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Burkina Faso: au moins 138 morts dans l'attaque la plus meurtrière depuis 2015

Un véhicule de l'armée française au Burkina en 2019
05 juin 2021 à 19:55Temps de lecture2 min
Par Belga

Le Nord du Burkina Faso a été frappé dans la nuit de vendredi à samedi par deux attaques dont l'une a fait au moins 138 morts, la plus meurtrière dans ce pays depuis le début des violences djihadistes en 2015.

Ces attaques ont été commises dans la zone dite "des trois frontières" entre Burkina, Mali et Niger, régulièrement ciblée par des assauts meurtriers de djihadistes présumés liés à Al-Qaïda et à l'État islamique contre des civils et des militaires.

"Dans la nuit de vendredi à samedi, des individus armés ont mené une incursion meurtrière à Solhan, dans la province du Yagha. Le bilan, toujours provisoire, est d'une centaine de personnes tuées, des hommes et femmes", a indiqué à l'AFP une source sécuritaire.

"Plusieurs blessés ont succombé à leurs blessures et de nouveaux corps ont été retrouvés. Le bilan toujours provisoire, est de 138 morts", a déclaré samedi soir un élu local en précisant que "les corps ont été enterrés dans des fosses communes". Selon cet élu, "il y a plusieurs dizaines de blessés".

L'attaque et le bilan provisoire d'une centaine de morts ont très vite été confirmés par le gouvernement qui a précisé dans un communiqué que les victimes sont des "civils sans distinction d'âge, tués par les terroristes" et que "plusieurs habitations et le marché (de Solhan) ont été incendiés".

"Face à cette tragédie des forces obscures, un deuil national de 72 heures, à compter de ce jour 5 juin à 00H00 au lundi 7 juin à 23H59, est décrété", ajoute le gouvernement qui affirme que "les forces de défense et de sécurité sont à pied d'œuvre pour neutraliser ces terroristes et ramener la quiétude au sein des populations".

Dans un message de condoléances aux familles des victimes, le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a dénoncé "cette attaque barbare" et "ignoble". "Nous devons rester unis et soudés contre ces forces obscurantistes", a-t-l-il ajouté.

Le chef de l'opposition du Burkina, Eddie Komboigo, a estimé que "le massacre de nos populations, nous ne cessons de le répéter, doit cesser sans condition. Toutes les dispositions doivent être prises pour protéger les burkinabè".

Selon une source locale, "l'attaque, qui été signalée aux environs de 02h00 locales (04h00 en Belgique), a d'abord visé le poste des Volontaires pour la défense de la Patrie", les VDP, des supplétifs civils de l'armée, et "les assaillants ont ensuite visité les concessions (maisons) et procédé à des exécutions".

Solhan est une petite localité située à une quinzaine de kilomètres de Sebba, chef-lieu de la province du Yagha qui a enregistré de nombreuses attaques attribuées à jihadistes ces dernières années.

"Depuis ce matin, on assiste à des flux de déplacés internes qui fuient vers Sebba", selon l'élu local. "Ces déplacements ont également occasionné d'autres victimes car trois personnes sont mortes sur l'axe Solhan-Sebba, la charrette qui les transportait ayant sauté sur une mine artisanale".

 

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