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Chroniques Culture

Ces Belges à (re) découvrir : Anna Boch

Femme lisant dans un massif de rhododendrons (Anna Boch)

Peintre impressionniste belge, Anna Boch serait la première, en Belgique, à avoir appliqué la peinture "de plein air".

Peindre dans la nature, devant le sujet, voilà une caractéristique du mouvement (néo) impressionniste dont elle deviendra l’une des représentantes en Belgique.

Anna Boch voit le jour en 1848 à Saint-Vaast, dans un milieu de la haute bourgeoisie. Son père est Victor Boch, le cofondateur de la manufacture Boch Frères Keramis à La Louvière.

La jeune Anna est formée à la musique – au piano – et s’essaie à l’art de manier le pinceau. Elle puise ses influences picturales chez Isidore Verheyden, son professeur et ami qui lui consacrera un portrait, et Théo Van Rysselberghe.

Anna Boch dans son atelier, 1893 (Theo van Rysselberghe)

Le frère d’Anna, Eugène Boch, également peintre, la présente à ses amis postimpressionnistes à Paris : Emile Bernard, Paul Gauguin, et même Vincent Van Gogh.

En 1886, l’artiste rejoint le "Groupe des XX", un groupe artistique d’avant-garde belge fondé à Bruxelles trois ans plus tôt. Ses membres sont animés par l’envie de faire évoluer la peinture, en accordant une place centrale à la lumière.

À l’initiative de ce collectif, on retrouve Octave Maus, critique d’art qui n’est autre que le cousin d’Anna Boch. Le célèbre Félicien Rops ou encore James Ensor comptent également parmi "les Vingtistes".

Progressivement, Anna Boch s’engage vers une voie néo-impressionniste, au carrefour entre le symbolisme et l’impressionnisme. Après ses premières œuvres, dans ce style, réalisées en 1889, elle devient la représentante de ce mouvement en Wallonie.

Ses tableaux sont des paysages lumineux du littoral belge, de Hollande, de Bretagne, du Midi de la France, des jardins ensoleillés et des bouquets de fleurs.

Artiste et mécène

Mais Anna Boch sait se détacher de son propre chevalet pour aller observer – et soutenir – ce qu’il se passe ailleurs.

Inspirée par des références telles que Georges Seurat ou Claude Monet, en France, elle soutiendra aussi le hollandais Vincent Van Gogh, notamment, en lui achetant "La Vigne Rouge" pour 400 francs français. La seule œuvre que Van Gogh ait vendue de son vivant !

Férue de musique, Anna Boch organise, dans sa résidence bruxelloise, les "lundis musicaux" où sont invité.e.s des artistes de renom tels qu’Eugène Ysaye. Elle aime s’y produire en jouant du piano, du violon ou encore de l’orgue.

En 1904, elle participe également à la création de "Vie et Lumière" rassemblant des artistes impressionnistes belges autour de leur enthousiasme pour la lumière.

Si Anna Boch continuera à peindre et exposer jusqu’à sa mort, à Bruxelles en 1936, une surdité la contraindra à renoncer à la musique.

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