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Belgique

Chômeurs: "Le contrôle du Forem sera plus efficient et plus humain"

Chômeurs: "Le contrôle du Forem sera plus efficient et plus humain"
27 nov. 2014 à 07:53 - mise à jour 27 nov. 2014 à 08:113 min
Par Julie Calleeuw

Alexander De Croo a lancé un pavé dans la mare mercredi : pour lui, les salaires des top managers des entreprises publiques ne doivent pas être plafonnés, les conseils d’administration doivent pourvoir décider. Une proposition qui a fait bondir opposition et syndicats. En tant que dirigeante d’une grande entreprise publique, Marie-Kristine Vanbockestal, estime de son côté que les salaires doivent bien être limités, mais pas par les politiques. "Effectivement, à partir du moment où une entreprise est sur le marché concurrentiel, même publique, elle doit pourvoir reprendre la main sur la compétence. Mais il faut raison garder, il y a une question de proportionnalité par rapport à l’environnement, à notre population qui en cette période crise voit le salaire moyen diminuer. Il y a un minimum de décence à avoir…"

Le budget et le fonctionnement du Forem sont souvent la cible des critiques du MR, dans l’opposition en Wallonie, qui les qualifient d’"opaques". Mais Marie-Krisitine Vanbockestal estime qu’elle n’a rien à se reprocher. "Nous communiquons nos chiffres. La meilleure preuve en est que la Cour des comptes nous a dit que notre budget avait été correctement calculé. J’ai transmis les chiffres. Les ministres sont libres de communiquer au Parlement ce qu’ils souhaitent". Elle se dit cependant prêt à aller s’expliquer devant le Parlement wallon : "Je suis un serviteur de l’Etat et si je dois rendre des comptes devant les représentants du peuple, j’irai".

Elle tient cependant à relativiser. "Le Forem est le plus gros organisme public wallon. On attend beaucoup de lui, il représente de l’espoir. C’est plus facile de tirer sur les grosses cibles. Mais soyons précis : nous avons un budget de 2,3 milliards. Mais en fait c’est près de 2 milliards d’aides publiques financières directes, des aides qui vont direcement dans la poche des chômeurs. Ce n’est pas le fonctionnement du Forem qui coûte autant…"

"C’est toujours la crise"

Actuellement, il y a 238 000 demandeurs d’emploi dont 200 000 indemnisés en Wallonie. Mais, "depuis deux ans le nombre d’offres d’emploi diminuent. Il y a une moyenne de 120 000 offres gérées en direct par le Forem, et le double quasiment qui viennent des prestataires privés, dont l’interim". Pas assez d'emploi pour tout le monde donc.

Mais petite lueur d’espoir : "Depuis trois, quatre mois, la demande d’emplois baisse en Wallonie. En particulier celle des jeunes, qui baisse depuis 14 mois de manière constante", explique Marie-Kristine Vanbockestal. "Nous sommes dans une période de crise. En 2008, nous avions 201 000 demandeurs d’emplois indemnisés. Aujourd’hui 200 000. Nous avons quand même diminué en six ans de crise".

Cependant, note-t-elle cette diminution ne peut pas être forcément attribuée à une amélioration du marché de l’emploi. "Ne nous leurrons pas, il y a aussi des phénomènes d’exclusion. Et si le chômage de jeunes diminue, c’est peut-être lié à ça, avec les nouveaux mécanismes de contrôle. Et le chômage des plus âgés augmente, c’est probablement lié aux grosses restructurations dans l’industrie lourde ces dernières années".

Que faut-il faire ? Quelles solutions préconisent l’administratrice générale du Forem pour faire bouger les choses ? "Il faut savoir dire aux gens ce qu’est le marché de l’emploi aujourd’hui, mais surtout ce qu’il sera demain. Il y a deux éléments à rencontrer pour résoudre cette problématique du chômage : créer de l’emploi avec des politiques économiques vigoureuses qui, avec des aides directes ou autre, permettent à des entreprises de s’installer. Ensuite, il faut mettre à disposition des entreprises des compétences, des qualifications. Là, il y a le rôle de l’école et celui du Forem".

Faut-il être plus ferme avec les chômeurs ? Plus les contrôler ? Avec la nouvelle réforme de l’Etat, le Forem va récupérer cette compétence qui dépendait avant de l’ONEM. Comment Marie-Kristine Vanbockestal compte-t-elle l’appliquer ? "Nous allons mettre en place un système efficient. Aujourd’hui l’ONEM contrôle, et c’est un contrôle systématique de tout le monde. Le Forem accompagne les demandeurs d’emploi et transmet certaines informations à l’ONEM. Moi je voudrais que le contrôle se fasse de manière plus ciblée. L’ONEM va nous envoyer quelque 180 contrôleurs. Moi je propose qu’une partie des contrôleurs devienne accompagnateurs. Nous serons fermes, mais je veux un système plus efficient et plus humain".

Ecoutez l’interview :

J.C.

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