villaviciosa, Yellow Submarine Academia de Idiomas, où l’on enseigne l’anglais, le français, l’allemand, l’espagnol pour étrangers, et… Le ukulélé !

Bienvenue dans les Asturies

A la découverte des Asturies avec Mélanie Moers

Extrait des Belges du Bout du Monde

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Une Espagne différente, Atlantique, au bord du Golfe de Gascogne. La mer, la montagne, la forêt et les falaises ; une principauté aux airs celtiques et ibériques entre Galice et Pays basque. C’est là que Mélanie Moers a décidé de s’installer, de construire une famille, de créer une école de langues et une vie riche de musiques, de rencontres et de joie. Elle donne rendez-vous à Adrien au petit matin tout en haut de la colline, sur le mirador de fitu, un point de vue impressionnant située sur la Sierra Del Sueve, qui met directement Adrien dans l’ambiance.

Mirador del Fitu dans les Asturies Espagne
Cinq siècles après Charles-Quint, Mélanie débarque en Asturies !
Cinq siècles après Charles-Quint, Mélanie débarque en Asturies !
Cinq siècles après Charles-Quint, Mélanie débarque en Asturies !
Cinq siècles après Charles-Quint, Mélanie débarque en Asturies !

Adrien découvre les Asturies de Mélanie qu’elle a elle-même découvert un peu par hasard il y a 16 ans

Quitter Hannut et tout laisser derrière soi, il fallait le faire. Mais à la clé, ces paysages, cette nature et cette atmosphère… Difficile à décrire, mais facile de comprendre pourquoi elle a choisi d’y rester. Dans l’estuaire de Villaviciosa, un lieu de nature préservé unique en Europe, ils embarquent sur un petit bateau qui longe la côte.

Cinq siècles après Charles-Quint, Mélanie débarque en Asturies !
Cinq siècles après Charles-Quint, Mélanie débarque en Asturies !

Le petit port historique de Tazones, au nord de Villaciosa

Tazones, un petit port de pêcheurs très typique de la région. C’est là que Charles Quint a débarqué en 1517. Adrien et Mélanie retrouvent Christina qui est la Présidente de l’Association de la Commémoration du débarquement de Charles Quint. Habitante de Tazones, Christina est passionnée par l’histoire, à tel point qu’elle fait des reconstitutions chaque année de cet événement qui se tient dans la ville asturienne depuis trois décennies. Des centaines de spectateurs revivent le moment où Charles Quint, alors héritier de la Couronne de Castille, arriva sur les côtes espagnoles pour récupérer ce qui lui appartenait par héritage. Et le premier endroit où il débarqua est le village asturien de Tazones le 19 septembre 1517.

Les habitants du village ont d’abord pensé que le débarquement de l’empereur était une attaque.

Une fois la vérité connue, l’empereur partit du village de pêcheurs de Tazones pour Villaviciosa où il passa sa première nuit et se reposa pendant quelques jours.

À l’époque Tazones était un important port baleinier, aujourd’hui cet endroit a gardé son cachet de village de pêcheurs où les habitants honorent toujours la mémoire de celui qui parlait espagnol à Dieu, italien aux femmes, français aux hommes et allemand à son cheval.

Tazones
Cinq siècles après Charles-Quint, Mélanie débarque en Asturies !
Cinq siècles après Charles-Quint, Mélanie débarque en Asturies !
Phare de Tazones
Phare de Tazones Getty images

Direction Gijón, la capitale culturelle des Asturies

Une grande ville, entre modernité et traditions. Mélanie emmène Adrien à la rencontre de Jean-Baptiste, un cousin qui y a posé ses valises après avoir parcouru les Amériques. Visiblement l’aventure chez elle, c’est de famille…

Gijón est une grande ville côtière du nord de l’Espagne. Elle est connue pour son patrimoine maritime et son ancien quartier des pêcheurs, Cimadevilla. La colline de Santa Catalina possède un parc avec une sculpture à son sommet. Datant du XVIIIe siècle, le palais de Revillagigedo abrite un centre artistique international. Il est adjacent à la collégiale San Juan Bautista, aujourd’hui transformée en salle de concert. À proximité se trouve la tour de l’horloge, érigée au XVIe siècle, avec un musée consacré à la ville.

Cinq siècles après Charles-Quint, Mélanie débarque en Asturies !
Cinq siècles après Charles-Quint, Mélanie débarque en Asturies ! Pol Michel
Cinq siècles après Charles-Quint, Mélanie débarque en Asturies !
Cinq siècles après Charles-Quint, Mélanie débarque en Asturies !

Si les réseaux ne vous atteignent pas, construisez vos propres réseaux

A Sietes, Adrien et Mélanie retrouvent le compagnon de Mélanie, César, originaire d’Oviedo. En pleine campagne, il a créé, il y a environ 8 ans, Sestaferia, une coopérative sans but lucratif, qui permet aux villageois d’accéder à internet. Sans cette coopérative, ces petits villages de montagnes, non desservis par les grosses compagnies de télécoms, seraient vraiment coupés du monde.

La coopérative a reçu de nombreux prix en reconnaissance du projet qui aide à améliorer la vie dans les milieux ruraux.

Cinq siècles après Charles-Quint, Mélanie débarque en Asturies !
Cinq siècles après Charles-Quint, Mélanie débarque en Asturies !

Mélanie Moers, professeur de langues mais aussi musicienne...

En 2013, Mélanie a commencé à jouer avec le groupe Fabes de Mayo. En 2015, ils ont reçu le prix de la meilleure chanson folk de l’année pour un morceau de sa composition, "La neige qui tombe" (qu’elle a composé en Belgique un jour de neige).

Depuis, même si le groupe n’est pas un groupe de musique traditionnelle asturienne, il a trouvé sa place dans le panorama de la musique folk.

Mélanie joue aussi dans un groupe de jazz manouche, qui interprète du Django Reinhardt et des musiques tziganes.

Elle a également un projet musical en solitaire qui s’appelle Como un pez en el agua (Comme un poisson dans l’eau) - A one woman band, où elle joue de tous ses instruments (contrebasse, ukulélé xylophone, accordéon, piano et autres petits instruments) et elle construit ses chansons en direct grâce à une machine qui s’appelle "loop station". Certains morceaux sont instrumentaux et sur d’autres, elle chante en mettant plusieurs voix, comme, par exemple dans cette chanson "Love is something sweet", mais c’est avec différents groupes qu’elle se produit le plus souvent. Pour elle, la musique a été un véritable outil de connexion et d’intégration dans la région. Ses compagnons de route sont aussi typiques et chaleureux que leurs instruments.

Cinq siècles après Charles-Quint, Mélanie débarque en Asturies !
Cinq siècles après Charles-Quint, Mélanie débarque en Asturies ! Pol Michel

Une maison passive sur une petite montagne dans la région de Villaciosa

Cinq siècles après Charles-Quint, Mélanie débarque en Asturies !

L’année dernière, Mélanie et César ont fait construire une maison passive dans un tout petit village qui appartient à la commune de Villaviciosa. Une maison passive 100% bois, presque pas de murs, des grandes baies vitrées avec une vue à 360°. On voit toute la vallée qui est très boisée. Derrière, on voit la Sierra del Sueve et quand c’est bien dégagé on arrive à voir aussi les Pics d’Europe au loin. Et la mer

Ils ont aussi, à côté de la maison un potager communautaire qu’ils utilisent avec 4 autres familles du village.

Pierre et Marie Boutonnet, naturalistes dans les monts cantabriques au cœur des Asturies

Quelques minutes en voiture et la plaine se transforme brutalement en montagnes aux sommets enneigés. C’est aussi ça les Asturies, les contrastes, les éléments déchaînés, une incroyable variété de paysages ramassés sur quelques kilomètres. Pierre et Marie Boutonnet, guides nature français, y ont trouvé, tout ce dont ils ont toujours rêvé.

Pierre Boutonnet, guide naturaliste depuis 20 ans, est passionné de vie sauvage en général et des vertébrés, en particulier. Il organise et guide des voyages naturalistes dans le monde depuis plus de 20 ans.

Installé en famille depuis peu dans les Asturies en Espagne, il gère un gîte remarquable, la Casa Folgueras, et s’adonne à sa passion des ours bruns et de tous les mammifères carnivores.

Son épouse, Marie Duquesnay, naturaliste passionnée, nous racontera une de ses plus belles rencontres avec un plantigrade...  Elle craque pour les ours, comme nous pour Mélanie Moers !

L’ours en famille, de Pierre Boutonnet

Extrait des Belges du Bout du Monde

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Cinq siècles après Charles-Quint, Mélanie débarque en Asturies !

Les spectaculaires geysers marins des Asturies

Sur le site des Bufones de Pria le vent se lève, les vagues frappent les récifs, et de véritables geysers d’eau de mer jaillissent des failles des falaises calcaires érodées. Dans ce cadre magique, le climat rigoureux donne encore plus de caractère aux plages sauvages. Les Asturies sont la terre de ceux qui aiment l’aventure, la vraie, celle pleine d’embruns qui font plisser les yeux, celle qui donne froid puis réchauffe le cœur.

Cinq siècles après Charles-Quint, Mélanie débarque en Asturies !
Cinq siècles après Charles-Quint, Mélanie débarque en Asturies !
Cinq siècles après Charles-Quint, Mélanie débarque en Asturies !

Anne Pollard a rencontré Caroline Lamarche et son récit "L’Asturienne"

L’Asturienne du nom de cette société belge "L’Asturienne des mines" fondée en 1853 et qui, pendant 150 ans a exploité les mines de charbons et de zinc dans les Asturies. Sa famille était vraiment pionnière là-bas et elle jetait des ponts entre Liège et les Asturies. C’est cette histoire qu’elle raconte dans son ouvrage.


►►► À lire aussi : L’Asturienne, le nouveau récit de Caroline Lamarche : quand l’héritage devient œuvre littéraire


 

Livre "L'Asturienne" de Caroline Lamarche

L’Asturienne, Editions Les Impressions Nouvelles

Caroline Lamarche déroule la saga d’une famille apparue à Liège au début de la révolution industrielle et pionnière de la métallurgie du zinc dans la province espagnole des Asturies.
Arpentant une époque qui annonce le grand capitalisme et son cortège d’inégalités, elle raconte les travaux et les jours de ces aventuriers, à la fine pointe d’une Europe qui nourrit encore des rêves d’expansion.
Les fortes personnalités qu’elle aborde, les voix féminines qu’elle relaie, l’hommage rendu à un père qui lui a ouvert le chemin des archives, font d’elle l’héritière éclairée d’une légende familiale passionnante et cosmopolite. Les témoins vivants qu’elle sollicite bousculent le tableau et en questionnent les pans cachés dont elle rend compte avec lucidité, consciente d’être égarée entre deux mondes.

Goûtez au dépaysement proposé par Adrien Joveneau et les Belges du bout du monde à 9 heures le dimanche en Radio sur La Première, dès 10 heures en podcast sur Auvio et sur La Une TV à 14h10. Retrouvez les histoires et les bons plans de centaines de Belges qui vivent aux quatre coins du monde sur la Carte des Belges du Bout du Monde.

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