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Catalogne: les indépendantistes décidés à passer outre l'interdiction du référendum

Catalogne : le référendum aura-t-il lieu ?

JT 13h

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30 sept. 2017 à 09:40 - mise à jour 30 sept. 2017 à 12:552 min
Par AFP

Forts de dizaines d'écoles occupées à la veille d'un référendum d'autodermination à hauts risques en Catalogne, les séparatistes se disent prêts pour cette consultation interdite par la justice et que le pouvoir central espagnol veut empêcher à tout prix.

Notre rêve est à portée de main

"Votarem" ("nous voterons" en catalan) ont scandé vendredi soir des indépendantistes, environ 10 000, venus assister au dernier meeting de Carles Puigdemont, leur dirigeant et président de cette région du nord-est du pays depuis début 2016.

"En ces moments incroyablement intenses et très émouvants, nous sentons que notre rêve est à portée de main", a-t-il lancé à la foule.

Les dirigeants séparatistes ont assuré vendredi qu'ils disposeraient dimanche de 2 315 bureaux de vote, dont 207 à Barcelone, pour ce référendum pourtant interdit par la Cour constitutionnelle.

Mais la commission électorale a été dissoute en raison du risque d'amende... et elle était composée uniquement de séparatistes, ce qui la rendait difficilement crédible.

Il n'y aura pas de référendum

Les forces de l'ordre, qui ont saisi depuis la mi-septembre des millions de bulletins de vote, recherchent toujours les milliers d'urnes que les indépendantistes veulent utiliser pour ce référendum interdit par la Cour constitutionnelle.

"Il n'y aura pas de référendum", a martelé le porte-parole du gouvernement conservateur espagnol Inigo Mendez de Vigo. "Les responsables (de ces agissements) se rendent coupables d'un acte de déloyauté très grave", a-t-il dit, promettant qu'ils auraient à répondre de leurs actes devant la justice.

Le face-à-face entre Madrid et les séparatistes en Catalogne, l'une des pires crises traversées par l'Espagne depuis le rétablissement de la démocratie après la mort du dictateur Francisco Franco en 1975, s'est rapproché vendredi de son paroxysme.

Multiplication des mesures judiciaires

Madrid a multiplié les mesures judiciaires et les opérations de police ces dernières semaines, provoquant des manifestations d'indignation de dockers, de pompiers et de milliers d'étudiants.

La police régionale catalane -les Mossos d'Esquadra-, proche de la population, a dit craindre des troubles et a annoncé vendredi soir qu'en cas d'occupation de bureaux de vote, elle ferait savoir aux organisateurs qu'ils ont l'obligation de quitter les lieux avant "dimanche à 06h00 du matin", selon un document interne consulté par l'AFP, préférant donc ne pas appliquer la manière forte d'office.

Madrid a envoyé en renfort quelque 10 000 agents de la police nationale et de la Garde civile qui pourraient être mobilisés.

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