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Christelle Meuris regrette : « On n’a absolument pas abordé les soins de santé »

14 mai 2020 à 07:12Temps de lecture2 min
Par Claire Verstraete

Entre sentiment de soulagement et inquiétude, le dernier conseil national de sécurité soulève de nombreuses interrogations. Retrouver une vie sociale et une vie économique est urgent mais à quel prix ? Est-ce que la Belgique a raison d’avancer comme elle le fait dans le déconfinement ?

Christelle Meuris, infectiologue au CHU de Liège, estime que le message du conseil national de sécurité est confus. " La première impression qu’on a en tant que soignant, c’est que le déconfinement est un peu rapide. On a vécu une première vague, on espère ne pas en avoir une deuxième. En tout cas, pas de manière très rapprochée. " 

Outre les nouvelles mesures annoncées, comme la reprise des salons de coiffure ou le sport collectif, Christelle regrette surtout l’absence de messages essentiels :

" Les messages clefs ne sont pas réexpliqués à la population. Surtout ceux qui concernent les risques qu’il y a, à aller trop vite dans le déconfinement et dans nos relations aux autres. "

On n’écoute pas les gens de terrain ?

Christelle réagit : " Moi en tout cas, je n’ai pas l’impression qu’on soit écouté ! Et par ailleurs, j’aimerais souligner que dans cette conférence de presse on n’a pas parlé des hôpitaux ni des maisons de repos. "

La spécialiste s’inquiète du manque de questionnement concernant les hôpitaux, notamment à propos de leur vision sur les semaines à venir, leur manière d’organiser les soins ou encore les visites.

 On n’a absolument pas abordé les soins de santé. 

La Belgique a-t-elle, pour autant, le feu vert du déconfinement ?

Yves Coppieters sur le plateau de Questions en prime

Yves Coppieters, professeur de santé publique à l’ULB, estime quant à lui que le déconfinement est raisonnable sur un plan épidémiologique : " Nous suivons les mêmes courbes que d’autres pays qui sont aussi en déconfinement. Il faut regarder ce qui se passe ailleurs pour voir si nous évoluons dans le bon rythme. "

Le professeur émet toutefois une réserve quant à la disponibilité des outils qui doivent accompagner ce déconfinement : " Notre stratégie de testing n’est toujours pas optimale en matière de couverture et le contact-tracking, indispensable dans le déconfinement, n’est lui non plus pas encore optimal. "

Malgré une courbe qui ralentit, les experts rappellent l’importance de ne rien précipiter car le virus est toujours bien présent et reste dangereux. 

Rendez-vous sur cette page pour connaitre tous les détails de la phase 2 du déconfinement.

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