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Cash for car, une mesure qui piétine

Cash for car, une mesure qui piétine
20 oct. 2017 à 17:20 - mise à jour 20 oct. 2017 à 17:202 min
Par RTBF La Prem1ère

Échanger sa voiture de société contre de l’argent liquide, l’idée a fait son apparition il y a un an. À la mi-octobre 2016, Alexander De Croo, vice-premier ministre OpenVld, présentait la mesure : échanger sa voiture contre un montant net, ou avoir une voiture plus petite et empocher la différence en salaire net.

Un an après, l’idée n’est toujours pas mise en œuvre. Le Conseil des ministres a finalement approuvé un avant-projet de loi il y a quelques semaines, avec pour objectif, une mise en œuvre de la mesure le 1er janvier 2018.

Matthieu Dewèvre du service d’études de l’Union des classes moyennes explique : "L’idée c’est que le montant en cash ne fasse pas l’objet d’un prélèvement de cotisation de sécurité sociale comme c’est le cas pour le salaire brut ordinaire. Cet argent cash ferait simplement l’objet d’un prélèvement de précompte professionnel, de la même façon que la voiture de société actuellement".

Pour bénéficier de cette mesure, il y a plusieurs critères bien précis. L’objectif est de limiter cette allocation aux travailleurs qui possèdent déjà une voiture de société depuis au moins trois mois. "Ils doivent avoir possédé une voiture de société pendant au moins 12 des 36 derniers mois de leur contrat de travail", précise Matthieu Dewèvre. C’est précisément ce point qui fait l’objet de critiques de la part des partenaires sociaux et des associations environnementales. Ils estiment que la mesure exclut tous ceux qui n’ont pas de voiture de société.

Vers un budget mobilité ?

Les partenaires sociaux, patrons et syndicats auraient préféré un budget mobilité, qui obligerait les travailleurs à choisir clairement des alternatives. "Le travailleur aurait surtout le choix de mettre son budget mobilité dans des moyens de transport plus durables : comme les transports en communs, les véhicules partagés ou éventuellement l’achat d’un vélo. S’il y a un solde, ce solde est octroyé avec un régime fiscal et social avantageux au travailleur", explique Matthieu Dewèvre.

Pierre Courbe, chargé de projet d’inter-environnement Wallonie, estime que l’idée des partenaires sociaux est très inégalitaire, puisqu’elle ne pointe que ceux qui ont déjà une voiture de société. Il voudrait un budget mobilité mais pour tous les travailleurs. "Actuellement, il y a une grande iniquité sociale, les voitures de société profitent principalement aux personnes dont les revenus sont les plus élevés et ce sont des moyens de rétributions qui sont peu imposés", raconte Pierre Courbe.

Inter-environnement Wallonie estime que pour revenir à plus d’équité sociale, il est plus avantageux d’aller vers un système qui profiterait à l’ensemble des travailleurs.

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