Belgique

Budget fédéral : "La limitation du crédit-temps, un retour en arrière", selon la Ligue des Familles

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© Getty Images

12 oct. 2022 à 12:24Temps de lecture2 min
Par Belga édité par D. V. Ossel

Le gouvernement fédéral a annoncé mardi, à la sortie du conclave budgétaire, la limitation du crédit-temps. Cette mesure suscite une levée de boucliers de la part des familles qui y voient un "retour en arrière".

Le crédit-temps permet de suspendre temporairement sa carrière pour s'occuper d'un enfant mais aussi d'un proche en soins palliatifs ou gravement malade.

Désormais, selon les nouvelles directives, la possibilité de prendre un crédit-temps à temps plein pour les enfants sera limitée. Ce congé familial devra débuter avant les 5 ans de l'enfant (au lieu de 8 actuellement) et les 51 mois autrefois octroyés passeront à 48 mois. Le montant des rémunérations sera lui maintenu à 517 d'euros par mois.

Dans le même ordre d'idée que la limitation du crédit-temps, l'interruption de carrière pour soins aux enfants sera rabotée de 60 à 48 mois (pour les fonctionnaires fédéraux).

Un terrible message aux familles

Pour la Ligue des Familles, c'est un terrible message envoyé aux familles et aux ménages. "Les parents attendaient un renforcement de ces congés qui sont très mal rémunérés or le gouvernement, au contraire, taille dans ces dispositifs de conciliation vie privée-vie professionnelle", souligne Lola Galer, chargée d'études à la Ligue des Familles. "C'est un recul des droits et on risque d'avoir, très vite, des parents à bout qui vont craquer". Résultat? "Ces parents vont passer en incapacité de travail, se retirer du marché de l'emploi, prétendre au chômage... et donc les économies que l'on pensait faire aujourd'hui, il faudra sans doute les payer plus tard."

"Par ailleurs, dans sa démarche, le gouvernement va au-delà de la demande des employeurs puisque, lors d'une audition à la Chambre sur le même thème, la FEB défendait les congés moins longs mais mieux rémunérés. Ce qui n'est pas le cas ici", observe Lola Galer.

Avalanche de réactions

Depuis l'annonce de cette mesure, La Ligue des familles croule sous une avalanche de réactions. "Nous avons reçu environ 200 témoignages de parents inquiets et notre visuel (pour s'opposer à cette mesure) a été partagé plus de 2.000 fois sur Facebook", illustre Lola Galer.

Gain symbolique

Le secteur des aidants proches se dit également préoccupé: "Nous sommes étonnés de voir que ce genre de décisions passent au gouvernement ... Financièrement, c'est peanuts, le gain est symbolique. Et d'un autre côté, cela représente un pas en arrière par rapport aux cookies que l'on a obtenus précédemment pour les familles, les enfants et les parents. Au final, tout cela va entrainer un coût supplémentaire à la société", abonde Maxime Delaite, directeur de l'ASBL Aidants Proches. 

En réalité, le congé thématique prévu pour les aidants proches (3 mois à temps plein ou 6 mois à temps partiel) n'est pas directement touché par les mesures gouvernementales. "Cependant tous ces congés thématiques, crédits-temps et interruption de carrière s'enchevêtrent et se cumulent, bien souvent, puisqu'un enfant handicapé par exemple nécessite un traitement à vie... Et donc, nous ne pouvons que nous opposer à ce choix politique qui met des bâtons dans les roues d'un public déjà fragilisé", ponctue M. Delaite. 

Besoins fondamentaux

La Ligue des familles et l'ASBL Aidants Proches plaident pour "une relavorisation et une harmonisation à la hausse de ces congés qui ne sont pas des vacances, mais bien des dispositifs correspondant à des besoins fondamentaux".

L'objectif du gouvernement, via cette mesure, est d'économiser 32,6 millions d'euros.

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