Belgique

Budget fédéral : trois milliards d’euros répartis sur dix ans pour le rail, insuffisant pour les syndicats

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12 oct. 2022 à 12:29Temps de lecture2 min
Par Jean-François Noulet, avec R. Hermans et D. Brichard

Le gouvernement fédéral a prévu 3 milliards d’euros supplémentaires pour financer la SNCB et Infrabel. Cet argent ne sera pas disponible tout de suite. Selon les plans du gouvernement, il s’étalera sur 10 ans. En 2023, ce sont 116 millions qui seront versés au budget du rail belge. En 2024, ce sera 100 millions. Du côté des syndicats qui défendent le personnel de la SNCB et d’Infrabel, l’accueil de cette nouvelle est plus que mitigé.

Pour rappel, les trois milliards d’euros en question sont constitués, d’une part de 2 milliards mis à disposition par le gouvernement et, d’autre part d’un milliard qu’Infrabel pourra emprunter auprès de la BEI, la Banque Européenne d’Investissement.

Du côté du ministre de tutelle de la SNCB et d’Infrabel, le ministre de la Mobilité Georges Gilkinet, on s’est félicité, sur Twitter, de la nouvelle, parlant d'"un boost de plus de 3 milliards d'€ pour le train", estimant que "cette législature marquera un tournant pour le transport ferroviaire et pour notre mobilité", avec de quoi "se déplacer plus rapidement, plus économiquement et plus durablement, avec le rail comme colonne vertébrale".

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Du côté syndical, la CGSP Cheminots estime ces moyens insuffisants. Que vaut d’abord un engagement du gouvernement pour 10 ans ? Les représentants des travailleurs qui s’interrogent d’abord aussi sur la valeur de cet engagement de refinancement qui porte sur les 10 prochaines années. "116 millions en 2023, 100 millions en 2024 et pour le reste, ce sont des promesses dans le cadre de la politique-fiction qui ne devront engager que le prochain gouvernement à partir de 2024", explique Pierre Lejeune, président national de la CGSP Cheminots.

Pour la CGSP Cheminots, les décisions du conclave budgétaire ne vont pas dans le sens de l’ambition du gouvernement fédéral d’avoir plus de trains et plus de voyageurs à l’avenir. Ainsi, avoir "10% d’augmentation de l’offre, avec une perspective d’augmenter de 30% le nombre de voyageurs à transporter, je pense qu’on n’y arrivera pas", estime Pierre Lejeune, de la CGSP Cheminots.

L’enveloppe budgétaire serait aussi, estime-t-on du côté syndical, insuffisante pour répondre aux attentes du personnel. "En tout cas, ça ne laisse pas d’espace pour négocier un accord social en faveur de l’ensemble des cheminots dont les conditions de travail sont déjà fortement dégradées", ajoute Pierre Lejeune.

Le président de la CGSP Cheminots met aussi en garde les voyageurs : "Je pense que l’usager risque d’être déçu parce que les moyens ne seront pas à la hauteur de ses demandes en termes d’offre de transport, en termes de coût du transport et en termes de qualité de service", avertit-il.

Le front commun syndical doit se réunir prochainement. Mais à ce stade et pour toutes ces raisons, le préavis de grève déposé pour le mardi 18 octobre n’est pas levé.

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