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"Choirs of Nemesis", le retour de Guilt, enfin libéré de ses démons

"Choirs of Nemesis", le retour de Guilt, enfin libéré de ses démons

Guilt est de retour en version full band ! François Custers s’est libéré de ses propres démons et s’est entouré de musiciens ultra-talentueux pour donner un nouveau souffle à son projet. Découvrez ci-dessous "Choirs of Nemesis", un premier single qui annonce un EP très prometteur.

On est heureux de retrouver un François Custers serein et confiant mais surtout, prêt à sortir les morceaux qu’il a si souvent planqués au fond du tiroir. L’auteur, compositeur est plus déterminé que jamais à vous mettre une claque musicale avec son projet qui répond au nom doux-amer de "Guilt" (que l’on peut traduire par culpabilité): "J’ai choisi Guilt comme nom de scène pour deux raisons. La première fait écho à mon parcours personnel et à toutes ces années où j’ai culpabilisé de ne pas oser faire de la musique, de ne pas oser me lancer. La deuxième interroge la dimension sociétale de ma culpabilité, celle d’un homme blanc européen qui questionne ses privilèges."

Des chansons, François en écrit et en compose depuis toujours : "Je ne viens pas d’une famille musicale. La musique je m’y suis mis vers 13-14 ans. J’ai appris la guitare seul et dès le début, j’ai créé mes propres chansons, mes propres accords. J’ai même mis beaucoup de temps à apprendre à jouer les chansons des autres…" En près de 20 ans, l’artiste a rempli de nombreux carnets de poèmes et de textes. L’écriture est pour lui un véritable exutoire. Il écrit avec ses tripes. "Ecrire est une réelle nécessitéJ’aime écrire de la poésie suggestive et convoquer des images. C’est comme si j’étais happé par des visions. Le fait que ce soit suggestif, laisse à chacun la possibilité d’avoir sa propre interprétation du morceau. Je n’ai pas envie de dire aux gens ce qu’ils sont censés voir ou comprendre dans mes textes. J’ai envie de laisser une porte ouverte."

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Si François Custers a d’abord lancé Guilt en solo, aujourd’hui, il opère un retour en full band et on ne peut que valider le choix. François s’est en effet entouré de très bons musiciens pour donner un nouveau souffle à son projet : en plus des sonorités folks à la base du projet, on retrouve à présent des influences post-rock, du jazz et du hiphop. Un bon mélange de toutes les références musicales de François mais aussi des différentes expériences d’Antoine Flipo et de Martin Grégoire (Glass Museum), de Pierre Van Vlaenderen (Endless Dive) et de Jeremy Debuysschere (Jean-Paul Groove, Indigo Mango) qui l’accompagnent désormais dans l’aventure. "J’ai longtemps essayé de monter des groupes mais ce n’était jamais concluant. Avec le temps, j’ai pu comprendre que j’étais coresponsable de cet échec, même si à l’époque, j’ai beaucoup blâmé les autres" confie François Custers.

Le perfectionnisme m’a longtemps paralysé.

Aujourd’hui, François Custers arrive enfin à laisser place à d’autres musiciens et d’autres idées et ça lui fait du bien: "Avec Antoine on a vraiment eu un coup de foudre musical. On a fait une première résidence de création et dès la première seconde on s’est entendus musicalement parlant. Aujourd’hui, il prend le rôle de producteur et pour quelqu’un comme moi qui est habitué à être control freak, ça me fait du bien de lui laisser les commandes. Ensuite, les autres musiciens nous ont rejoints. Il y a une réelle dynamique de groupe qui fonctionne bien. Il faut dire que ce sont tous d’excellents musiciens et que j’ai vraiment confiance en leurs capacités. Guilt reste bien évidemment mon projet, avec des lignes directrices qui viennent de moi, mais je laisse désormais beaucoup plus de place aux inputs des autres."

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Etre diagnostiqué bipolaire a été un gros choc.

Cette nouvelle dynamique transparaît bien dans "Choirs of Nemesis", la toute première live session en full band que Guilt vient de sortir. "C’est la première fois que je me retrouve sur scène sans instrument, juste pour chanter. C’est Antoine qui a composé le morceau, je me suis juste occupé des paroles et de la voix. On a choisi de sortir celui-là en premier car ce morceau montre l’étendue de nos influences, on sent bien la rupture avec l’écrin folk des débuts de Guilt." On reconnaît par contre la plume de François Custers qui signe ici un texte profondément intime pour raconter son combat quotidien contre la bipolarité. Sous forme de métaphores poétiques, François fait état de sa lente descente aux enfers. Dans "Choirs of Nemesis" elle prend la forme d’un champ de bataille et d’un étau qui se resserre lentement autour de lui. "C’est vrai que mes textes sont fort autobiographiques et que j’écris beaucoup sur la bipolarité. Parfois, je le fais même sans m’en rendre compte et en même temps, ce diagnostic a vraiment été un gros choc dans ma vie, donc c’est normal que j’écrive naturellement dessus. De plus en plus d’artistes parlent ouvertement de leurs problèmes de santé mentale et je pense que c’est vraiment salvateur: autant pour nous, que pour ceux qui nous écoutent."

La performance, filmée par la talentueuse Morgan Liesenhoff, donne envie de découvrir le band en live. Et ça tombe bien, car Guilt vient d’annoncer sa première date ! Rendez-vous le 20 mars prochain au Botanique pour la sortie de l’EP. Si bien entouré, cette nouvelle mouture du projet de François Custers ne peut faire que des étincelles !

En attendant, n’hésitez pas à suivre le groupe sur les réseaux : Facebook @guiltbrussels / Instagram @guiltbrussels / Youtube

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