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Une première à Bruxelles: un chauffeur Uber devant la justice

Bruxelles: un chauffeur Uber devant la justice? Une première

© DIRK WAEM - BELGA

C'est la première citation en justice d'un conducteur depuis l'arrivée d'Uber à Bruxelles, en février 2014. A ce jour, plus de 40 dossiers sont à l'instruction. Le jugement sera rendu le 4 mai.

Pour l'avocat de ce premier chauffeur Uber cité à comparaître à Bruxelles, les particuliers qui transportent des personnes via l'application mobile Uber ne sont pas des taxis. "Ce sont simplement des membres de la communauté privée Uber", estime maître Jacques Verhaeghe. "Pourquoi un particulier ne pourrait-il pas partager son véhicule comme d'autres partagent leur appartement?", souligne l'avocat. Et d'ajouter que le droit au partage d'un véhicule personnel relève du concept d'économie de partage, en plein développement depuis la révolution numérique. "Mon client, explique l'avocat, offre son service à d'autres membres de la communauté Uber. Il ne s'adresse donc pas à tout un chacun. Qui plus est, il est tout à fait libre d'accepter ou non un client de la communauté, alors que les taximen classiques sont tenus de prendre en charge toute personne qui en fait la demande".

Des taxis professionnels toujours aussi inquiets

"Nous ne sommes pas du tout d'accord avec cet argument", rétorque Sam Bouchal, membre de la Fédération nationale des exploitants indépendants de taxis. "N'importe qui peut facilement s'inscrire à Uber et faire ainsi partie de cette communauté. Pour nous, c'est donc une offre publique". Une concurrence déloyale, répètent les taximen bruxellois. Ces professionnels rappellent qu'ils payent des taxes et qu'ils sont soumis à une série de contraintes très strictes, notamment en termes de contrôle technique et d'assurances.

Jugement le 4 mai

Le Ministère public réclame l'amende minimale au chauffeur poursuivi, soit 500 euros. A ce jour, cette somme "indexée" s'élève donc à 3000 euros. Et si la juge conclut à une infraction, le 4 mai prochain, la saisie du véhicule risque bien d'être définitive. Quant au ministre bruxellois de la mobilité, Pascal Smet, il réagira seulement après le jugement. A l'avenir, les deux parties (affiliés Uber et taximen bruxellois) pourraient finir par trouver un terrain d'entente acceptable. A "jeu égal", les uns et les autres pourraient peut-être contribuer à une meilleure mobilité, comme l'espèrent de nombreux Bruxellois.

Jean-Claude Hennuy

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