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Ces auteurs de BD qui connaissent la musique

Ces auteurs de BD qui connaissent la musique
18 sept. 2015 à 07:382 min
Par AFP Relax News

Le mythique Robert Johnson, l'écorché Kurt Cobain, l'énergique Cass Elliot des Mamas and Papas: les icônes de la musique inspirent les auteurs de bande dessinée, qui n'ont pas besoin de bande-son pour raconter leurs destins tourmentés.

Parler de la musique en BD, c'est "assez risqué", convient pourtant Pénélope Bagieu, qui a laissé un peu de côté les saynètes de la vie quotidienne qui l'ont fait connaître pour s'attaquer au personnage de Cass Elliot.

"California Dreamin'" (Gallimard), en librairie jeudi, plonge, avec un trait gris et léger, dans la jeunesse de cette chanteuse américaine aux rondeurs assumées et à la voix imposante qui a percé à la fin des années 60 au sein des Mamas and Papas.

"S'il y a bien un truc difficile à rendre en dessin, c'est la musique... Quand on veut dire que quelque chose est inaudible, c'est facile, on dessine des croches un peu tordues. Mais pour rendre une belle voix, dire que les spectateurs sont séduits quand elle chante, c'est plus difficile, il faut trouver des trucs graphiques", explique-t-elle à l'AFP.

Dans "California Dreamin'", les paroles chantées par l'énergique "Mama Cass" apparaissent ainsi en gros, écrasant visuellement celles fredonnées par l'autre chanteuse du groupe, la délicate Michelle. L'album témoigne du caractère bien trempé de Cass et de la façon dont elle s'est imposée, quasiment de force, pour faire du sage trio un quatuor pop à succès.

L'ambition de Pénélope Bagieu, installée ces temps-ci à New York, était de "questionner" la relation de cette femme, morte en 1974 à 32 ans, avec la gloire mais aussi de raconter, "en fantasmant un peu", l'Amérique des années 60.

Cobain intime

Même souci de décrire une époque en même temps qu'un personnage pour les auteurs de "Love In Vain" (Glénat), impressionnante plongée dans la vie du bluesman Robert Johnson.

Dessiné par Mezzo et scénarisé par le journaliste et écrivain Jean-Michel Dupont, cet album a été distingué en juin par le prix des libraires de BD. Il raconte avec un graphisme dense et sombre la vie de ce grand séducteur et guitariste génial, soupçonné d'avoir vendu son âme au diable contre un don pour l'instrument et mort à 27 ans, peut-être empoisonné par un rival amoureux.

"Il n'a laissé que 29 enregistrements mais il n'y a pas un groupe de rock qui n'ait pas repris ses morceaux", rappelle Mezzo, lui-même musicien, séduit par ce bluesman mythique qui avait déjà inspiré il y a quelques années Frantz Duchazeau, auteur de l'album "Le rêve de Meteor Slim" (Sarbacane).

"Comme il n'existe que deux photos de lui, cela m'a permis d'être très libre dans mon dessin", ajoute Mezzo, dont le style en clair-obscur se prête particulièrement à l'univers du blues des origines et à la vie quotidienne des Noirs dans ce Mississippi ségrégationniste des années 1930.

Les grands de la musique, déjà fréquemment racontés au cinéma et en littérature, ont de plus en plus de place dans les rayons BD. Ce fut le cas ces dernières années par exemple pour David Bowie ("Haddon Hall", chez Gallimard) ou Dominique A ("J'aurai ta peau Dominique A", chez Glénat).

Et cela va être désormais aussi le cas pour Kurt Cobain, membre de ce fameux "club" des musiciens morts à 27 ans (avec Robert Johnson donc, mais aussi Jim Morrison, Janis Joplin, Jimi Hendrix, Brian Johnson et Amy Winehouse).

Dans "Le roman de Boddah" (sortie le 23 septembre chez Glénat), une adaptation du roman du même nom d'Héloïse Guay de Bellissen, Nicolas Otéro raconte les tourments de l'icône du grunge à travers le regard de l'ami imaginaire qui le suivait depuis son enfance et auquel il a adressé sa dernière lettre avant de se suicider en 1994. Un album s'intéressant d'abord à l'intime de Cobain, à travers un dessin où, là aussi, le noir l'emporte sur le blanc.

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