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Chine : Human Rights Watch demande une enquête internationale sur le sort des Ouighours à Xinjiang

Cette image non datée publiée par la Fondation du mémorial des victimes du communisme le 24 mai 2022 montre des détenus gardés par la police alors qu'ils font la queue, apparemment en train de réciter ou de chanter, au centre de détention du comté de Teke
03 août 2022 à 15:49Temps de lecture2 min
Par Belga, édité par Anthony Roberfroid

Human Rights Watch a appelé mercredi le Conseil des droits de l'Homme à lancer une enquête sur les accusations de persécution des minorités musulmanes au Xinjiang en Chine, alors qu'un rapport de l'ONU est bientôt attendu.

"Le Conseil des droits de l'Homme devrait établir un organe d'experts indépendants pour enquêter sur ces abus. Cela nécessiterait une résolution du Conseil des droits de l'Homme", a déclaré la directrice par intérim de l'ONG à Genève, Lucy McKernan, lors d'un briefing.

"Et compte tenu de l'ampleur et de la gravité de ces abus, cette enquête doit avoir lieu le plus rapidement possible", a-t-elle ajouté.

Des études occidentales accusent Pékin d'avoir interné plus d'un million de Ouïghours et de membres d'autres groupes ethniques musulmans locaux dans des "camps de rééducation" au Xinjiang, voire d'imposer du "travail forcé" ou des "stérilisations forcées". 

La Chine nie toutes ces allégations et présente les "camps" comme des "centres de formation professionnelle" destinés à combattre l'extrémisme religieux et à former les habitants à un métier.

À la tête du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, Michelle Bachelet doit publier un rapport très attendu à ce sujet avant la fin de son mandat fin août.

Plusieurs ONG ont réclamé que l'ancienne présidente chilienne publie son rapport il y a quelques mois mais Mme Bachelet a préféré attendre de se rendre elle-même au Xinjiang.

Après avoir négocié pendant des années sur les conditions de sa visite au Xinjiang, elle s'y est finalement rendue en mai. Mais sa visite a fait l'objet de critiques des États-Unis et d'importantes ONG qui lui ont reproché son manque de fermeté à l'égard de Pékin et d'agir en tant que "diplomate" et non en tant que défenseure des droits de l'Homme.

"Nous avons été assez déçus par la Haute-Commissaire notamment en ce qui concerne sa réponse sur la Chine. C'est essentiellement le plus grand défi et test auquel elle a fait face en tant que Haut-Commissaire", a indiqué Mme McKernan.

"Pour qu'elle puisse garder la tête haute, nous pensons que le rapport doit être fort", a-t-elle assuré, estimant qu'il fallait pour cela que le document qualifie les abus de "crimes contre l'humanité" et demande une "enquête indépendante" du Conseil des droits de l'Homme.

Fin juillet, Mme Bachelet a démenti avoir reçu des pressions de la Chine pour l'empêcher de diffuser ce rapport, assurant qu'il serait publié avant la fin de son mandat.

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