Belgique

Christie Morreale, sur la reprise de l'épidémie de coronavirus : "J’espère que le CST permettra de tenir le choc"

21 oct. 2021 à 19:27 - mise à jour 22 oct. 2021 à 08:02Temps de lecture5 min
Par Jean-François Noulet

Christie Morreale (PS) était l’invitée de l’émission Jeudi en Prime, ce jeudi, sur la Une, après le Journal télévisé. La ministre wallonne de la Santé et de l’Emploi est revenue sur la situation sanitaire, la vaccination, le Covid Safe Ticket alors que l’épidémie de coronavirus et le spectre d’une quatrième vague alimentent les débats ces derniers jours.

Dans la quatrième vague ?

Le ministre fédéral de la Santé, Franck Vandenbroucke n’a cessé, ces derniers jours d’appeler à la vigilance car la Belgique serait entrée dans une quatrième vague de l’épidémie de Coronavirus

"C’est ce que tout le monde prédit. Les modèles mathématiques savaient qu’on est dans une période charnière et que l’automne, jusqu’à décembre, sera une période critique", explique Christie Morreale. Il faut, donc, selon elle, être attentif pour ne pas basculer dans une nouvelle période qui viendrait saturer le système hospitalier.

Plusieurs facteurs se conjuguent pour faciliter la progression du virus. Il y a la météo automnale qui pousse les gens à se calfeutrer dans les habitations et à moins ventiler. ll y a aussi "le fait qu’on a levé une série de mesures qui font que les gens ont tendance un peu tôt à enlever les gestes barrières", poursuit la ministre. On a aussi un virus, avec le variant Delta qui est beaucoup plus contagieux.


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Il faut donc, dit la ministre, "augmenter le taux de vaccination". "On est à 82% de Wallons, c’est bien, mais on doit pouvoir augmenter encore", ajoute la ministre wallonne de la Santé.

La semaine prochaine, le 29 octobre, un nouveau Comité de concertation se tiendra. Faut-il s’attendre à de nouvelles restrictions, de nouvelles fermetures ? "Non, on doit surtout éviter les fermetures", "on doit garder des règles de distanciation et convaincre des personnes d’aller se faire vacciner", estime-t-elle.

La Région wallonne assurera le suivi du testing dans les écoles

L’un des enjeux du moment, c’est la maîtrise de la propagation du coronavirus dans les écoles. Ces derniers jours, en Fédération Wallonie-Bruxelles, les PSE, les Services de Promotion de la Santé à l’école (la médecine scolaire) ont décidé de ne plus assurer le suivi des cas positifs dans les écoles.

La Région wallonne prendra le relais. "Il faut", répond la ministre Morreale, "parce que le tracing, c’est un enjeu de santé publique majeur, extrêmement important""Ce sera fait d’ici début novembre". "D’ici-là, je demande que Mme Linard et les services des PSE assurent le service, parce qu’on ne peut pas se permettre, en pleine période de remontée des contaminations, de ne pas suivre les personnes, les enfants pendant deux semaines", ajoute Christie Morreale.

Quant à la ministre de l’enfance en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bénédicte Linard, elle réclamait en début de semaine qu’on relâche la pression sur les écoles et les enfants, en matière de testing et de quarantaine. "Objectivement, je pense que c’est dangereux", répond la ministre wallonne Christie Morreale. "Le tracing et le respect de la quarantaine sont des choses importantes qui vont de pair", estime Christie Morreale. 


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Elle ajoute qu’on doit "protéger les enfants pour ne pas mettre une pression trop forte sur eux" et on doit aussi "travailler à des mesures aussi avec campagnes de vaccination sur les adolescents", ajoute la ministre wallonne.

Quant aux PSE, "ils doivent faire leur travail", affirme la ministre, reconnaissant qu'il s'agit d'une tâche compliquée, qui demande à tous "de sortir de sa zone de confort""On va trouver une solution dans l’intérêt de la santé des enfants, de leurs parents et éviter de fermer les secteurs, mais il faut qu’il faut qu’ils poursuivent leur travail jusqu’au bout", estime la ministre wallonne de la Santé.

Les règles pourraient-elles encore changer dans les écoles ? "Ce sera en discussion la semaine prochaine. On est prêt à tout rediscuter, mais je pense que le tracing est un moment clé", poursuit la ministre, rappelant l’exemple récent d’un foyer de contamination dans une école en Flandre avec une centaine de cas.

Le Covid Safe Ticket élargi : nécessaire

La Région bruxelloise et la Région wallonne ont décidé d’instaurer un Covid Safe Ticket élargi, par exemple dans l’Horeca et les salles de sport. La Flandre ne suit pas ce mouvement pour le moment. "Inévitablement, j’ai le sentiment que tout le monde ira vers un système de pass sanitaire", estime Christie Morreale.

En Région wallonne, "c’était le moment de le faire", déclare la ministre. "Il faut pouvoir réduire le risque et c’est un outil de réduction du risque", dit-elle. Et "il permet de rassurer des secteurs".

Quant aux craintes relatives à la protection des données, Christie Morreale les balaie. "La Santé publique est au cœur des priorités et c’est l’enjeu majeur. On prend des mesures en fonction de ça et on essaye de garantir la sécurité au maximum", affirme-t-elle. "On a répondu aux demandes du Conseil d’Etat et aux interrogations de l’autorité de protection des données. On a vraiment essayé de justifier au maximum quelle était la proportionnalité, ce que le Conseil d’Etat n’a pas démenti", estime la ministre pour qui "nous sommes dans un Covid Safe Ticket assez light par rapport à d’autres pays".

La vaccination obligatoire ? Pas à l’ordre du jour, sauf pour le personnel soignant

Pour les soignants, "la vaccination obligatoire est en cours d’être votée", précise la ministre. Le dossier est sur la table du gouvernement fédéral est devrait être voté "d’ici la fin de l’année, début de l’année prochaine", selon ce que prévoit le ministre fédéral de la Santé Franck Vandenbroucke.

Christie Morreale rappelle que les soignants sont déjà majoritairement vaccinés. "Plus de 84% des soignants. Dans les unités de soins intensifs, dans les médecins généralistes, c’est quasi 94%, les pharmaciens aussi", précise la ministre. Il ne reste donc "qu’une petite partie" de non-vaccinés parmi les soignants, "mais c’est important qu’ils puissent travailler en toute sécurité et ne pas mettre en danger les personnes plus fragiles qu’ils soignent", poursuit Christie Morreale.


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Pour ce qui d’une obligation vaccinale pour tous, "ce n’est pas un tabou, mais ce n’est pas à l’ordre du jour", déclare Christie Morreale. "La vaccination obligatoire devra être sur la table si le système craque", ajoute la ministre. "J’espère que le CST sera un outil qui permettra de tenir le choc pour cet automne et cet hiver", dit-elle. Et d’expliquer qu’actuellement, la situation n’est pas comparable à celle de l’an dernier, même si les contaminations et le nombre d’hospitalisations augmentent. "Les chiffres montrent que le vaccin est efficace à 90% sur les formes sévères et à 70% sur l’ensemble des contaminations", poursuit la ministre.

Elle insiste ainsi pour que les personnes qui sont invitées à recevoir une troisième dose de vaccin y répondent. Le Conseil Supérieur de la Santé a, jusqu’à présent, recommandé cette troisième dose pour les + de 65 ans et les personnes qui ont un système immunitaire plus faible. Il se prononcera prochainement sur l’intérêt de cette troisième dose pour le personnel soignant et pour le reste de la population.

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