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Belgique

Cérémonie de commémoration de la Marche blanche : le Premier ministre évoque la "grandeur des parents des enfants disparus"

Cérémonie de commémoration de la Marche blanche : le Premier ministre évoque la "grandeur des parents des enfants disparus"
20 oct. 2021 à 12:51 - mise à jour 20 oct. 2021 à 12:543 min
Par Jean-François Noulet

Ce mercredi marque le 25e anniversaire de la "Marche blanche" qui avait réuni plus de 300.000 personnes à Bruxelles, le 20 octobre 1996. Une cérémonie s’est organisée à la mi-journée autour de la reine Mathilde et du Premier ministre Alexander De Croo, au Parc royal, à Bruxelles, où a été érigée en 1997 une statue dédiée aux victimes de Dutroux et à tous les enfants disparus. Dans son discours, le Premier ministre a tenu à rappeler que la "Marche blanche " a été "le point de départ d’un profond changement du système".

Les "ténèbres du passé"

C’est par une citation de Nelson Mandela que le Premier ministre, Alexander De Croo, a commencé son discours. "N’oublions jamais les ténèbres du passé que nous laissons derrière nous. Pas pour nous y enchaîner, mais pour garder le souvenir du chemin parcouru, de tout ce que nous avons accompli", a-t-il dit.

25 ans après la "Marche blanche", le Premier ministre s’est souvenu des "sentiments d’injustice, d’incompréhension, de sidération face au événements effroyables qui nous ont secoués au cours de l’été 1996". Pour lui, les "ténèbres du passé", selon les mots de Mandela, "ne laissent toujours personne indemne".

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Rappeler le chemin accompli

Le Premier ministre a tenu à mettre en évidence le chemin parcouru depuis la "Marche blanche", cette marche, "l’une des plus importantes que notre pays ait jamais connues" au cours de laquelle "un appel serein à une justice plus efficace" et à "une meilleure protection de nos enfants" a été lancé.

Alexander De Croo a aussi mis en avant "la grandeur des parents des enfants disparus et assassinés" qui ont "fait comprendre à notre société et à nos institutions que les enfants attendent plus de nous". 25 ans après la "Marche blanche", il faut, selon le Premier ministre, d’abord rendre hommage "à la grandeur de parents qui ont dû supporter le pire de ce qui peut arriver à des parents".

Ensuite, pour le Premier ministre, le 20 octobre 1996 a été "le point de départ d’un profond changement du système".

Et de rappeler tout ce qui a changé après cette date. "Child Focus a vu le jour. Une vaste réforme de la police a été conduite. Des tribunaux d’application des peines indépendants ont été mis en place. Le parquet fédéral a été créé, tout comme l’ont été les maisons de justice et des services d’aide aux victimes", a souligné Alexander De Croo.

"Les victimes ont obtenu plus de droits. Et les abus sexuels sont enfin devenus un thème majeur", a ajouté le Premier ministre. .

Cette liste de réformes montre à quel point, selon Alexander De Croo, la "Marche blanche" a été "l’un des moments charnières les plus marquants de notre Histoire belge récente".

"Le travail n’est jamais achevé"

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Mais l’Histoire n’est jamais finie, a ajouté Alexander De Croo. Il y a encore des choses à faire pour une meilleure protection des enfants.

Le Premier ministre a alors évoqué les "nouveaux dangers" qui nous guettent, notamment "dans le nouveau monde en ligne". Et de ce côté-là, pour Alexander De Croo, la crise "Corona" n’a rien arrangé. En confinement, les enfants ont passé plus de temps sur internet et les réseaux sociaux.

"Non seulement, une grande partie du contrôle social a disparu. Mais les enfants et les jeunes ont aussi passé plus de temps en ligne : sur TikTok, Snapchat, Instagram… Et j’en passe", a expliqué le Premier ministre. Si internet a permis aux plus jeunes de rester connectés à l’école, aux camarades et aux amis, "le temps passé en ligne les a aussi davantage exposés à des risques tels que le grooming, le sexting et la sextortion", a estimé le Premier ministre.

Il a rappelé que pendant la crise du coronavirus, on a assisté à une forte augmentation des signalements d’images d’abus sexuels de mineurs d’âge. Quant au nombre de dossiers impliquant une atteinte à l’intégrité sexuelle de mineurs, il a été multiplié par 3 pendant la même période.

Alexander De Croo a d’ailleurs rappelé qu’après la première vague du corona, Child Focus a tiré la sonnette d’alarme à ce sujet. "La lutte contre l’exploitation sexuelle des mineurs, tant en ligne qu’en-dehors, est ainsi devenue l’une des principales priorités de l’accord de gouvernement", a précisé le Premier ministre.

Celui-ci met aussi en évidence le récent feu vert du Conseil des ministres à la réforme du droit pénal sexuel, "avec des peines plus lourdes et une meilleure protection des mineurs contre toutes les formes d’abus". Le Parlement doit encore examiner ce projet de loi.

Enfin, comme les 300.000 personnes réunies il y a 25 ans ont forcé le changement, "ce même sentiment qui nous réunit une nouvelle fois aujourd’hui […] nous donnera dans les années à venir, la force de continuer à nous battre pour une société où nos enfants pourront grandir en conservant leur innocence et leur capacité à s’émerveiller", a conclu le Premier ministre.

Sur le même sujet: JT 20/10/2021

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