Catalogne: Puigdemont refuse de se rendre à Madrid, il veut être interrogé depuis la Belgique

Le président catalan destitué Carles Puigdemont, lors d'une conférence de presse à Bruxelles, le 31 octobre 2017

© Aurore Belot

01 nov. 2017 à 15:38 - mise à jour 01 nov. 2017 à 15:38Temps de lecture2 min
Par AFP

Le président catalan destitué Carles Puigdemont ne se rendra pas à sa convocation de justice à Madrid jeudi et demandera à être interrogé depuis la Belgique, a déclaré mercredi son avocat à la télévision publique catalane.

Avec 13 de ses conseillers (ministres), Carles Puigdemont est convoqué jeudi à Madrid par une juge de l'Audience nationale, juridiction spécialisée dans les dossiers complexes, qui pourrait l'inculper si elle suit les réquisitions du ministère public.

Alors que le vice-président du gouvernement catalan destitué, Oriol Junqueras, et plusieurs "ministres" ont l'intention de comparaître, le dirigeant indépendantiste demande, lui, à être entendu en Belgique, selon son avocat belge. "Il ne va pas à Madrid, et j'ai proposé qu'on l'interroge ici en Belgique. C'est possible, j'ai déjà eu dans le passé des cas comme ça, quand on a interrogé le suspect en Belgique", a déclaré l'avocat belge, Paul Bekaert, sur TV3.

"On va examiner si les peines (encourues) ne sont pas disproportionnées et si les droits fondamentaux sont respectés", a ajouté l'avocat, qui a déjà défendu des Basques espagnols membres présumés d'ETA dont Madrid demandait l'extradition. M. Puigdemont avait assuré mardi à Bruxelles qu'il ne reviendrait pas en Espagne sans l'assurance de bénéficier d'un procès impartial, accusant le parquet de nourrir un "désir de vengeance" à son endroit.

Sédition et rébellion

Le procureur général de l'Etat requiert l'inculpation des dirigeants indépendantistes pour sédition et rébellion, délits passibles de 15 et 30 ans de prison.

Il a demandé les mêmes poursuites contre la présidente et les membres du bureau du Parlement catalan qui, en raison de leur privilège parlementaire, doivent être entendus par un juge d'instruction de la Cour suprême.

M. Puigdemont et son cabinet risquent d'être placés en détention provisoire, comme deux présidents de mouvements associatifs indépendantistes écroués mi-octobre pour "sédition" après avoir appelé à une manifestation pendant laquelle des gardes civils avaient été empêchés de sortir d'un bâtiment et trois de leurs véhicules endommagés.

S'ils ne répondent pas à leur convocation, le parquet devrait demander leur arrestation, et pour ceux qui se trouvent à Bruxelles, l'Espagne devra délivrer un mandat d'arrêt européen.

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