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Tendances Première

Cancer : penser positivement peut-il aider à guérir ?

Quelle est l’influence de notre moral sur la guérison du cancer ?
17 sept. 2020 à 09:193 min
Par Christine Gobert

 

Sois positif, c’est 90% de la guérison

Dans le domaine de la santé, on entend souvent cette phrase. Mais est-elle fondamentalement vraie ? Ou provoque-t-elle juste un stress supplémentaire ?

On en parle avec Magali Mertens, fondatrice de http://travailetcancer.org/

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L’aspect psychologique a un effet sur la qualité de vie pas nécessairement sur sa durée. Le discours de la pensée positive à outrance est tout aussi néfaste qu’un discours négatif. Il faut trouver un juste milieu. Le fait de dire " restez positif " peut empêcher les gens de déposer leurs émotions.

Différence entre psychologique positive et pensée positive

PSYCHOLOGIE POSITIVE

C’est un domaine de la psychologie, reconnu et développé par des psychologues professionnels, avec des recherches scientifiques publiées. L’idée est d’étudier les conditions et les processus qui contribuent à l’épanouissement, la santé, le bien-être à ce qui rend les humains résilients, heureux, optimistes, plutôt qu’aux sources des psychopathologies.

L’hypothèse de la psychologie positive est qu’en étudiant pourquoi et comment certains animaux et certaines personnes surmontent mieux que d’autres les difficultés de la vie, il sera possible de trouver des moyens de développer ces qualités chez tout un chacun.

 

LA PENSEE POSITIVE

 

Elle est basée sur l’autosuggestion, c’est la méthode Coué. Il faut veiller à ne pas en faire un dogme pour ne pas se mettre la pression.

La tyrannie de la pensée positive c’est s’obliger à se sentir positif, niant ainsi la possibilité de se sentir triste et/ou en colère. Les émotions doivent s’exprimer, il n’y a pas de bonnes ou mauvaises émotions, ce sont des indicateurs. Par contre, lorsqu’elles font souffrir et qu’elles perdurent, ça peut devenir pathogène et il faut consulter.

La pensée positive peut avoir un côté culpabilisant. Quand le cancer progresse alors que la personne est restée positive, elle s’en veut. A contrario, elle peut trouver normal que le cancer progresse parce qu’elle n’a pas été assez positive. D’un côté comme de l’autre, il y a culpabilité.

L’importance de la perception de la maladie

La manière d’y faire face va influencer psychologiquement les personnes et leur qualité de vie, ce qui est extrêmement important.

Une étude publiée en 2003 dans "Cancer nursing" " a étudié la réaction de patientes atteintes d’un cancer du sein :

 

  • 57% voyaient leur maladie comme un défi
  • 27% l’identifiaient à du mérite. On a constaté qu’elles étaient moins susceptibles de souffrir de dépression dans les années qui suivaient.
  • 7,2% se trouvaient dans le déni
  • 3,9% la voyaient comme une perte irréparable

Dans cette étude, ce qui est interpellant c’est qu’on se rend compte que souvent, la maladie est vue comme un ennemi à combattre. Ça peut marcher chez certaines personnes mais pas chez tout le monde.

Quelles pistes ?

 

  • La communication bienveillante

Elle est basée sur la bienveillance, l’empathie et l’écoute.

 

C’est normal que tu sois triste ou en colère, moi à ta place, je le serais. Je suis là pour toi.

C’est important de permettre à la personne de déposer son " fardeau ". L’extérioriser en pleurant ou en criant peut être libérateur.
Une émotion refoulée finira par ressortir avec d’autant plus de violence.


 

  • L’optimisme réaliste

 

Une chercheuse et psychologue québécoise Josée Savard a écrit un livre : " Faire face au cancer avec la pensée réaliste ".

Entre les lunettes noires et les lunettes roses, elle suggère d’enfiler des lunettes claires. Il ne faut pas tuer l’espoir, il faut le nourrir et c’est important. Mais il suffit de voir la réalité telle qu’elle est sans en amplifier les aspects négatifs mais sans optimisme aveugle non plus. Elle appelle ça l’optimisme réaliste.

Les choses sont comme elles sont : voir la lumière tout en faisant face. Ça permet de ne pas nier les émotions, la difficulté… Il n’y a pas non plus de déni de la mort.

 

L’empowerment du patient

 

Lors de ses séances de coaching, Magali Mertens insiste sur le fait qu’on n’a pas la main sur tout mais ce sur quoi on peut agir, on le fait. La personne se sent alors acteur de la situation et ne perd pas d’énergie pour les choses sur lesquelles elle n’a pas de prise.

Se poser la question : " qu’est-ce qui me fait du bien, qu’est-ce qui me nourrit ? " aura une influence sur sa propre qualité de vie et permettra d’éviter la dépression avec les effets néfastes qu’elle peut avoir sur la guérison.

La vie, ce n’est pas d’attendre que l’orage passe, c’est d’apprendre à danser sous la pluie.

Faites ce qui vous fait du bien. Exercez-vous à la gratitude, voyez le verre à moitié plein sans nier le verre à moitié vide.

Tendances Première : Les Tendanceurs

« sois positif, c’est 90% de la guérison »

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