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Chevetogne : 1200 animateurs scouts réunis autour du développement durable

Une journée de retrouvailles après deux années de crise sanitaire

© S. Vandreck

La dernière édition de Scoutopia, le rassemblement annuel des animateurs de la fédération des scouts Baden-Powell de Belgique, avait eu lieu il y a trois ans. C’est dire si le besoin de se retrouver était grand après ces deux années de crise sanitaire. Ils étaient d’ailleurs près de 1200 participants ce samedi au domaine provincial de Chevetogne. Du jamais vu. Il faut dire que la fédération n’a jamais compté autant de membres que ces deux dernières années. Ils sont aujourd’hui 67.500, dont 13.200 animateurs. "Le scoutisme est en pleine forme et attire de plus en plus de monde, confirme Adrien Mogenet, le porte-parole de la Fédération. Depuis une dizaine d’années, on est en augmentation constante. Elle a même eu tendance à s’accélérer ces deux dernières années. C’est une activité qui permet de maintenir des contacts sociaux authentiques, au-delà des écrans, c’est un aspect qui séduit les parents, mais aussi les jeunes. Il y a aussi sans doute eu un effet covid, vu que nous sommes une des seules activités à avoir pu continuer pendant la crise, puisque les activités d’extérieur ont été beaucoup moins touchées".

On fait pas mal de petites actions qui, bout à bout, peuvent former une chaîne

Des animations, des jeux, des ateliers, des débats ont rassemblé ces animateurs venus de Bruxelles et de Wallonie autour du thème du développement durable et de l’écoresponsabilité. Un thème réclamé par les scouts, qui sont nombreux à avoir participé aux marches des jeunes pour le climat en 2019. Au cours des ateliers de la matinée, les animateurs ont d’abord refait le point sur les pratiques au sein de leur propre unité : généralisation de la gourde et de la boîte à tartines, participation à des opérations de nettoyage des sentiers, entretien de jardins pour récolter des fonds pour les camps… Les initiatives ne manquent pas. "On ne s’en rend pas compte mais on fait pas mal de petites actions qui, bout à bout, peuvent former une chaîne", commente Quentin, alias Fossa, animateur louveteaux à la 14e HB de Jodoigne. "On peut mieux faire, je pense. On n’est pas tout le temps "zéro déchets", on a encore plein de poubelles. Mais on a une réelle envie de faire mieux, c’est pour ça qu’on vient ici", poursuit-il.

Etre scout écoresponsable, ce n’est pas seulement faire des camps "zéro déchets"

Les camps "zéro déchets", les Pionniers de la 18e RP de Tubize, l’ont déjà testé, sans trop de succès. "Le plus gros problème, c’est l’aspect financier. Tout acheter en vrac, en local, ça représente un fameux budget, témoigne Jacana. Au milieu du camp, on n’avait plus de sous, donc on a décidé d’arrêter". "Ce n’est pas forcément évident, c’est un investissement, même si on y croit sur le long terme, répond Christelle Alexandre, la présidente de la Fédération des Scouts. Il y a quelques aides, comme le subside de l’Apaqw, qui permettait de consommer local. Il a été abandonné, donc il va falloir trouver des alternatives". La Fédération n’aura d’ailleurs pas manqué d’interpeller à ce sujet les ministres en visite à Scoutopia ce samedi. "Mais le zéro déchet n’est pas la seule dimension à mettre en œuvre. Il faut aussi apprendre à se réémerveiller devant la nature, pour aussi se développer soi-même", insiste la présidente.

Notre camp a été retardé l’année dernière à cause des inondations, voir que ça peut arriver chez nous, je pense que ça peut vraiment conscientiser nos animés

Au fil des échanges de bonnes pratiques, des rencontres avec des représentants d’associations actives dans le développement durable et la protection de la nature, les animateurs repartent avec de nouvelles idées pour les prochains camps ou les prochaines activités. "On ne doit pas s’enfermer dans des jeux qu’ils connaissent déjà. C’est donc très intéressant d’échanger avec d’autres animateurs qui ont fait des trucs très cools qu’on peut reprendre à notre sauce, commente Seewell, animatrice pionnier dans la province de Liège. On a par exemple entendu parler de week-ends de survie dans les bois, pour apprendre à redécouvrir son environnement. Ce sont des choses qu’on ne fait pas chez nous, on pourrait les faire". Faire des activités qui ont du sens, en cette période un peu bousculée, cela parle aux animateurs : "Notre camp a été retardé l’année dernière à cause des inondations, voir que ça peut arriver chez nous, je pense que ça peut vraiment conscientiser nos animés", poursuit Havana, de Tubize. A l’issue de cette journée, les animateurs se sont d’ailleurs engagés par écrit à mettre en œuvre ces idées au sein de leurs unités respectives.

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