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César: 44 ans de célébration du cinéma français

César: 44 ans de célébration du cinéma français
27 févr. 2020 à 17:074 min
Par Théa Jacquet

Le 28 février prochain aura lieu la 45e Cérémonie des César. L’occasion de célébrer les acteur.rice.s, réalisateur.rice.s et les petites mains qui se cachent derrière le grand écran. Retour sur quelques dates-clés de cette cérémonie annuelle et sur son histoire.

Palais des Congrès, Paris, 3 avril 1976. "C’est le cinéma qui nous réunit ce soir. Et le but de cette manifestation est d’honorer la profession cinématographique toute entière." C’est avec ces mots que Pierre Tchernia, réalisateur, entame la première Cérémonie des César, aussi appelée Nuit des César. Cérémonie qui deviendra annuelle.

À l’initiative de cette célébration du septième art français, l’ex-journaliste et producteur Georges Cravenne, animé par l’envie de faire comme les Américains. "Les Oscars, je crois, sont nés en 1927. J'avais alors 13 ans, et depuis cet âge (aujourd'hui très lointain !) j'ai toujours été obsédé par l'existence de ce personnage emblématique, non pas de chair et d'os, mais de bronze et de dorure, dont la réputation était planétaire. Jalousie ? Émulation ?"

Pourtant, à l’époque, la France connaît déjà plusieurs remises de prix. De 1946 à 1968, de nombreuses récompenses cinématographiques sont décernées lors des Victoires du cinéma français. Créées par le magazine Cinémonde, ces distinctions laisseront place aux Étoiles de cristal à partir des années 1960, finalement supplantées par les César du cinéma en 1976. L’heure de gloire de Cravenne sonne. Son rêve devient enfin réalité.

Pour mettre sur pied cette Nuit du cinéma, Cravenne crée, un an auparavant, l’Académie des Arts et Techniques du Cinéma, plus communément appelée l’Académie des César. Composée de 4700 membres, cette institution distingue, depuis plus de 40 ans, celles et ceux, ainsi que les films qui ont marqué le cinéma l’année précédente, en leur décernant un trophée désigné "César".

Rendons à César ce qui est à César

Avant d’être le nom de ce trophée, César est avant tout le prénom d’un sculpteur marseillais. En 1975, César Baldaccini n’a jusqu’alors aucun rapport avec le monde du cinéma, si ce n’est son ami Georges Cravenne, toujours obstiné à organiser une cérémonie à la hauteur des Oscars. "[…] l'idée de créer un équivalent français a germé en moi, jusqu'au jour où le nom de mon ami César, sculpteur de génie, s'est imposé à moi et sa sculpture avec lui. Oscar, César, cinq lettres qui rimaient à tel point que la naissance du second était devenue évidente, pour le plus grand bien de la promotion du cinéma, en Europe en tout cas." C’est donc tout naturellement que Cravenne demande à Baldaccini d’élaborer une sorte de médaille. Une réalisation qui permettra à l’artiste d’être reconnu par ses pairs.

Le trophée comme nous le connaissons aujourd’hui n’a pas toujours eu cette allure. La première version de 1976 s’apparente alors à une statuette inspirée de celle des Oscars, dont l’esthétique laisse certains dubitatifs. L’artiste se voit donc contraint de repenser sa création. L’année suivante, c’est donc une compression métallique confectionnée à partir d’ornementations de mobilier, qui sera octroyée aux lauréat.e.s. Sorte de bûche en bronze, le César mesure 30 centimètres et pèse 3,7 kilogrammes. Depuis, 25 récompenses sont reproduites chaque année sur base du modèle d’origine, dans la fonderie Bocquel en Normandie. Pour chacune, 15 heures de travail sont nécessaires.

Retour sur quelques dates

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Les Belges, également récompensés

En 2005, Yolande Moreau est la première actrice belge à se voir attribuer le César de la Meilleure Actrice pour son rôle dans "Quand la mer monte…". Elle reçoit quatre ans plus tard, et ce pour la deuxième fois, le même César avec "Séraphine".

Contrairement à ce que son nom de famille pourrait laisser penser, Cécile de France est la seule actrice belge à avoir reçu le César de la Meilleure Actrice dans un Second Rôle en 2006 pour son interprétation dans "Les Poupées russes".

En ce qui concerne le César du Meilleur Espoir Féminin, les actrices belges répondent également présentes. En 1999, Natacha Régnier lance la tendance avec son rôle dans "La Vie rêvée des anges". Quatre ans plus tard, c’est au tour de Cécile de France dans "L’Auberge espagnole", suivie par Déborah François dans "Le Premier Jour du reste de ta vie" en 2009. Du côté des hommes, lors de la 38e Cérémonie, Matthias Schoenaerts se voit décerner le César du Meilleur Espoir Masculin pour son interprétation dans "De rouille et d’os".

Les films belges aussi se sont vu récompenser. Tout d’abord, "Toto le héros" de Jaco van Dormael en 1992 dans la catégorie Meilleur Film Etranger. Toujours dans la même catégorie, mais cette fois en 2014, c’est "Alabama Monroe" (aussi connu sous le nom de "The Broken Circle Breakdown") de Felix Van Groningen qui ressort grand gagnant. Alors qu’il avait fait couler beaucoup d’encre à sa sortie en 2018, le documentaire franco-belge "Ni juge, ni soumise" est élu Meilleur Film Documentaire.

Une 45e édition chamboulée

C’est donc sur fond de polémiques que se tiendra la 45e Cérémonie ce 28 février prochain à la salle Pleyel, à Paris. Toujours est-il que la soirée est maintenue et sera orchestrée par Florence Foresti, qui avait déjà endossé le rôle de maîtresse de cérémonie en 2016. À l’humoriste d’essayer de faire passer une bonne soirée aux quelques 1700 invité.e.s. L’autre challenge sera de réunir les téléspectateurs devant le poste. Un défi à la hauteur vu le mauvais score de 2019 qui en avait comptabilisé seulement 1,6 million.

Extrait du JT du 14 février:

Crise à l académie des César : démissions en bloc

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