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Christelle Meuris, infectiologue : "Tout rouvrir sans aucune forme de procédure, c'est dangereux"

Christelle Meuris, infectiologue : "Tout rouvrir sans aucune forme de procédure, c'est dangereux"

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27 avr. 2020 à 16:51 - mise à jour 27 avr. 2020 à 18:22Temps de lecture2 min
Par Am.C.

Le calendrier a été annoncé vendredi dernier par Sophie Wilmès, la Première ministre, à l’issue d’un Conseil National de Sécurité : le déconfinement se fera en plusieurs phases avec, dans un premier temps, les commerces (le 11 mai), suivis entre autres des écoles et des retrouvailles entre proches (le 18 mai). Et ce à des conditions strictes.

Mais cette stratégie est-elle la bonne ? Dans le milieu politique et scientifique, le sujet fait débat.


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Pour Christelle Meuris, infectiologue au CHU de Liège, le déconfinement tel qu’il est envisagé en Belgique présente un risque. "On prend des mesures une semaine après l’autre alors qu’on n’a eu de cesse de répéter qu’il faut deux semaines pour voir l’impact", commence-t-elle sur le plateau du journal télévisé de 19h30 ce lundi.

Elle poursuit : "Tout rouvrir sans aucune forme de procédure, c’est dangereux, même si je peux entendre la pression économique."

Selon cette spécialiste, il serait "plus logique" d’inverser les dates et de commencer par le rapprochement intrafamilial avant d’ouvrir les magasins. "On va permettre aux gens d’avoir des contacts bon gré mal gré avec des gens qu’ils ne connaissent pas encore dans un grand magasin, dans une rue commerçante…", déplore-t-elle.

D'abord les proches, puis les commerces ?

"Je pense qu’on est de nombreux spécialistes de terrain à préférer ce qui avait été proposé au départ, c’est-à-dire d'abord se rapprocher de son tissu social et familial avant de croiser des inconnus qui ne porteront peut-être pas de masque et seront peut-être à moins d’un mètre de nous."

Christelle Meuris estime que "les Belges ne sont pas prêts. Tout le monde n’a pas encore son masque et on n’a pas encore expliqué à la population comment utiliser un masque." Sans compter que dès la réouverture des magasins, "toute une série de gens vont juste aller se balader".

Signalons au passage que des masques en tissu seront remis à la population. Le gouvernement fédéral a chargé la Défense d'en commander et d'en distribuer 12 millions.

Le risque, pour l’infectiologue, c’est aussi que les hôpitaux doivent affronter une deuxième vague alors qu’ils se remettront tout juste de la première. "Il y a un risque à ce niveau-là. J’ai peur que ça soit trop vite et que les hôpitaux ne soient pas capables psychologiquement de revivre cette vague-là à si peu de semaines d’intervalle."

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