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Budget bruxellois : les efforts du gouvernement Vervoort sont "insuffisants et risqués" critique en chœur l’opposition

© THIERRY ROGE – BELGA

12 oct. 2022 à 15:07Temps de lecture3 min
Par Tom Denis avec Belga

Insuffisant et risqué sur le plan budgétaire : tel est, en résumé, la teneur des premières réactions exprimées par l’opposition au projet de budget 2023 présenté mercredi par le gouvernement bruxellois.

"Un gouvernement qui passe à côté de la crise" juge le PTB

"Comme le gouvernement fédéral, le gouvernement PS-Ecolo-Défi passe complètement à côté de la crise de l’énergie et du pouvoir d’achat et laisse tomber l’essentiel des travailleurs et indépendants. On se contente de renvoyer les gens vers les CPAS et de distribuer des miettes aux indépendants et aux PME", a jugé la cheffe du groupe PTB au Parlement bruxellois, Françoise De Smedt.

Aux yeux de celle-ci, les 30 millions en plus annoncés pour les CPAS sont nécessaires. Mais renvoyer vers eux – comme le fait selon elle le ministre de l’Énergie, l’Ecolo Alain Maron – "les centaines de milliers de Bruxellois qui galèrent avec leur facture d’énergie à 800 euros par mois n’est pas suffisant". Pareil pour les aides prévues pour les indépendants et les PME. "Les boulangeries qui reçoivent des factures de 40.000 euros en plus par an ne vont pas s’en sortir avec une petite prime de 4000 euros". "La solution, c’est de bloquer les prix de l’énergie, c’est ce que le PS, Ecolo et le MR doivent mettre en place au fédéral", poursuit Françoise De Smedt.

L’élue de la formation d’extrême gauche ne constate par ailleurs pas de changement dans les politiques menées à Bruxelles malgré la crise : "le système des primes à l’isolation Rénolution ne fonctionne pas", selon elle, "mais le ministre Maron annonce qu’il va rajouter 18 millions à leur budget ; il continue de vouloir gérer la crise du logement à Bruxelles avec des bouts de ficelle alors que 51.600 ménages sont sur la liste d’attente d’un logement social".

Scepticisme pour les Engagés

De leur côté, les Engagés se disent sceptiques. Les montants libérés pour faire face à la crise énergétique ne sont, selon eux, pas suffisants.

"Comme il en a pris l’habitude, le gouvernement Vervoort table sur des projections trop optimistes pour boucler son budget et viendra probablement à l’ajustement avec les mauvaises nouvelles. L’an dernier, il avait ajouté 300 millions d’euros au déficit. Je m’attends au même tour de passe-passe", a ajouté le député bruxellois des Engagés, Christophe De Beukelaer.

Pour ce dernier, "au-delà du "vernis communicationnel", on constate que les réponses sont insuffisantes et peu réalistes, au prix d’une augmentation de la dette".

Une dette qui grossit selon la N-VA

De son côté, Cieltje Van Achter (N-VA) a regretté le manque d’attention porté à l’aggravation de la dette régionale. "Le gouvernement bruxellois persiste à ne pas tenir compte des investissements stratégiques dans le calcul de l’objectif de retour à l’équilibre budgétaire", a-t-elle expliqué. Aux yeux de l’élue nationaliste flamande, la classe moyenne travailleuse est une nouvelle fois oubliée.

Aucune aide concrète pour la classe moyenne pour le CD&V et le MR 

"Les ménages bruxellois attendaient du gouvernement qu’il puisse agir directement pour les soulager par rapport aux factures d’énergie. Mis à part quelques efforts pour les plus précarisés, rien n’est prévu pour l’immense majorité de la population, à savoir les ménages disposant de revenus moyens et qui souffrent aussi énormément de la crise", a embrayé Bianca Debaets (CD&V). Pour l’élue démocrate-chrétienne, les entreprises sont à peine mieux loties, avec un risque toujours aussi grand d’enregistrer un nombre record de faillites.

Du côté du MR, même constat pour la cheffe de groupe au parlement, Alexia Bertrand : "Ce budget ne démontre aucune volonté de réforme structurelle. Il n y a pas non plus de soutien pour la classe moyenne qui ne pourra plus payer ses factures. Au niveau des ménages, seuls ceux qui émargent au CPAS sont soutenus par le gouvernement".

L’élue martèle également que les investissements pour rénover le bâti sont insuffisants. "18 millions d’euros de plus seulement (versus 1 milliard d euros en Flandre). Ce n’est pas cela qui augmentera la cadence de la rénovation", indique Alexia Bertrand. "Par ailleurs, le retour à l’équilibre annoncé par le gouvernement pour 2024 est totalement illusoire vu l’absence de réformes structurelles et de limitation de certaines dépenses. Pour nous, si on s’endette cela doit être pour investir et pour prendre des mesures qui ont un vrai impact. Ici, le gouvernement continue à s’endetter pour financer des dépenses courantes d’une part et d’autre part au niveau des investissements, dégage des montants qui ne permettront pas d’enclencher une dynamique de changement", conclut la cheffe de groupe du Mouvement Réformateur.

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