Charles Michel au bord du trou

Philippe Walkowiak

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11 mars 2016 à 10:33 - mise à jour 11 mars 2016 à 10:38Temps de lecture2 min
Par Philippe Walkowiak

Ce contrôle budgétaire ? Une paille à entendre le Premier Ministre ce jeudi à la Chambre : Je ne veux pas minimiser l'ampleur de la difficulté mais ce n'est pas la première fois qu'un gouvernement est contraint d'ajuster son budget au premier trimestre.

Il est vrai qu’après le gouvernement Di Rupo eût opéré un tour de vis de 22 milliards € en deux et demi à peine, celui de Charles Michel a plutôt de la marge avant de faire " aussi bien ".

Les mécomptes des… autres

Le Premier Ministre range le dérapage budgétaire au rayon des contretemps : Il existe en effet un écart dans les dépenses par rapport aux programmations. Il absout son ministre des Finances, mettant la sous-estimation des recettes (1,5 milliard quand même) sur le compte d’un problème de méthodologie dans l’administration des Finances et de la dernière réforme de l’Etat. Les réserves de la Cour des Comptes l’automne dernier sur ce budget 2016 "optimistissime" ne sont visiblement pas arrivées jusqu’au 16 rue de la Loi.

Dans ces conditions, l’opposition a beau jeu de crier au " déni de réalité ou de responsabilité" ce qui fait dire à Kristof Calvo (Groen) : Plus le premier ministre côtoie les membres de la N-VA au sein du gouvernement, plus il commence à leur ressembler. En effet, la faute incombe toujours aux autres.

Les bons chiffres

Il reste aussi à fixer les dimensions du " trou ". Charles Michel fait ainsi remarquer que 2,2 milliards peuvent suffire. Mais pour atteindre l’équilibre en 2018 (qui est maintenu), l’effort devrait être plus conséquent sauf à le reporter sur 2017 et 2018. Le fédéral garde un œil aussi sur l’Europe et ce qu’elle pourrait estimer faisant partie du budget. Le vice-premier ministre CD&V Kris Peeters craint que la Commission ne se montre tatillonne et considère que les dépenses liées à la crise de la migration doivent être intégrées au budget 2016, ce qui pourrait faire grimper l’ardoise à près de 4 milliards € d’efforts supplémentaires.

Une fois les dimensions du " trou " connues, il ne restera " plus " qu’à le boucher. La foire aux bonnes idées (économies dans la Sécu, les mutuelles, felxijobs, etc..) a commencé.

Reste à voir ce qu’il en restera et surtout quelles tensions cela provoquera (ou pas) au sein de la majorité.

L’opposition, elle, est au balcon pour quelques semaines…

 

@PhWalkowiak

 

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