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Caterpillar Gosselies

Caterpillar: fermeture par K.O.

Caterpillar: fermeture par K.O.

Presque trois mois après l'annonce de la fermeture de l'usine Caterpillar de Gosselies, les travailleurs sont toujours en attente de réponses. Pourquoi les Américains ont-ils voulu fermer leur usine ? Et comment tout ça va-t-il se terminer ? Quand seront-ils licenciés ? Quelles primes vont-ils recevoir ?

Parmi ces 2000 travailleurs, il y a la famille Garcia. Julio travaille depuis 32 ans dans "son" usine. Il a l'accent chantant façonné par ses origines espagnoles et sa vie à Charleroi. Il est resté "K.O. debout" après l'annonce "comme le boxeur immobile au milieu du ring". La boxe qui est son refuge ces jours-ci pour éviter de penser au boulot, à l'ambiance dans les ateliers. Après une longue carrière de boxeur, il est maintenant entraîneur de l'équipe nationale de boxe anglaise. Son meilleur élève, c'est son fils, Michel, qui travaille aussi sur les machines Caterpillar. Il est peintre industriel. C'est à lui qu'on doit cette couleur jaune moutarde sur les pelleteuses.

Michel et Julio dans leur salle d'entrainement privée.
Michel et Julio dans leur salle d'entrainement privée. © Tous droits réservés

On a perdu un round mais pas le combat!

Cette passion dévorante pour la boxe, les deux ouvriers de Caterpillar la partagent dans un lien familial indéfectible. Ils préparent d'ailleurs ensemble le prochain combat. Ce sera le 17 décembre au Spiroudome de Charleroi. Un match pour designer le nouveau champion de Belgique.

Avec ça, il faut aussi gérer la vie familiale. Michel est jeune papa. Avec sa femme Pina, ils comptaient essayer d'avoir un deuxième enfant, racheter leur emprunt pour financer les travaux d'une troisième chambre. "Mais la banque nous a téléphoné après l'annonce de la fermeture et ils ont refusé de nous prêter plus d'argent". Alors Pina a repris un travail. Plus vite que ce qu'elle espérait après la naissance de sa fille. Un boulot intérimaire auquel elle ne croit pas vraiment. Mais il faut mettre de l'argent de côté pour pouvoir faire face au licenciement de Michel quand il arrivera (les premiers quitteront Gosselies normalement en avril).

Michel espère retrouver un boulot qui lui permettra de poursuivre ses entraînements et sa carrière de boxeur. Son père, Julio se verrait bien profiter d'une pré-retraite pour terminer sa carrière autour du ring de son fils et dans ses trois écoles de boxe pour les jeunes de la région.

La famille Garcia sera au centre de l'émission Transversales ce samedi à 12h sur La Première en radio.

Michel en promotion dans les rues de Charleroi pour le championnat de Belgique.
Michel en promotion dans les rues de Charleroi pour le championnat de Belgique. © Tous droits réservés

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