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Chroniques Culture

Ces Belges à (re) découvrir : Irène Hamoir

Signature de Irène Hamoir

Si l’on vous parle du surréalisme belge, vous pensez Paul Nougé, Marcel Lecomte, Louis Scutenaire et bien sûr, le plus connu d’entre tous, René Magritte. Bref, des noms essentiellement masculins et, pourtant, il est une poétesse qui s’est tenue à côté de ces grands surréalistes mais dont le nom a déserté la mémoire de la plupart d’entre nous : Irène Hamoir.

Irène Hamoir (1906-1994)

Figure du mouvement surréaliste belge, Irène Hamoir ne s’est pas directement – ni exclusivement – vouée à une carrière de poète.

Après des études de commerce, elle se lance comme secrétaire d’une tannerie-teinturerie. La jeune femme est engagée dans le mouvement socialiste duquel elle ne manque pas les meetings.

Malgré une passion incontestable pour les arts, ce sont surtout des rencontres qui lui ouvriront la voie à la pratique artistique surréaliste et ses représentants. Pendant ses cours du soir en journalisme, elle fait la connaissance du peintre, poète et critique, Marc Eemans. Ce dernier l’introduit progressivement au groupe de surréalistes belges – Marcel Lecomte, André Scutenaire, avec qui elle se marie en 1930, et plus tard, le renommé René Magritte.

Pas étonnant, donc, la présence d’Irène Hamoir, plus tard, sur cette photo du groupe de surréalistes belges, sur laquelle elle apparaît comme un membre à part entière.

La relation avec le mouvement surréaliste ne fera que se bonifier avec les années. Lorsque le couple se réfugie à Carcassonne en compagnie de Magritte et Raoul Ubac, à l’approche de la Seconde Guerre Mondiale, la poétesse agrandit son réseau d’artistes. Là-bas, elle fait la connaissance des écrivains français, André Gide et Jean Paulhan, ou encore du célèbre éditeur Gaston Gallimard.

Une figure du surréalisme belge

Outre cette relation amicale avec ces surréalistes, ce sont les productions de Hamoir qui lui frayeront une place de taille dans le paysage surréaliste belge. Après avoir participé à l’Exposition internationale du surréalisme à La Louvière en 1935, la poétesse fait l’objet d’un portrait de Magritte (1936).

C’est ce dernier, d’ailleurs, qui suggérera le pseudonyme "Irine" pour la signature de ses "Œuvres poétiques (1930-1945)" publiées en 1949. "La Cuve infernale", publié quelques années plus tôt, en 1944, est son premier roman.

La romancière prête également sa plume pour des catalogues d’exposition d’œuvres surréalistes, et collabore aux revues telles que "Le Salut Public", "Le Ciel Bleu" et "La Terre n’est pas une Vallée de Larmes". En 1982, Irène Hamoir et Louis Scutenaire signent "Elle et lui" une préface pour la rétrospective René Magritte et le surréalisme en Belgique présentée au musée des Beaux-Arts de Bruxelles.

À côté de sa pratique artistique, Irène poursuit une carrière de fonctionnaire à la Cour internationale de Justice en 1931, qui la fera beaucoup voyager, elle devient rédactrice au Soir.

Sept ans après le départ de son mari, elle décède à Bruxelles le 17 mai 1994

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