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Caterpillar: les voix de l'impuissance, la voie de l'avenir

Philippe Walkowiak
05 sept. 2016 à 10:06 - mise à jour 05 sept. 2016 à 10:06Temps de lecture2 min
Par Philippe Walkowiak

En 1886, soucieuses d’une meilleure rentabilité, les verreries de la région de Charleroi modernisent leur production et licencient des milliers de travailleurs. Plusieurs verreries seront mises en sac, le château d’un maître-verrier incendié, des pillages ont lieu, l’armée intervient et tire dans la foule. 19 morts.

Anniversaire

A l’heure où Charleroi commémore sa naissance, il faut également se souvenir que pendant 130 ans, la région comme le reste de la Wallonie, a été soumise aux restructurations, aux changements industriels réguliers. Seules différences : la dignité a remplacé la violence et le château du patron est désormais dans l’Illinois plutôt qu’à Jumet…

Caterpillar se place dans la lignée des British Leyland, Citroën, Renault, Opel, Ford, VW qui ont tous fini par fermer plus ou moins brutalement, malgré les efforts des travailleurs, les concessions et les aides des autorités qu’elles soient belges, flamandes, wallonnes ou bruxelloises. Comme une fatalité, comme un changement de révolution industrielle.

A Charleroi, l’avenir était déjà beaucoup plus dans les laboratoires de l’Aéropôle que dans l’assemblage d’engins de chantier, deux faces d’un même Gosselies.

Classe politique

La perte de plusieurs milliers d’emplois dans une région (le Hainaut) figurant déjà parmi les plus touchées en Europe Occidentale par le chômage prend immanquablement des proportions structurelles.

Mais ce séisme social a également donné lieu à une première politique : le gouvernement fédéral qui se déplace à Namur pour y parler d’une seule voix avec le gouvernement wallon. Il suffit de se souvenir des récents différends Magnette-Michel pour mesurer le chemin parcouru !

Pour les deux exécutifs, la même impuissance. Caterpillar a certes préféré rester en dehors des " plans " wallons, Marshall et autres en bénéficiant des coups de pouce publics wallons ou a bénéficié des intérêts notionnels, avait à disposition un personnel flexible.

Malgré cela, la haute direction US décide de fermer, tenant à assurer les dividendes promis aux actionnaires. Circulez, il n’y a déjà plus rien à voir

La Wallonie et le fédéral tentent de s’accrocher, de sauvegarder ce qui peut l’être. Recréer un futur en ménageant le présent. Les wallons Michel et Magnette ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Ils parlent à présent d’une même voix. C’est déjà la première bonne nouvelle de l’après-Caterpillar, la voie d'un avenir…

@PhWalkowiak

 

 

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