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Charles Eric Clesse, l’auditeur du travail du Hainaut, tire sa révérence

Charles-Eric Clesse

© Martin Caulier

C’est un homme de justice important qui tire sa révérence dans le Hainaut. Charles Eric Clesse, l’auditeur du travail du Hainaut cède sa place après 24 ans de service. Son travail : éviter le dumping social, forcer les entreprises à payer leurs cotisations ou encore éviter la fraude. Une mission pas toujours agréable mais qui reste profondément sociale. C’est en tout cas comme ça que Charles Eric Clesse définit son métier.

Dans son bureau, les armoires sont pratiquement toutes vides. "Il y avait un bon millier d’ouvrages juridiques. On vient de tout déménager en deux camionnettes". Après 24 ans, Charles Eric Clesse s’apprête à quitter l’auditorat du travail. Un pan du monde judiciaire plutôt méconnu. "C’est unique au monde. Il y a deux volets. D’une part, nous donnons suite aux requêtes qui sont déposées par les assurés sociaux. Par exemple, un chômeur qui se ferait exclure du chômage va pouvoir déposer un recours contre cette décision et c’est nous qui allons prendre ce dossier en charge. D’autre part, un volet pénal. On est là pour assurer le bon respect des lois sociales dans les entreprises et auprès des employeurs". Une mission qui lui permet de poursuivre en justice les employeurs qui ne joueraient pas entre autres le jeu des cotisations sociales "le plus fréquent c’est ne pas avoir déclaré son personnel à l’ONSS ; c’est donc le travail au noir".

Et depuis son entrée en fonction, Charles Eric Clesse a boosté le volet pénal. Là où l’auditorat du travail introduisait 700 dossiers pénaux en 2005, aujourd’hui il en introduit 5500. Une dynamique possible grâce au travail et notamment au soutien de son secrétaire en chef.

RTBF

Et lorsqu’il le juge nécessaire, l’auditeur du travail peut faire fermer des entreprises et même exiger des peines de prison. AU pénal s’ajoute le volet civil. Son but : venir en aide aux assurés sociaux comme des chômeurs qui seraient exclus du chômage. Même s’il doit jouer le rôle de gendarme, pour Charles Eric Clesse, son métier reste social. "C’est un parquet qui est proche des gens. On touche à la misère humaine vu que nous allons travailler sur des dossiers en matière de chômage, de CPAS. Ce rôle social nous tient à cœur parce que ça pourrait nous arriver à tous à un moment d’avoir un accident de vie, un accident de parcours et de se retrouver au chômage".

Désormais, Charles Eric Clesse veut se dédier entièrement à la formation des magistrats des futurs magistrats. Une manière de transmettre sa longue expérience.

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Archives : JT du 29/07/2014

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