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Chèvre, mouton ou veau: un jeune chercheur de l'UNamur a développé une nouvelle méthode pour identifier les peaux des parchemins

Chèvre, mouton ou veau: un jeune chercheur de l'UNamur a développé une nouvelle méthode pour identifier les peaux des parchemins
16 avr. 2019 à 10:16 - mise à jour 16 avr. 2019 à 10:162 min
Par Monika Wachter

Pour savoir si un parchemin est fait en peau de mouton, de chèvre ou de veau, on utilise surtout la vue et le toucher. Cette méthode est peu fiable. Angel Martin Fernandez Alvarez, un jeune chercheur au département de physique de l'UNamur, a étudié et développé depuis le début de l'an dernier une nouvelle technique optique. Elle permet de déterminer l'origine animale des peaux utilisées au Moyen-Âge pour les parchemins par la lumière, de façon non invasive. Il s'agit d'un appareil en forme d'hémisphère qui enregistre toute la lumière diffusée par un parchemin. Les données sont ensuite analysées par un traitement mathématique utilisé notamment dans la reconnaissance faciale.

20 anciens parchemins de la Bibliothèque universitaire Moretus Plantin

Le jeune chercheur d'origine chilienne a analysé 20 parchemins provenant de la Bibliothèque universitaire Moretus Plantin de l'UNamur datant du 12e au 16e siècle. Pour vérifier ses résultats, il les a comparés aux résultats obtenus par une autre méthode déjà développée par l'UNamur, l'analyse des protéines extraites de la peau par un très léger gommage du parchemin. Toutes les analyses correspondent parfaitement.

Le jeune chercheur Angel Martin Fernandez Alvarez, docteur en physique, à côté du professeur Olivier Deparis, du département de physique de l'UNamur
Le jeune chercheur Angel Martin Fernandez Alvarez, docteur en physique, à côté du professeur Olivier Deparis, du département de physique de l'UNamur Monika Wachter - RTBF

C'est vraiment un résultat très fort

Olivier Deparis, professeur au département de physique, est impressionné par les résultats de cette recherche. "C'était une grande surprise pour moi qu'on puisse arriver à identifier l'espèce animale à partir de la peau par une méthode optique. C'est assez fantastique. Dès qu'on pense identification d'espèces, on pense ADN, c'est-à-dire qu'on pense au niveau moléculaire. C'est quand même fou de se dire qu'on peut aussi regarder d'un point de vue macroscopique, c'est-à-dire avec de la lumière, et arriver à faire aussi bien par exemple qu'une technique génétique. Evidemment, ici on identifie uniquement l'espèce. On ne va pas avoir toutes les informations qu'on a en génétique. Et ça je trouvais que c'était vraiment un résultat très très fort".

Angel Martin Fernandez Alvarez travaille sur un appareil portatif comme celui-ci qui permettra de ne plus sortir les précieux parchemins des bibliothèques et de les analyser sur place
Angel Martin Fernandez Alvarez travaille sur un appareil portatif comme celui-ci qui permettra de ne plus sortir les précieux parchemins des bibliothèques et de les analyser sur place Monika Wachter - RTBF

Un appareil portatif pour aller dans les bibliothèques

Angel Martin Fernandez Alvarez est en train de développer un petit lecteur optique portatif. Les bibliothèques ne seront alors pas obligées de sortir leurs précieux parchemins de leurs réserves. L'analyse pourra alors se faire sur place. Le jeune chercheur espère aussi pouvoir ainsi permettre aux conservateurs d'améliorer leurs techniques de restauration des parchemins anciens.

Recherche financée par la Fondation Roi Baudouin

Le jeune chercheur Angel Martin Fernandez Alvarez a reçu pour ses recherches le prix Jean-Jacques Comhaire de la fondation Roi Baudouin. Il a écrit un article sur cette technique innovante qui a été publié dans la prestigieuse revue "Scientific Reports" qui fait partie du groupe Nature.

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