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Week-end Première

Chocolatier : un métier magique

Chocolatier : un métier magique
06 déc. 2021 à 06:303 min
Par Olivier Marchal

Qu’il soit en poudre ou en tablette, à tartiner ou en praline fondante, le Chocolat rythme nos vies et égaie les fêtes. Avec Olivier Marchal, sociologue et directeur de la Cité des Métiers de Charleroi, on découvre, en ce jour de Saint-Nicolas, le métier de Chocolatier et sa longue et riche histoire.

Chocolat : une passion planétaire

Par sa composition chimique, le Chocolat active la production de l’hormone du bonheur. Les Allemands l’ont bien compris, puisqu’ils en sont les plus grands mangeurs de la planète avec 11 kilos par personne et par an, loin devant les Belges avec 6 kilos par an, et très loin devant les Chinois qui n’en mangeraient que 100 grammes.


Une passion très lucrative aussi qui générerait près de 72 milliards d’euros annuels, à travers un secteur dynamique et en croissance constante. Une passion ancienne enfin, dont le succès ne s’est jamais démenti.

Il y a 4000 ans déjà !

Au Mexique actuel, durant la période appelée antiquité mésoaméricaine, les civilisations Olmèque puis Maya cultivaient le cacao, et en faisaient une boisson mousseuse appelée " xocolatl " : qui signifiait " eau amère ".

Rapporté durant le seizième siècle par les conquistadors espagnols, le chocolat devient rapidement le péché mignon de la noblesse Espagnole qui tenta d’ailleurs, et pendant près d’un siècle, d’en cacher l’existence au reste de l’Europe.

Chocolat : entre magie, médecine et plaisir

Durant de longs siècles, le chocolat fut principalement consommé lors de cérémonies rituelles. Pour préparer les batailles, chasser les démons, contribuer à un rite de passage. Héritage mystique qui lui vaudra, une fois en Europe, d’être l’objet de méfiance et de rumeur.

D’être accusé de causer de la constipation, ou " trop de vapeurs aux femmes ". Mauvaise réputation qui vit Madame de Sévignée, dont la fille consommait du Chocolat de manière addictive, faire de cette addiction alimentaire la raison unique permettant d’expliquer la naissance, " de son fils, noir de peau".

Mais en parallèle de la méfiance et des rumeurs, la science aussi s’intéressa au Chocolat, le rangeant dans la catégorie des " drogues simples ".

Chocolat qui sera vendu ensuite et en masse, en pharmacie, augmenté de lichen, d’hydrate de fer, et autres substances médicinales, en tant que boissons purgatives, pectorales, stomachiques ou aphrodisiaques.

Une longue Histoire donc, qui fut d’abord et pour résumer : celle des mages et des dieux, puis des docteurs et des pharmaciens, pour devenir enfin et très tardivement, l’histoire d’un plaisir absolu, avec son métier attitré… Celui de Chocolatier.

Chocolatier : un métier qui en cache bien d’autres.

Pour avoir un bon chocolat, il faut, c’est logique : un bon chocolatier. Mais ce n’est pas suffisant, car : pas de bon chocolat sans matière première de qualité, produite en Amérique du Sud, en Afrique et en Inde. Pas de bon chocolat sans récolteurs et sans écabosseurs. Sans celles et ceux qui fendent la cabosse (fruit du cacaoyer) pour en extraire les précieuses fèves. Pas de bon chocolat non plus, sans transporteurs ni torréfacteurs (comme pour le café).

Et enfin, en effet : pas de délicieux chocolat sans l’artisan-chocolatier, employé ou indépendant, qui va créer le Chocolat en le mélangeant au sucre et au beurre de cacao, pendant parfois 72 heures, phase que l’on appelle le conchage, avant d’entrer dans le vif du Métier : travailler, mouler, sculpter, et sublimer le précieux liquide chocolaté.

Belgique et Chocolat : a love story

Le Chocolat fait partie des quelques produits à travers lesquels la Belgique s’extériorise dans le monde. Durant de nombreuses années, l’aéroport de Bruxelles fut d’ailleurs le plus gros vendeur de Chocolat du monde, écoulant 800 tonnes par an.

Avec un secteur en croissance annuelle constante en Belgique, c’est non seulement un métier de chez nous, mais aussi une activité qui demande de maîtriser la science de la fabrication, mais aussi faire preuve de créativité, de qualités gustatives, et de flexibilité car si chaque ménage Belge dépense en moyenne 140 euros de chocolat par an, les fêtes de fin d’année mobilisent, à elles seules, près de 15% des ventes.

De quoi être certain que dans les jours et les semaines qui viennent, il va y avoir du sport dans les Chocolateries. Déjà courage et mille mercis à tous les Chocolatiers du Royaume.

Susciter les vocations

Depuis plusieurs années, les émissions de télévision comme Top Chef, Le Meilleur Pâtissier ou encore Comme un Chef, se multiplient qui donnent aux métiers de bouches un regain d’intérêt et de réputation.

Ces émissions et leurs succès ont eu un réel effet sur les inscriptions en formations et de nos jours, partout à Bruxelles et en Wallonie, on peut devenir Chocolatier, Boulanger, Pâtissier, Cuisiner, en passant par l’enseignement professionnel, l’alternance ou la promotion sociale.

Du coup, quel que soit votre bagage ou votre âge, si vous entendez l’appel du chocolat, n’hésitez pas : il y a de l’emploi et des formations pour vous et pour ça.

Plus d’infos et de conseils sur le métier de Chocolatier et sur tous les métiers du monde, du lundi au vendredi, de 9 heures à 12 heures, sur Miti : la plateforme d’orientation en ligne entièrement gratuite de la Wallonie et de Bruxelles, ou bien dans vos Cités des Métiers préférées : Bruxelles, Charleroi, Liège et Namur.

 

 

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