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Centrafrique: le président français François Hollande à Bangui

Centrafrique: le président français François Hollande à Bangui
10 déc. 2013 à 18:35 - mise à jour 10 déc. 2013 à 19:473 min
Par AFP

Le falcon présidentiel s'est posé vers 19H00 locales (18H00 GMT) sur l'aéroport de M'Poko, dans le nord de Bangui, où est basé l'essentiel du dispositif de l'opération française.

Venu d'Afrique du Sud, où il a assisté le jour-même à la cérémonie d'hommage à Nelson Mandela, François Hollande s'est immédiatement recueilli sur les cercueils des deux soldats du 8e régiment parachutiste d'infanterie de marine de Castres (sud).

Les deux hommes ont été tués dans la nuit au cours d'un accrochage avec des assaillants non-identifiés dans quartier proche de l'aéroport. Il s'agit des premières pertes françaises depuis le déclenchement jeudi soir de l'intervention française Sangaris, dans la foulée d'un feu vert de l'ONU.

Le président Hollande est venu "saluer et encourager" les 1600 militaires de Sangaris, déployés en majorité à Bangui et pour partie dans le nord-ouest du pays, en soutien à la force africaine sur place, la Misca (3000 hommes).

Les soldats français ont pour mission de "rétablir la sécurité, protéger les populations et garantir l'accès de l'aide humanitaire" en République centrafricaine, pays livré au chaos et à une spirale infernale de violences inter-religieuses depuis la prise du pouvoir en mars 2013 par une coalition hétéroclite de groupes rebelles à dominante musulmane.

Rencontre prévue avec Djotodia

Sa visite intervient au deuxième jour des délicates opérations de désarmement des milices et groupes armés qui sévissent à Bangui, où la situation reste très instable, avec des pillages et des tentatives de représailles contre les civils musulmans.

Dans les faits, le désarmement vise en priorité les combattants de l'ex-rébellion Séléka, jusqu'à présent tout-puissants dans la capitale où ils se sont rendus coupables de nombreuses exactions sur la population.

Alors que ces éléments de la Séléka avaient totalement disparu des rues lundi, quelques-uns ont fait leur réapparition à bord de leur pick-ups, apparemment avec l'accord tacite des soldats français et de la force africaine (Misca).

Selon l'état-major français, la quasi-totalité des groupes armés ont été désarmés sans incident majeur et en moins de 24 heures, avec le soutien de la Misca. Les bases des Séléka dans les quartiers ont été évacuées, et leurs combattants rassemblés dans plusieurs camps militaires.

Lors de son passage, François Hollande rencontrera les responsables religieux du pays et les autorités de transition, dont le président Michel Djotodia, ex-chef de la Séléka qu'il avait très vivement critiqué samedi dernier.

Le président français avait notamment accusé l'ancien chef rebelle d'avoir "laissé faire" les massacres inter-religieux de ces derniers jours qui ont fait quelque 400 morts.

François Hollande appellera les responsables politiques centrafricains "à leur sens des responsabilités" et va leur demander de "faciliter par tous les moyens le retour au calme", selon son entourage.

Le spectre du "match retour"

L'urgence pour les militaires français semble désormais de contenir la vengeance des populations de la capitale, en très grande majorité chrétiennes, contre les ex-Séléka et la minorité civile musulmane qui y est associée.

Frustrés d'avoir été désarmés et cantonnés dans leurs bases, beaucoup d'hommes de la Séléka sont de leur côté furieux d'avoir été privés par les Français de tout moyen de se défendre -avec leurs familles et leurs proches- face à la vindicte populaire.

En France, le parlement français s'est réuni pour discuter de l'opération Sangaris, pour un débat qui ne fera pas l'objet d'un vote.

"Notre intervention sera rapide, elle n’a pas vocation à durer", a assuré à cette occasion le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, jugeant que la France n'agissait pas en "gendarme de l'Afrique" mais "répond à l’appel de ses partenaires africains et fait face à l’urgence absolue de prévenir une spirale de massacres".

Sangaris avait d'abord été présentée comme une intervention relativement rapide et à vocation essentiellement "humanitaire". Elle vise aujourd'hui, selon Paris, à désarmer tous les groupes armés, à moyen terme à ramener la stabilité dans un pays en totale décomposition et à organiser des élections libres "avant 2015" en remplacement du régime actuel.

Très peu d'informations arrivent par ailleurs des provinces, coupées du reste du pays, où beaucoup redoutent de découvrir de nombreux cadavres dans la brousse.

"Nous sommes dans une dynamique infernale de représailles", avec le spectre d'un 'match retour' des milices d'auto-défense villageoises (chrétiennes) et de nouvelles tueries de la Séléka dans leur retraite vers leurs bastions du nord, s'alarmait une source humanitaire.

A la morgue de l'hôpital de Bangui, la Croix-Rouge a chargé une centaine de cadavres, enveloppés dans des linceuls blancs, où ils étaient conservés depuis les tueries de la semaine dernière, à bord de deux camions pour les inhumer dans une fosse commune.

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Soldats tués en Centrafrique

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AFP

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