Cellule terroriste de Verviers: premier couac pour le procès qui doit s'ouvrir

Premier procès pour le chef présumé de la cellule terroriste de Verviers

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07 mai 2015 à 04:00 - mise à jour 07 mai 2015 à 11:56Temps de lecture2 min
Par Justine Katz

De longues files ce jeudi matin devant les portes du palais de justice de Bruxelles qui restaient désespérément closes, risquant de retarder les audiences. En cause : les portiques de sécurité installés par la police pour les fouilles imposées par le rehaussement du niveau de la menace. Il fallait patienter 1h30 pour entrer dans le bâtiment. Et ce n'est pas la première fois qu'un tel problème se pose.

Abdel hamid Abaaoud n’assistera pas à son procès. Et pour cause : personne ne sait où il se trouve. Pourtant, l’homme est recherché par tous les services de sécurité du pays. Il est soupçonné d’avoir mis sur pied la cellule terroriste démantelée à Verviers en janvier dernier. Une cellule qui projetait de commettre des attentats en Belgique. La police avait repéré Abdelhamid Abaaoud en Grèce, mais il aurait à présent regagné la Syrie et les rangs de l’état islamique.

Recruteur et kidnappeur ?

Mais le procès qui s'ouvre aujourd'hui ne concerne pas les attentats en préparation de la cellule de Verviers. Il va juger un vaste réseau de recrutement de combattants pour la Syrie. Abdelhamid Abaaoud en serait un des maillons. Il est poursuivi en tant que dirigeant d’un groupe terroriste, mais il est aussi soupçonné d’enlèvement de mineur.

Le mineur en question n'est autre que son frère Younès. Abdelhamid l’avait fait venir en Syrie en janvier 2014, alors qu’il n’était âgé que de 13 ans. Le père des deux frères, Omar Abaaoud, s’est porté partie civile, contre son fils aîné. " Il veut assister au procès, confie son avocate Nathalie Galant, il veut comprendre pourquoi et comment son fils de 13 ans s’est retrouvé en Syrie. Il garde l’espoir de mobiliser les autorités pour tenter de le retrouver."

Car Omar Abaaoud n’a plus de nouvelles de ses fils. Il ne sait pas si Younès est toujours vivant. "Le papa considère qu’il a perdu deux fils dans l’histoire", commente Maître Nathalie Gallant, avocate d’Omar Abaaoud. Les derniers contacts entre le père et le jeune frère de 13 ans sont, selon l’avocate, antérieurs aux événements de Verviers qui se sont déroulés à la mi-janvier. Et même avant la fin 2014. Younes aura bientôt 15 ans.

Vaste réseau de recrutement

Au total devant le tribunal, 32 personnes seront jugées. Certaines sont considérées comme des recruteurs, d’autres sont des combattants revenus en Belgique. Plusieurs femmes sont aussi poursuivies. Elles ont parfois séjourné en Syrie, ou elles ont envoyé de l’argent à des proches partis faire le djihad.

Plusieurs enquêtes menées à Bruxelles et dans le brabant flamand dès 2012 ont mené, deux ans plus tard, à des perquisitions en rafale et au démantèlement de plusieurs filières avec une septantaine de personnes interpellées.

Parmi elles Khalid Zerkani. Il est considéré comme le principal recruteur du réseau. Il organisait des réunions dans des lieux de prières improvisés, incitant à des jeunes à partir en Syrie. Aujourd'hui, l'homme, détenu à Charleroi, conteste tout ce qu'on lui reproche.

Ce méga procès durera plusieurs semaines. Mais seule la moitié des prévenus seront présents. Les autres se trouvent encore en Syrie. Certains y seraient même décédés. Mais sans certificat de décès, tous doivent être jugés.

Justine Katz et Radia Sadani

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