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BSF : la palette multicolore de Pale Grey

BSF : la palette multicolore de Pale Grey
14 août 2018 à 08:242 min
Par François Colinet

Avec "Waves", les Liégeois ont sorti, l’an dernier, un album à la fois complexe, mélodieux et ambitieux. Salué par la critique, ils le présenteront ce vendredi 17 aout dans le cadre du Brussels Summer Festival.

Sous le soleil radieux de Spa, Pale Grey a marqué des points ! Leurs compositions, à la fois denses et lumineuses, leur choix audacieux comme cette reprise des "Mots bleus" de Christophe sortie de nulle part et la production léchée de leur deuxième album " Waves ", ambitieux et réussi, nous ont donné envie de prendre le temps d’en discuter avec Gilles Dewalque (chant/basse) et Maxime Lhussier (Guitare/Clavier/Chant) avant un concert au BSF ce vendredi qui s’annonce intense !

La réalisation d’un deuxième album est un cap important, parfois difficile. Comment avez-vous envisagé ce disque ?

Gilles Dewalque : il y a une continuité naturelle entre les deux albums. On y retrouve forcément nos différents "filtres" pour aborder la musique. Mais on a travaillé d’une autre manière en termes de temps, de composition. Parce qu’on voulait justement éviter au maximum de se répéter. Le premier album s’était construit en tournée, entre deux dates, dans la foulée du premier EP. Celui-ci ci est le résultat de deux ans de travail, de concentration, d’évolution.

Maxime Lhussier : comme fil conducteur, on voulait que les morceaux continuent de nous toucher, même après les deux ans de processus.

L’impression qui s’en dégage est plus mélancolique, avec des influences multiples et un coté "urbain" plus marqué…

Maxime Lhussier : oui, sans doute que la plupart des morceaux sont plus "profonds", tristes ou mélancoliques. C’est un peu comme les films dramatiques dont on se souvient le mieux. Ce sont souvent les sentiments qui nous touchent le plus et qui on donc plus de chance de continuer à nous toucher même après deux ans de travail.

Gilles Dewalque : l’univers de Pale Grey reste profondément pop-rock. Mais d’autres sons, comme ceux venus de la rue, du Hip-Hop, sont plus présents parce qu’on s’est décomplexés. Par exemple, dans "Late night" il y a Serengeti, un MC de Chicago, qui est venu donner une autre dimension au  morceau. Cette pluralité d’influences reflète ce que les différents membres du groupe écoutent, mais aussi une démarche davantage de producteur plutôt que de musicien. On a voulu être le plus créatif possible, notamment en changeant parfois d’instrument. Du coup, les connexions entre les différents styles musicaux se révèlent plus facilement.

BSF : la palette multicolore de Pale Grey

Maxime Lhussier : d’habitude, on construit une sorte de château de carte, une boucle après l’autre sur ordinateur. Mais, pour stimuler la créativité, parfois on joue avec des contraintes d’instruments, de tempo ou on se fixe comme défi de ne faire qu’un nombre limité de prises pour conserver la fraîcheur du premier jet.

Comment ce processus se traduit-il sur scène ?

Maxime Lhussier : pour ne pas se donner de limites, on ne pense pas du tout à la scène au moment ou on compose. Après, il faut presque redécouvrir les morceaux pour pouvoir les présenter aux gens, un peu comme si ils étaient des reprises d’un autre groupe.

Gilles Dewalque : cette mutation vers le live est un exercice qu’on aime bien. Un morceau est un objet vivant qui est photographié à un instant "T" sur un disque mais qui a plusieurs vies dans différents contextes. Chaque concert a son histoire.

Entretien : François Colinet

En concert au BSF le vendredi 17 août (20h Salle de La Madeleine)

Pale Grey "Waves" (JauneOrange/PIAS)

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