Regions Hainaut

"Chez Miró, tout part d’une impression" : les œuvres épurées de l'artiste catalan s'exposent au BAM à Mons

Miro, un style naïf ? Non, épuré.

© P.W. – RTBF

07 oct. 2022 à 22:11 - mise à jour 08 oct. 2022 à 14:27Temps de lecture2 min
Par Pierre Wuidart

Après Andy Warhol, Niki de Saint Phalle et Fernando Botero (entre autres), un nouveau grand nom s’expose aux Beaux-Arts de Mons. Une centaine d’œuvres de Joan Miró sont rassemblées au BAM. Elles ont été choisies pour montrer "la relation entre l’artiste catalan qui a traversé le XXe siècle et l’art ancien", explique Victoria Noel-Johnson, commissaire de l’exposition. 

Car ce Barcelonais né en 1893 qui semble créer des tableaux naïfs, composés de formes organiques, des traits simples et souples et de couleurs pures s’inspire en réalité de tout un imaginaire accumulé au fil de ses voyages et de ses visites dans des musées et expositions. "On pourrait y voir une œuvre abstraite, mais en fin de compte, c’est une œuvre épurée. Chez Miró, tout part d’une impression", relève Xavier Roland, directeur du BAM.

Détail de Portrait d’une danseuse espagnole, 1921.
Victoria Noel-Johnson, commissaire de l’expo.
L’emblématique Maquette de foulard, 1964

Quatre portraits de femmes

Et de quoi s’inspire-t-il ? "D’un tas de courants", précise Victoria Noel-Johnson. "L’art primitif, l’art roman, la période de la Renaissance, l’âge d’or hollandais du 17e siècle, la calligraphie japonaise ou encore le cubisme et le fauvisme". Quatre portraits de femmes réalisés entre 1921 et 1974 montrent "comment son style et sa technique évoluent au cours de sa carrière. Miró passe d’une représentation figurative à une forme poétique où il privilégie l’essence de la figure".

À côté de toiles "classiques", comme la délicate Peinture (Elle et Lui) de 1925 ou l’emblématique Maquette de foulard, 1964, on trouve des peintures sur des supports inattendus, comme du papier journal (Personnage devant le soleil, 1975) ou même une huile sur peau de vache (l’impressionnant Les oiseaux de proie foncent sur nos ombres, 1970) !

 

Des vidéos pédagogiques permettent de visualiser les "emprunts" de Miró aux maîtres anciens.
Des vidéos pédagogiques permettent de visualiser les "emprunts" de Miró aux maîtres anciens. © P.W. – RTBF

Des vidéos numériques pour voir plus loin

Loin d’être un gadget, des installations interactives permettent d’en savoir plus sur certains tableaux et sur le travail de l’artiste prolifique. "Ici, vous pouvez découvrir les paysages fauvistes catalans que Miró a recouverts d’une autre couche de peinture par la suite. Là, vous verrez comment il a emprunté des formes et des symboles vus chez Bosch ou Raphaël", explique Nicolas D’Alessandro, cofondateur d’Hovertone, la société de design numérique qui a collaboré à l’expo.

Mes écoles de peinture préférées remontent aussi loin que possible : les peintres rupestres, les primitifs.

Toute sa vie, Miró cherche le geste simple qui va au cœur des choses. Un peu à la façon des premiers hommes et leurs peintures rupestres dans les grottes. "Il est l’un des premiers à dire que l’art primitif n’est pas le degré zéro de l’art, mais plutôt que c’est là que l’homme est le plus en lien avec la nature et la matière." Les murs couleur terre et l’éclairage intimiste de la dernière salle consacrée aux sculptures illustrent cette quête de l’artiste décédé en 1983 à l’âge de 90 ans.

Miró, l’essence des choses passées et présentes, est à voir au BAM jusqu’au 8 janvier 2023.

Miró toujours très connecté aux artistes du passé.
La délicate "Peinture (Elle et Lui)" de 1925
Torse de femme, 1967.

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Sur le même sujet

Articles recommandés pour vous