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Belgique

Budget fédéral 2022 : travail de nuit, énergie, billets d'avion et ballon rond à la table des négociations

Budget fédéral 2022 : travail de nuit, énergie, billets d'avion et ballon rond à la table des négociations
12 oct. 2021 à 07:104 min
Par Kevin Dero et La Première

Les discussions sur le Budget fédéral se sont prolongées cette nuit presque jusqu’à l’aube. Un accord aurait été conclu vers 4h30 du matin. Et confirmé un peu après 9h. Un peu plus tôt, les grandes lignes étaient toujours sur la table mais il semblait demeurer quelques pierres d’achoppement, notamment dues à une petite volte-face du PS. Thomas Gadisseux et l’équipe de Matin Première ont voulu en savoir plus et ont invité à leur micro le socialiste Pierre-Yves Dermagne et le libéral Georges-Louis Bouchez.​​​​

Les invités de Matin Première : Pierre-Yves Dermagne et Georges-Louis Bouchez

Les négociations budgétaires du Gouvernement

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Pas d’accord "formel" à 8h, pour le PS

Pierre-Yves Dermagne, vice-Premier ministre (PS) confirme. Pour lui, le travail de cette nuit a été constructif mais "certains éléments sont encore à clarifier, et on y travaille". On parle de l’e-commerce notamment. "On n’est pas des grands défenseurs du travail de nuit" dit-il. Sur l’énergie et la lutte contre la précarité énergétique, le socialiste se montre davantage positif.

Le tarif social sera élargi et il y aura un chèque de 80 euros pour les ménages plus précarisés. 16 millions d’euros seront aussi débloqués pour l’énergie dans les CPAS.


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Pour le vice-Premier socialiste, Il faut encore du temps pour affiner les choses. "Il n’y a toujours pas d’accord formel, définitif. Mais nous avons bien travaillé et nous allons continuer pour aboutir dans les prochaines heures".

On n’est pas des grands défenseurs du travail de nuit

En ce qui concerne la mesure de suppression des cotisations sociales pour le premier emploi, les points de vue seraient aussi divisés. Mais Pierre-Yves Dermagne assure qu’un accord sera conclu pour la déclaration du Premier ministre à la Chambre cet après-midi.

Pour le MR, on parle d’un accord

Georges-Louis Bouchez revient sur la nuit dernière. Il explique qu’à 4h30 du matin, "le Premier ministre propose à chacun la dernière mouture sur la table. Personne ne s’y est opposé, tout le monde est rentré chez lui. Et quelques minutes plus tard j’entends qu’il y a un peu d’agitation".

Du côté du MR, il y a un accord sur la mouture, dans sa globalité.

Sur les propos précédents du socialiste Pierre-Yves Dermagne, il dit : "S’il veut analyser quelques chiffres dans le détail c’est normal qu’il y ait une relecture technique. S’il veut remettre en cause des équilibres alors il rouvre toute la discussion. Chacun doit assumer ses responsabilités".

Chacun doit assumer ses responsabilités 

E-commerce et dépenses

Le blocage concernerait l’e-commerce. Des facilités seraient en effet permises pour le travail de nuit et du dimanche. Pour permettre le déploiement de l’e-commerce. Il cite B-Post, qui a son plus grand centre logistique aux Pays-Bas (car les règles sont moins contraignantes). "Il faut arrêter de marcher sur sa tête et aller vers quelque chose comme il se fait aux Pays-Bas pour rendre enfin l’e-commerce compétitif en Belgique". Pour l’énergie, le tarif social sera donc élargi. Et une réduction de 80 euros engagée sur la facture pour ceux qui bénéficient du tarif social. Le président du MR explique également que le "cliquet inversé" a été demandé (mécanisme qui permet de réduire la fiscalité dans la facture quand les prix augmentent) et adopté.

 Il faut arrêter de marcher sur sa tête

Le libéral parle aussi d’un "Tax-shift classe moyenne" (un peu moins de 300 millions d’euros). Pour la classe moyenne, il y aura une augmentation structurelle de 100 à 150 euros par an.

Le budget 2022 permettrait de réduire le déficit de 2 points. Il atteindrait alors 3,1 pourcent de déficit. Deux milliards d’euros seraient alloués pour réduire ce fameux déficit ; 500 millions d’euros iraient aux politiques nouvelles récurrentesé ; et 1 milliard serait injecté pour des investissements (nouvelles technologies, isolation des bâtiments et investissements climatiques).

Taxer le billet d’avion, pas le ballon rond

Ou trouver l’argent pour ces dépenses ? Sur les comptes titre c’est acté. Mais il était aussi question de taxer le milieu du football professionnel. "Le MR était très clair. Nous étions contre la modification de la fiscalité sur le football professionnel puisque ces avantages fiscaux sont réinvestis dans la formation des jeunes (et nous ne voulions pas toucher aux jeunes. Rien ne serait fait sur la fiscalité", explique Georges-Louis Bouchez. Par contre, au niveau des cotisations sociales, il sera demandé un effort de 30 millions pour les sportifs de haut niveau (à hauts salaires). Ainsi, celui-lui, il s'agira de "plus de progressivité pour garantir plus de justice fiscale sans mettre nos clubs en danger".

Plus de justice fiscale sans mettre nos clubs en danger

Taxer les billets d’avion pour des trajets courts (moins de 500 kilomètres) serait acté. Il y aura une taxation à l’embarquement. De l’ordre de 5 ou 6 euros par billet d’avion. "Cela permettra de financer des politiques en faveur du climat", ajoute le leader libéral.

En ce qui concerne la réforme de l’emploi, Georges-Louis Bouchez précise: "On a obtenu le fait d’atteindre un accord de coopération pour que les régions et le fédéral puissent travailler sur les métiers en pénurie et donc aussi le volet sanction. On va arriver à un résultat et sur la mobilité entre les régions. Il y a une obligation de résultat pour le ministre de l’emploi. 1 : organiser une conférence interministérielle. 2 : obtenir un accord de coopération (avec mesures positives et mesures de sanctions)".

Rendez-vous à la Chambre

Le budget n’est donc pas encore tout à fait entériné. La Vivaldi, une coalition "compliquée" ?


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Pour le Montois, c’est certain. Pour deux raisons : il y a beaucoup de partenaires et aucun parti dominant. "Le Premier ministre fait le maximum. Ce ne sera jamais facile. Mais ce n’est pas parce que ce n’est pas facile que c’est impossible", assène le libéral.

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