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vie musicale

BSF : les changements de voix du vendredi

Calexico
18 août 2018 à 15:443 min
Par François Colinet

Marathon de tons et de sons ce vendredi magnifié par le voyage signé Calexico et la voix enveloppante de Fink. Une soirée également teintée de découvertes belges comme Glass Museum ou St James Hiphoptronics

Le constat se confirme au fil des heures qui passent : le BSF est moins peuplé ce vendredi ! La performance d’Orelsan et son impressionnant épisode pluvieux alimente encore les conversations. Le festival met du temps à se réveiller et, s'il y a toujours pas mal de monde en ville, les scènes sont loin de faire le plein.

A 17h30, c’est normal. Les Belges RO x Konoba remportent même un joli succès avec leur electro-pop planante qu’ils enrichissent d’un tour du monde "10 mois, 10 chansons". Concept original né de leur grande complicité après avoir notamment collaboré sur "On our knees" qui a beaucoup tourné en radio. En plein jour, sur une si grande scène, ce ne sont pas les conditions idéales. Mais on reste irrésistiblement attiré par la voix de Konoba qui nous donne envie de fredonner à nouveau son joli disque "Smoke & mirror".

Parenthèse hors du temps ensuite avec le jazz instrumental de Glass Museum. Piano et batterie, ce duo dénote directement dans ce décor de gros festival urbain. Si la foule n’est pas très dense, elle est en revanche très attentive à ses envolées percussives qui se répondent dans un dialogue muet aussi étonnant qu’agréable. Dans la veine de Gogo Penguin, voilà une très jolie découverte que l’on espçre  revoir dans des conditions plus intimes.

L’observation vaut aussi pour Jasper Sterverlinck, que nous avions rencontré au printemps et dont la voix cristalline nous saisi d’emblée. On dirait de l’eau pure ! Mais c’est un peu mou sur cette immense esplanade. Et l’option live avec uniquement un pianiste est décevante. Les cordes, si belles sur son album "Night prayer" dont il fêtait justement le disque d’or, manquent pour y ajouter du relief.

Tout le contraire de St James Hiphoptronics ! Des Belges, encore, pour une seconde découverte réjouissante. Du rap et des DJ agrémentés d’un saxo et d’une guitare électrique. Rien de révolutionnaire mais ça claque ! Ils ont emballé le public qui grossit à vue d’œil et balance les bras en rythme pour célébrer cet art simple et libérateur de faire la fête. Une bulle de légèreté à partager. Un nom à retenir !

Pas de risque d’oublier celui de Calexico, emprunté à cette petite ville de Californie à la frontière mexicaine. Leur nom à eux est tellement gravé dans notre trajectoire musicale depuis la fin de notre adolescence ! Chacun de leur concert est une étape, un voyage, un rendez-vous pour les amateurs de plaines arides et de chaleurs moites. La voix de Joey Burns, profonde, énigmatique, enveloppante, nous emmène instantanément près de la "Crystal frontier", alors que les trompettes font vibrer chaque coin de notre âme, comme jaillissantes des ténèbres. Les percussions, les maracas et les chaloupés hispaniques ajoutent encore au contraste et à la puissance de leur musique. Un trop court mais merveilleux moment d’évasion !

On redescend sur Terre pour être happé par les vibrantes cordes (vocales et électriques) de Fink. L’ayant raté plusieurs fois en salle, on est heureux de découvrir enfin ses épopées lancinantes qui parient sur le temps long et sur des crescendos de toute beauté pour emporter le spectateur dans une introspection sonore aussi unique que cette voix profonde mais qui nous semble parfois trop maîtrisée, comme si il refusait de la laisser s’exprimer totalement. Intriguant premier contact avec un artiste que l’on a hâte de redécouvrir dans l’intimité d’une salle.

En remontant, on termine cette soirée, décidemment très belge, par quelques notes de dEUS visiblement très en forme et très heureux de rejouer à Bruxelles après huit ans d’absence. Ils y prennent tellement de plaisir qu’ils annoncent un nouveau disque et une nouvelle tournée. La place des Palais, seulement à moitié remplie, semble prête à fêter leur retour toute la nuit dans un déferlement de décibels promettant une belle communion…

François Colinet

Le Brussels Summer Festival se termine ce samedi 18 août.

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