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vie musicale

BSF : le grain de folie du mercredi !

Clara Luciani
16 août 2018 à 12:58 - mise à jour 16 août 2018 à 12:583 min
Par François Colinet

Pendant que les Shaka Ponk mettaient le feu à la Place des Palais, Camille éclaboussait de sa folie communicative le Mont des Arts après les concerts convaincants de Raphaël et Clara Luciani.

Ce mercredi, la programmation posait un vrai problème de luxe aux spectateurs désireux de se défouler. On aurait vraiment aimé pouvoir à la fois assister au rock déjanté de Shaka Ponk et à la prestation quasi théâtrale de Camille et de sa formidable troupe dans un lâché prise total !

Finalement, c’est bien au Mont des Arts que l’on va se poser pour une soirée trois étoiles. Mais, en préambule, elle a commencé par quelques bribes du périple américain de Lylac que nous vous présentions il y a peu. Entouré de quatre musiciens, les pérégrinations de son album " The Buffalo spirit " deviennent poignantes en live. Le public, qui s’y masse progressivement, a embarqué avec enthousiasme. Mention spéciale pour la splendide reprise de " Lilac Wine " (Nina Simone).

On le quitte alors par curiosité pour Adam Naas, annoncé comme la prochaine sensation, sur la scène de La Madeleine. Le tour fut rapide et décevant. Si sa voix très haute perchée est impressionnante, ce qu’il en fait ne nous a paru ni intéressant, ni novateur. A revoir pour se faire une idée plus nette.

Avec  Clara Luciani, en revanche, c’était déjà notre deuxième rendez-vous après son éblouissante prestation spadoise. L’expérience fut moins intense ici, trop loin de la scène que nous étions pour profiter à fond de son charme et de son énergie. Mais l’impression de notre première rencontre se confirme. Que ce soit avec son premier album "Sainte Victoire" ou via ses brillantes adaptations en français  de "The Bay" (Metronomy) ou de "Blue Jeans" (Lana Del Rey) elle a décidément tout d’une grande !

Le temps d’une petite visite auprès de Noa Moon, sympathique mais sans beaucoup de relief, sauf pour une chouette et dansante reprise  de "Lean on" (Major Lazer & DJ Snake), et retour au Mont des Arts pour les retrouvailles avec Raphaël à qui l’on porte une affection particulière depuis qu’on l’a découvert en première partie de Vanessa Paradis, avant même que sa "Caravane" ne soit lancée à toute allure.

A l’époque adulé par les uns, catalogué de "chanteurs à minettes" par les autres (alors que pour nous, cet album recèle des bijoux qui méritent vraiment une oreille attentive), il construit ensuite une carrière, plus confidentielle mais très intéressante, qui ne craint pas les risques. Mais, comme il sait que le public attend les morceaux de "Caravane", il les triture et les revisite armé de sa guitare électrique et d’un groupe énergique. Il retrouve aussi Clara Luciani, ancienne compagne de tournée, pour interpréter en duo "Éblouie par la nuit" qu’il avait écrite pour Zaz. De quoi doubler notre plaisir de retrouver sur scène cet homme touchant, parolier hors pair et écrivain sensible auréolé du prix Goncourt des Nouvelles en 2017 pour son recueil "Retourner à la mer."

Reste alors à attendre patiemment l’arrivée de Camille qui se fait un peu désirer mais qui ne tardera pas à nous emporter. " Heureux les fêlés car ils laissent passer la lumière ! " La citation de  Michel Audiard résume à merveille l’enthousiasme qui nous prend à la vue de cette joyeuse bande de chanteuses, choristes et musiciens qui se muent tour à tour en danseurs endiablés. Camille mène la troupe avec l’excentricité jubilatoire qui fait qu’on l’aime tant. Sa voix a mis un peu de temps à se chauffer mais elle termine en feu d’artifice !

Très sensible aux questions environnementales, elle dédie son titre "Seeds" à Dewayne Johnson, le jardinier atteint d’un cancer qui vient de gagner un procès historique contre Monsanto. Puis se lance dans une version dantesque de "Ta Douleur" qui remplira de joie le public encore présent.

Car, là est bien le seul bémol de cette belle soirée : l’esplanade du Mont des Arts n’a jamais fait le plein. La concurrence était rude avec les concerts de Matmatah et Shaka Ponk à la Place des Palais et le joli succès de l’affiche à La Madeleine. Cela risque d’être à nouveau le cas pour les artistes qui joueront en même temps qu’Orelsan ou Romeo Elvis ce vendredi, dans une soirée qui s’annonce bondée (les pass 1 jour sont épuisés). Avoir le choix, et donc devoir renoncer, ce sont aussi ça les joies des festivals…

François Colinet

Le Brussels Summer Festival se poursuit jusqu’au samedi 18 août.

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