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Politique

Budget de l’Etat : le contrôle de printemps sous le signe de la guerre

Le troisième paquet énergie et l’accord "sortie" du nucléaire bouclés, le Fédéral va s’attaquer au traditionnel contrôle budgétaire de printemps. Autrement dit, il va s’assurer que le budget 2022, confectionné en octobre dernier, tient toujours la route.

Selon le dernier rapport du Comité de monitoring finalisé sans prendre en compte la guerre en Ukraine, en 2022, le déficit budgétaire des pouvoirs publics (y compris les entités fédérées et les pouvoirs locaux) s’établit à 4,2% du PIB (- 24,2 milliards d’euros), soit une amélioration de plus de 1,1 milliard d’euros depuis l’élaboration du budget en octobre dernier.

Incertitudes ukrainiennes

Plutôt encourageant donc de premier abord. Mais c’était sans compter avec l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe le 24 février dernier.

Le Bureau du Plan a tenté de chiffrer les conséquences sur les indicateurs budgétaires et, sans surprise, les résultats viennent corriger les prévisions du Comité de monitoring.

Il en ressort en effet une hausse prévue de la croissance pour 2022 plus faible que prévu : 2,5% au lieu de 3%, car la guerre a pour conséquences de mettre à mal la croissance et d’alimenter l’inflation notamment via la hausse des prix de l’énergie et des matières premières. Conséquence, une détérioration du déficit budgétaire évaluée à 0,28%, soit une ardoise d’1,5 milliard supplémentaire.

Et le tableau pourrait encore s’assombrir, car l’analyse du Bureau du Plan n’a pas pu prendre en compte l’impact de l’effondrement de la confiance des consommateurs, les informations de la Banque nationale sont attendues dans les jours qui viennent.

Quoiqu’il en coûte ?

Reste à voir maintenant si le Fédéral va prendre en compte cette nouvelle donne et dans quelle mesure il va ajuster le tir.

La secrétaire d’Etat au Budget Eva De Bleeker (Open Vld) a donné le ton "le gouvernement va tâcher d’intégrer au maximum les effets de la guerre en Ukraine dans le contrôle budgétaire. Même si", a-t-elle encore précisé, "il faut avoir le courage de séparer les dépenses nécessaires liées à la crise du problème structurel de nos finances publiques. Pour éliminer ce déficit, il est nécessaire que nous continuions à travailler sur des réformes. Nous nous assurons ainsi de la soutenabilité à long terme de nos finances publiques et nous nous dotons de matelas de sécurité pour des crises comme celle-ci ".

Pour mémoire, le budget 2022 confectionné en octobre dernier se soldait par un effort budgétaire net de 0,4% du PIB, soit 2,4 milliards, dans un contexte où l’Europe permet aux pays de l’Union européenne de laisser filer le déficit pour sortir de la crise.

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