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Bunkers souterrains, sacs de survie, entrainement militaire... à Kiev, les Ukrainiens se préparent au pire

Ukraine : les habitants se préparent au pire

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27 janv. 2022 à 14:59 - mise à jour 28 janv. 2022 à 09:374 min
Par Aurélie Didier

Alors que les tensions militaires et diplomatiques ne faiblissent pas autour de l’Ukraine, à Kiev, les Ukrainiens sont partagés sur l’attitude à adopter. Certains considèrent qu’il ne faut pas paniquer alors que d’autres se préparent au pire : on rouvre les bunkers souterrains ; certaines écoles font des exercices d’évacuation ; les banques ont mis à jour les plans d’urgence d’évacuation du personnel et de sauvegarde de documents sensibles dans le nord et dans l’est du pays ; beaucoup de citoyens se préparent comme ils peuvent.

Olenka Onahda, historienne à Kiev, nous montre le contenu de son sac de départ d'urgence en cas de guerre en Ukraine
Olenka Onahda, historienne à Kiev, nous montre le contenu de son sac de départ d'urgence en cas de guerre en Ukraine RTBF

C’est le cas d’Olenka Onohda, historienne de formation, qui a préparé un sac de départ d’urgence. Il est posé en évidence dans la salle de séjour de son appartement afin de partir rapidement en cas de guerre. Elle a empaqueté le strict nécessaire : " J’ai préparé un minimum d’affaires pour ce que j’appellerais mon sac de secours. Je peux vous montrer ce qu’il y a dedans. Premièrement, tout le monde a besoin de documents. Voici mes deux passeports et un peu de monnaie ukrainienne, juste en cas d’urgence. Et un couteau. Et il y a ici un set de médicaments. Qu’est-ce qu’on a d’autre ici ? De la nourriture, j’ai deux bouteilles d’eau. Et des Snickers bien sûr ! " Elle a également une serviette de bain, des sous-vêtements, du gel hydroalcoolique, un carnet, un stylo et du papier collant. Ces objets sont emballés séparément dans des sacs en plastique pour les protéger contre l’humidité.

Selon elle, une guerre est possible. " Je suis effrayée. Maintenant ça va plus ou moins. Mais parfois je me sens aussi un peu paniquée et j’ai un peu peur qu’il y ait des bombardements massifs. " Elle pense qu’une guerre est possible et que Vladimir Poutine pourrait envahir l’Ukraine. " Bien sûr, et il a déjà commencé dans nos territoires à l’est et avec l’annexion de la Crimée également. " Elle a repéré un bâtiment où elle pourrait aller se réfugier dans les sous-sols dans le cas où une guerre éclaterait à Kiev.

Dans la capitale ukrainienne, il existe une multitude de bunkers souterrains. Dans le nord de la ville, Alexandre Ghomon, chef du département de la défense civile du quartier Obologne, nous fait visiter un abri prévu pour les entreprises ayant des fonctions essentielles liées à la distribution de l’eau ou l’électricité par exemple. Il a été conçu en 1984 et semble a priori un peu désuet, mais c’est un complexe qui peut abriter jusqu’à 350 personnes. " Ici c’est la pièce où les gens qui se cachent vont pouvoir s’asseoir.  Vous voyez, ce sont des rangées à deux étages pour placer le plus possible de gens. " Tout est prévu : l’eau, les toilettes et la filtration de l’air. " On renouvelle l’air avec le ventilateur qui fonctionne de manière électrique ou manuelle. Par exemple, s’il n’y a pas d’électricité on peut actionner cela manuellement. Et sinon voilà comment ça marche avec l’électricité. " Le collègue d’Alexandre Ghomon actionne un système de ventilation bruyant mais qui semble bien fonctionner.

L'une des pièces d'un bunker souterrain pour les entreprises de première nécessité dans le quartier Obologne de Kiev.
L'une des pièces d'un bunker souterrain pour les entreprises de première nécessité dans le quartier Obologne de Kiev. RTBF

Quant aux habitants du quartier, ils n’ont en théorie pas le droit d’aller dans ce souterrain très spécifique. Ils doivent plutôt se réfugier dans d’autres sous-sols, ceux de leurs propres immeubles. Alexandre Ghomon nous fait visiter une de ces caves souterraines, qui est plus rudimentaire. " On peut utiliser les sous-sols car comme vous voulez, il y a une bonne hauteur. Mais il n’y pas de raccordements, pas d’eau chaude ni de chauffage. S’il y a une urgence, on va livrer l’eau, les médicaments, les lumières d’urgence et les torches électriques. "

Pour les habitants de l’immeuble comme Olena Volodimirivna, avocate retraitée de 72 ans, ce n’est pas tout à fait rassurant. " Nous on a un souterrain qui est très bien, mais on n’a pas de toilettes alors je ne sais pas comment on va faire. " Elle vit au neuvième étage de l’immeuble dans un petit appartement avec sa fille et son petit-fils de 15 ans, Arthur. Il a vaguement connaissance du fait que son immeuble comprend une cave où il pourrait se réfugier. Avec ses amis, il s’interroge régulièrement sur les tentions actuelles et pense qu’une guerre va arriver. " On réfléchit avec nos amis à ce qu’on va faire. On ne peut pas savoir ce qui va se passer, peut-être qu’on doit acheter des armes et comme cela on sera plus rassurés. "

Marta Yuzkiv, médecin à Kiev, fait partie des volontaires en formation.
Marta Yuzkiv, médecin à Kiev, fait partie des volontaires en formation. RTBF - EVN - BBC

Certains vont plus loin déjà. Tous les samedis, des dizaines d’habitants de Kiev s’entrainent bénévolement pour renforcer l’armée ukrainienne en cas d’attaque. Marta Yuzkiv est médecin et fait partie de ces volontaires en formation : " Bien sûr que je suis inquiète. Parce que je suis une femme pacifique. Je ne veux pas qu'une guerre éclate. Mais dans tous les cas, si elle est déclenchée, je dois être prête à défendre le pays. " Défendre le pays, quoi qu’il en coute : si certains Ukrainiens trouvent cela ridicule et ne croient pas à la possibilité d’une guerre jusqu’à Kiev, d’autres préfèrent se préparer à toute éventualité.

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