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Burkina Faso, un pays entre indignation et résignation après une nouvelle attaque djihadiste ayant fait 160 morts

06 juin 2021 à 12:45 - mise à jour 06 juin 2021 à 12:49Temps de lecture3 min
Par Esmeralda Labye

24 heures après l’attaque meurtrière perpétrée contre des civils et ayant fait 160 morts, l’indignation est grande dans le pays mais aussi à l’étranger.

"Le Secrétaire général des Nations-Unies est indigné par l’assassinat, de plus de cent civils, dont sept enfants, lors d’une attaque perpétrée par des assaillants non identifiés contre un village de la province de Yagha, dans la région du Sahel au Burkina Faso", a déclaré son porte-parole Stéphane Dujarric dans un communiqué.

"M. Guterres condamne vivement cette attaque horrible et souligne la nécessité urgente que la communauté internationale renforce son soutien à l’un de ses membres dans son combat contre la violence extrémiste et son bilan humain inacceptable", a poursuivi M. Dujarric.

Deuil national

Dans un message de condoléances aux familles des victimes, le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré a dénoncé une attaque barbare et ignoble. "Nous devons rester unis et soudés contre ces forces obscurantistes", a-t-il ajouté.

Un deuil national a été décrété.

Deuil national au Burkina

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Le chef de l’opposition du Burkina, Eddie Komboigo, a estimé que le massacre des populations "doit cesser sans condition. Toutes les dispositions doivent être prises pour protéger les Burkinabés".

Ces attaques ont été commises dans la zone dite "des trois frontières" entre le Burkina, le Mali et le Niger, régulièrement ciblée par des assauts meurtriers de jihadistes présumés liés à Al-Qaïda et à l’Etat islamique contre des civils et des militaires.

"Depuis ce samedi, on assiste à des flux de déplacés internes qui fuient la région" raconte un élu local à l’AFP. "Ces déplacements ont également occasionné d’autres victimes car trois personnes sont mortes sur l’axe Solhan-Sebba, la charrette qui les transportait ayant sauté sur une mine artisanale".

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Les forces de sécurité locale et internationale peinent à enrayer la spirale de violences jihadistes qui ont fait depuis 2015 plus de 1400 morts et déplacé plus d’un million de personnes, fuyant les zones de violences. Malgré la présence de plus de 5000 soldats français au Sahel, les violences djihadistes se multiplient.

Associated press

Bernard Ouedraogo, habite la capitale Ouagadougou, il est libraire. Il appelle le gouvernement à prendre des mesures pour empêcher que de telles attaques ne se reproduisent.

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Philosophe, Virginie estime qu’il est plus facile d’éradiquer le Covid 19 que le terrorisme.

Burkina témoignage de Virginie

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Une longue série d’attaques

Souvent entremêlées à des conflits intercommunautaires, ces violences ont fait plus de 1400 morts et plus d’un million de déplacés. Des pans entiers du territoire sont inaccessibles.

Le 15 janvier 2016, 30 personnes, majoritairement des Occidentaux, sont tuées et 71 blessées lors d’un raid jihadiste contre l’hôtel Splendid et le restaurant Cappuccino à Ouagadougou.

Reuters

L’attentat, premier de ce type dans le pays, est revendiqué par le groupe jihadiste Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui l’attribue au groupe Al-Mourabitoune de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar.

Le 2 mars 2018, des attaques simultanées visent l’état-major des armées burkinabé, en plein centre-ville, et l’ambassade de France. Huit militaires sont tués et 85 personnes blessées.

L’attentat est revendiqué par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), lié à Al-Qaïda. Pour la première fois, les assaillants ont utilisé une voiture piégée.

Le 19 août 2019, 24 soldats sont tués dans l’attaque d’une base militaire à Koutougou (Nord), près du Mali.

Le 24 décembre 2019, 200 individus lourdement armés attaquent la base militaire et la ville d’Arbinda, près de la frontière malienne. L’attaque jihadiste fait 42 morts, 35 civils et sept militaires.

Le 25 janvier 2020, un massacre fait 39 morts sur un marché du village de Silgadji (Nord), où des hommes sont exécutés après avoir été séparés des femmes.

Ce massacre intervient moins d’une semaine après l’attaque des villages de Nagraogo et Alamou (province de Sanmatenga), où les assaillants ont tué 36 civils.

Le 26 avril 2021, deux journalistes espagnols et le patron irlandais d’une ONG sont exécutés alors qu’ils se trouvaient avec une patrouille antibraconnage attaquée dans l’Est.

Le 3 mai, au moins 25 civils sont tués dans l’attaque du village de Kodyel, dans la commune de Foutouri (Est).

Reuters

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