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Canicule: les peaux des pommes de terre trop rugueuses pour des chips

Agriculture : chaleur, pommes de terre et chips

JT 13h

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06 août 2018 à 13:31 - mise à jour 06 août 2018 à 13:312 min
Par Marc Mélon

C'est une conséquence de la sécheresse sur les cultures: la peau des pommes de terre devient plus rugueuse. Une situation qui n'arrange pas les fabricants de chips.

On arrose 24 heures sur 24

Pour l'instant, l'arrosage, c'est jour et nuit.
Pour l'instant, l'arrosage, c'est jour et nuit. RTBF

Dans les plaines de Hesbaye, l’irrigation des champs de pommes de terre est permanente. Les champs sont en souffrance. Ce matin, à 11h30, il y avait 28 degrés. Jacques Dewulf, producteur de pommes de terre à Geer: "Pour l'instant, on arrose vraiment 24 heures sur 24. On essaye de perdre le moins de temps possible pour arroser. Les plantes ont besoin d'énormément d'eau vu les températures qu'on a et on n'a pas d'aide du ciel donc c'est jour et nuit".

Les enrouleurs sont déplacés d’un champ à l’autre. Une tâche forcément prioritaire pour les producteurs de pommes de terre. Jacques Dewulf: "Pour l'instant, je leur apporte 25 litres par mètre carré, ça va leur donner à boire pour quatre à cinq jours". Dans quelques jours, il faudra revenir et recommencer les opérations. "L'idéal, ce serait de revenir dans quatre à cinq jours et je pense que je ne pourrai revenir que dans 6 ou 7 jours".

Elle doit être brillante, bien jaune

Alexis de Marneffe
Alexis de Marneffe RTBF

Pour la société du Terroir de Geer qui regroupe treize producteurs, plusieurs petits lots de pommes de terre sont analysés en permanence. Alexis de Marneffe, responsable du département "Qualite": "On va regarder le taux de matière sèche de la pomme de terre. On va regarder également son calibre et sa lavabilité, c'est-à-dire la beauté de la peau de la pomme de terre. Elle doit être bien brillante, bien jaune".

Un rendement moindre

Tous les champs de pommes de terre ne font pas irrigués. Les agriculteurs s’attendent à une diminution du rendement. Roger Bataille, producteur de pommes de terre à Lens-Saint-Servais: "Dans les non-arrosés, on est plutôt vers 25 tonnes, ce qui représente vraiment un rendement minable, qui ne va pas couvrir les frais, ni remplir les contrats que nous avons avec les usines. En irrigable, on va tourner autour de 35.000 kilos par hectare. D'habitude, on est au-dessus de 45.000 kilos par hectare, ce qui est un rendement moyen mais quand même plus ou moins satisfaisant. Par contre, la qualité n'est pas excellente, vu qu'il y a des températures beaucoup trop élevées et qu'on n'est pas parvenus à avoir une peau impeccable, ce qui nous est demandé par les transformateurs de chips qui veulent vraiment qu'on ait une pomme de terre avec une peau nickel, sinon ils ne parviennent pas à faire du produit correct et elle est déclassée quand elle n'est pas dans les conditions idéales".

En deux ans, à Lens-Saint-Servais, la famille Bataille a investi un million d’euros pour un hangar et 500.000 euros pour une toute nouvelle arracheuse livrée il a quelques heures.

Une toute nouvelle arracheuse livrée il a quelques heures.
Une toute nouvelle arracheuse livrée il a quelques heures. RTBF

Dans le contexte que nous connaissons, c’est plutôt osé comme investissement. Roger Bataille: "Il y a un proverbe qui dit: qui n'avance pas recule, donc on essaye et on va un petit peu travailler sur ses réserves cette année, on n'a pas le choix. C'est un petit peu tôt pour chiffrer les pertes parce qu'on espère quand même de la pluie, mais ça risque de passer les 100.000 euros. Entre 100 et 200.000 euros de pertes malheureusement".

En Hesbaye, comme ailleurs, les agriculteurs attendent la pluie qui n’est pas annoncée pour les prochains jours.

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